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« Et voilà pourquoi Israël et ses acolytes, les tortionnaires américains et européens, attendent que les Palestiniens "déchiffrent avec leurs plaies" les mots SOUMISSION et CAPITULATION que la machine grave dans leur chair en lettres de sang » Aline de Diéguez
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« Quand je désespère, je me souviens qu'à travers toute l'histoire, les chemins de la vérité et de l'amour ont toujours triomphé. Il y a eu des tyrans et des meurtriers, et parfois ils ont semblé invincibles, mais à la fin, ils sont toujours tombés. Pensez toujours à cela.» Gandhi
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« Abir Aramin a 10 ans. Elle sort paisiblement de son école en compagnie de ses compagnes. Une jeep fortifiée des célèbres "garde-frontières " d'un pays qui refuse de se donner des frontières , effectue lentement des allers et retours devant l'école, provoquant la panique des petites écolières qui s'égayent comme une nuée de moineaux. Un des rambos qui sévissent habituellement aux check-points et dont la présence à cet endroit à l'heure de la sortie n'a évidemment d’autre justification que celle de terroriser les enfants, vise la tête de l'enfant blottie contre le mur d'une boutique à travers un trou spécial fait dans la vitre de sa jeep. Le carton est réussi, comme dans une fête foraine, et la balle enrobée de caoutchouc fait exploser le cerveau d'Abir. La jeep poursuit tranquillement sa route. »  Aline de Diéguez. Lire la suite

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« They call all resistance "terrorism"» Edward W. Saïd

« Face à l'expansion guerrière d'un empire, il n'y a que deux logiques possibles : celle de la soumission et celle du combat. L'existence même du joug de l'OTAN frappe la civilisation européenne de déshérence (…) Platon explique dans la République qu'une génération vaincue engendre nécessairement deux générations d'aveugles, mais que la troisième se réveille non moins nécessairement» Manuel de Diéguez


 « Alors quittez notre Terre / Nos rivages, notre mer/ Notre blé, notre sel, notre blessure » Mahmoud Darwish








« On peut couper les roses, mais on ne peut empêcher le printemps d’arriver »  Pablo Neruda

 

« D'abord ils vous ignorent, ensuite ils vous raillent, ensuite ils vous combattent et enfin, vous gagnez. » Gandhi
 

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« La mémoire dans le contexte humiliant que vit le monde arabo-musulman en particulier est l’arme la plus efficace pour consolider le passé, comprendre le présent et construire le futur. » Mahdi ELMANDJRA

Big Brother Is Watching Us  
Grand Frère Nous Regarde
Jules César au traître Brutus : « Toi aussi, mon fils ? »
La Palestine aux traîtres : « Vous aussi mes fils ? »

« Prévenir la trahison, débusquer le faux ami, le jaloux parent, le traître avant qu'il inocule son venin est une opération aussi complexe que de nettoyer l'anus d'une hyène. » Ahmadou Kourouma 

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Lundi 15 juin 2009

 
© Dessin Emad Hajjaj
Par Chahid - Publié dans : Palestine
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Dimanche 26 avril 2009

J’aimerais informer les fidèles lecteurs [1] et les amis qui m’ont contacté par e-mail, en les remerciant tous bien sûr, que tout va bien !

 

Sachez chers amis que je suis étranglé par un Emploi du temps très chargé. Des activités et « agitations » d’ordre « professionnel » m’empêchent pour l’instant d’actualiser comme d’habitude et comme il faut le blog. La rédaction d’un article digne de ce nom, me prend normalement dix jours de recherche (ouvrages, revues spécialisées, journaux, sites etc.), un temps qui me fait défaut actuellement, ne voulant pas écrire ou poster n’importe quoi.

 

J’ajouterais aussi que depuis les massacres et le génocide de Gaza et la flagrante et blessante complicité des médias occidentaux surtout, j’ai du mal a dire ou écrire quelque chose sans la pimenter avec des mots ou idées qui peuvent choquer certains. Un nuage de colère m’obscurcit  la vue. Je m’abstiens donc pour limiter les « dégâts » !

 

Et pour commenter l’actualité, je dirais que le dialogue avec l’Occident à travers les « canaux officiels » me parait de plus en plus une perte de temps. Une insulte au bon sens même. La mascarade de Durban II en est un exemple récent parmi d’autres. L’Occident et les occidentaux sont représentés actuellement par des gouvernements, des responsables, des politiciens, des élites etc., racistes, fascistes, incultes et sans scrupules. On ne peut dialoguer avec « ces gens là ». Par contre, saluons et encourageons toutes ces honnêtes personnes qui traversent les rares et périlleux ponts qui restent. Les sionistes, vrais maîtres des médias dans le monde entier, ne cessent de miner et de saboter tous les ponts et chemins qui peuvent exister entre l’Occident et le monde arabe et musulman...

 

Au niveau du monde arabe, la situation est plus grave encore. Je trouve cette crise ou mise en scène entre le régime égyptien et le Hezbollah, ou entre le Maroc et l’Iran etc., complètement absurde, répugnante et décourageante. Je ne trouve tout simplement plus les mots pour commenter cette bêtise arabe.  Le monde arabe est désormais divisé entre deux camps. Celui des résistants et des justes et celui des « Assholes »!

 

Cet abîme déprimant m’impose un « congé » de quelques semaines ou mois, vous invitant en attendant, à consulter les autres sites et blogs (voir le module des liens à gauche) qui s’accrochent encore et continuent le combat pour un monde juste. Je pense entre autres au philosophe Manuel de Diéguez et à son épouse Aline de Diéguez, à Georges Stanechy et aux autres amis blogueurs. Des hommes et des femmes honnêtes, tolérants et courageux qui appartiennent « géographiquement » à l’Occident mais moralement et intellectuellement à l’humanité et qui brillent généreusement dans le ciel d’un Occident aveugle, arrogant et assombri comme jamais. 

 

Me viennent comme toujours à l’esprit les mêmes vers d’Edmond Jabès « Tu es l'étranger. Et moi ? Je suis, pour toi, l'étranger. Et toi ? L'étoile, toujours, sera séparée de l'étoile. Ce qui les rapproche n'étant que leur volonté de briller ensemble. ».

 

Brillons ensemble pour un monde meilleur. Notre « Never-never land »[2] à nous tous ! 

 

Pour connaître le jour du prochain article, vous pouvez vous inscrire à la Newsletter (voir le module à gauche) en postant votre adresse électronique (e-mail).

 

Merci de votre compréhension, soutien et amitié.

 

Chahid


[1] Sans oublier les autres parasites, trolls etc.

[2] Never-never land ou dreamland : pays imaginaire…

© Sous-marin pris par les glaces en remontant à la surface.  Tiffini M.Jones/AP/Sipa
© Blue Fog and Jetty by Jonathan Andrew

© Suspension Bridge by Martin Moos

© Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry

Par Chahid
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Dimanche 25 janvier 2009

« 139. Ne vous laissez pas battre, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais croyants.

140. Si une blessure vous atteint, pareille blessure atteint aussi l'ennemi. Ainsi faisons-Nous alterner les jours (bons et mauvais) parmi les gens, afin que Dieu reconnaisse ceux qui ont cru, et qu'Il choisisse parmi vous des martyrs - et Dieu n'aime pas les injustes.» Sourate 3 : La famille d'Imran (Al-Imran)

 

1) Le cerveau arabe momifié

Il y a des récréations qui durent trente minutes, d’autres moins de quinze minutes… la récréation arabe dure depuis 1948. 60 ans que cette classe bavarde arabe crie et parle sans rien dire. Une rhétorique funeste en apparence, de la collaboration et de la trahison en douce.

 

« L’Amérique a détruit le cerveau arabe » me disait un ami égyptien ( امريكا خربت العقل العربي), je dirais plutôt que l’Amérique a momifié le cerveau arabe ( امريكا حنطت العقل العربي), comme le cerveau européen d’ailleurs [1]. Car il est important pour les américains et les sionistes de nous préserver, arabes et européens, l’apparence d’un cerveau, même vide, ne serait-ce que pour le « spectacle » et notre autosatisfaction.

 

60 ans que l’empire américain sodomise la pensée, l’honneur, les richesses et la sécurité nationale des arabes. 60 ans d’hypocrisie et de mensonges. Au Conseil de sécurité ce vendredi 9 janvier, j’ai entendu les représentants de la Russie et de la Chine exprimer leur solidarité totale avec le « camp arabe » alors que les américains et leur vassal Sarkozy [2] se foutaient de la Palestine et des arabes, ces mêmes arabes qui décorent son soi-disant « Union pour la Méditerranée », Union pour la bêtise et la bassesse. Combien de temps encore les arabes vont-ils se voiler la face ?

 

 Laissons les américains et les occidentaux à leur «Israël». Laissons les américains et les occidentaux à leur insignifiant marché de six millions de consommateurs Israéliens. Que les musulmans du monde entier (plus d’un milliard de consommateurs) boycottent les médias et les produits des multinationales américaines et occidentales. Laissons s’écrouler leur dollar [3] et capitalisme criminel. C’est la puissance économique du capitalisme qui finance la puissance militaire d’Israël. Tout est lié, ne soyons pas naïfs. Construisons de nouvelles alliances avec la Russie, la Chine et l’Amérique du sud, et signons un Traité de  défense commune avec l’Iran. Ouvrons nos marchés et nos centres de recherche aux Russes, aux chinois, aux vénézueliens, aux brésiliens etc. Que les maghrébins arrêtent de faire le gendarme de l’Union Européenne et d’interdire aux milliers d’africains la traversée vers l’ « eldorado » européen. Laissons tous ces milliers, voire, millions d’africains entrer librement en Europe. Arrêtons de coopérer avec les responsables européens tant qu’ils coopèrent avec les criminels israéliens, et vous allez voir que leurs comportements et discours seront de moins en moins arrogants et indifférents. Bernard Kouchner a éclaté de rire hier au cœur même du Conseil de sécurité, alors que le sang palestinien coulait au même moment. Quel culot ! Quelle haine ! Aucun respect pour la mémoire de ces enfants Gazaouis massacrés et martyrisés.  

 

Dans son célèbre roman Ulysses [4], l’écrivain irlandais James Joyce écrit « History is a nightmare from which i’m trying to awake » (L’histoire est un cauchemar dont je tente de m’éveiller). 15 jours de génocide à Gaza et la « Communauté internationale » prend encore le temps de rire. Quel cauchemar!

 

2) Une génération bâtarde

 

Jeudi dernier à 21h24 GMT, je regardais la chaîne satellitaire Al-Jazeera quand j’ai entendu un manifestant soudanais à Khartoum crier « les peuples arabes et musulmans ne doivent pas combattre les sionistes seulement mais aussi les masques des sionistes qui vivent parmi nous ». Ce citoyen soudanais exprime ainsi son irritation de voir certains pays « arabes » et « musulmans » infestés gravement par une génération bâtarde de pro-sionistes qui sont scandaleusement de plus en plus présents dans nos médias, manifestations culturelles et scientifiques etc.   

 

Je dis une génération bâtarde, car elle est née sans identité ni mémoire. Une génération bâtarde fécondée par les glandes reproductrices de la propagande américaine et occidentale et qui a fait sa gestation tranquillement dans l’utérus de la défaite arabe. Les soi-disant « Programmes d’aide, d’échange et de coopération » financés par les américains et les occidentaux se sont chargés de l’incision chirurgicale de l’utérus et ont pu extraire en douceur le fœtus de la collaboration et de la servitude arabe et musulmane.    

 

Aujourd’hui, ils sont des milliers d’ « actifs » qui bombardent depuis des décennies nos oreilles et nos yeux avec une propagande pro-sioniste incroyablement retorse et efficace, vu que des millions de « passifs » les prennent naïvement pour des intellectuels, journalistes, artistes, universitaires, politiciens etc.. Toute cette élite de cadres, d’ingénieurs et de docteurs prétentieux, gonflés et gonflables. Toute cette élite de « prophètes » de la « modernité » et de la « mondialisation » qui sillonnent notre temps et espace, écrasant, supprimant et hypothéquant histoire, mémoire, identité, passé, présent et avenir. 

 

Jour après jour, la cause palestinienne a été gommée de nos esprits, de nos cœurs, de nos consciences, de nos universités, de nos bibliothèques, de nos médias, de nos festivals, de nos musées, de nos lois, de nos horizons, de notre quotidien et de notre vie. Les pro-palestiniens, les vrais, ont été intimidés et exclus systématiquement de tous les centres de décision et de recherche…Les américains, les occidentaux et les israéliens ont payé cash la « conscience » de nos élites. Et voilà comment le nauséabond, laid, lâche et rampant mot, « la normalisation » التطبيع, a fait son chemin tracé vers nos plateaux de télévision, nos éditos, nos colloques etc. etc.

 

Quand j’ai commencé le blogging en 2006, dans des conditions tellement désagréables, j’ai choisi de bloguer pour la Palestine, loin de mon « domaine de recherche » quotidien, constatant que mes concitoyens maghrébins préfèrent bloguer pour la « modernité et la démocratie» et tout le baratin de la répugnante bourgeoisie maghrébine [5]. Le premier commentateur, concitoyen maghrébin (selon son IP et pseudo) m’a torpillé alors avec ce commentaire « il faut être ouvert, et il faut faire une différence entre juif et sioniste » … Depuis, je ne compte plus le nombre de maghrébins (selon leurs IP), minables perroquets de fonction, qui viennent écrire de telles insanités. Comme si le regretté Harold Pinter, Ilan Pappé, Edgar Morin, Noam Chomsky et les autres honnêtes juifs ne font pas une différence entre « juif » et « sioniste ».

 

3) Une classe bavarde

 

L’important c’est la qualité et les objectifs clairs d’une manifestation ou d’une action non pas sa quantité ou son brouhaha [6]. Je trouve cette surenchère de « manifestations populaires » dans certains pays maghrébins et arabes tellement hypocrite. Vouloir apaiser ce qui reste de sa conscience en criant ainsi dans les rues est ridicule. L’opinion publique maghrébine s’est tellement endormie que le Maghreb est devenu le « bordel » des sionistes il y a bien longtemps maintenant. Les seuls qui dénonçaient ce péril sioniste dans la région ont été taxés de « radicaux », d’ « extrémistes » etc. Nous revoilà aujourd’hui encore devant la barbarie accomplie. Où étiez-vous alors « peuples abrutis » comme vous appelle La Boétie ?

 

Au lieu de crier dans le vide, commençons d’abord par démasquer et neutraliser les sionistes, leurs bras et leurs agents au Maghreb. Tous ces « hommes d’affaires », tous ces « intellectuels », tous ces « cinéastes », tous ces « politiciens » etc., à la poubelle.

 

4) Nous sommes nos tyrans.

 

« Nous méritons nos tyrans » ne cesse de gémir le grand poète égyptien Ahmed Fouad Najm . Nous méritons nos dictateurs. Nous méritons nos bourreaux. Nous méritons nos élites rapaces et pitoyables. Nous méritons la barbarie sioniste. Nous méritons d’être aussi insignifiants que l’allure mesquine de nos dirigeants. Nous méritons nos tyrans car nous avons pour « culture » la SERVITUDE.

 

La Boétie a écrit dans son Discours de la servitude volontaire [7] : « C’est le peuple qui s’asservit et qui se coupe la gorge ; qui, pouvant choisir d’être soumis ou d’être libre, repousse la liberté et prend le joug; qui consent à son mal, ou plutôt qui le recherche... (…) C’est ainsi que le tyran asservit les sujets les uns par les autres. Il est gardé par ceux dont il devrait se garder, s’ils valaient quelque chose. Mais on l’a fort bien dit : pour fendre le bois, on se fait des coins du bois même ; tels sont ses archers, ses gardes, ses hallebardiers. Non que ceux-ci n’en souffrent souvent eux-mêmes ; mais ces misérables abandonnés de Dieu et des hommes se contentent d’endurer le mal et d’en faire, non à celui qui leur en fait, mais bien à ceux qui, comme eux, l’endurent et n’y peuvent rien. Quand je pense à ces gens qui flattent le tyran pour exploiter sa tyrannie et la servitude du peuple, je suis presque aussi souvent ébahi de leur méchanceté qu’apitoyé de leur sottise

 

Croyez moi, il n’y a pas plus libres en ce moment que les gazaouis. Ils savent très bien dans quel monde et « humiliocratie » [8] nous vivons. Leurs idées et objectifs sont très clairs, « car le secret d’un homme ce n’est pas son complexe d’Œdipe ou d’infériorité, c’est la limite même de sa liberté, c’est son pouvoir de résistance aux supplices et à la mort. Cette responsabilité totale dans la solitude, n’est-ce pas le dévoilement même de notre liberté ? » écrit Sartre le 9 septembre 1944 dans le journal Lettres françaises. [9]

 

Demandons aux Gazaouis et aux palestiniens de nous apprendre la Résistance, la Dignité et la Liberté. De nous apprendre la vie et la mort.

 

5) Que faire ?

 

Réponse de La Boétie : « Ce seul tyran, il n’est pas besoin de le combattre, il n’est pas besoin de le défaire, il est de soi-même défait, mais que le pays ne consente à sa servitude (…) Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres. Je ne veux pas que vous le poussiez ou l’ébranliez, mais seulement ne le souteniez plus, et vous le verrez, comme un grand colosse à qui on a dérobé sa base, de son poids même fondre en bas et se rompre. ».

 

Ni violence, ni révolte armée. C’est d’une prise de conscience collective en dehors de toute violence, une insurrection de la pensée et de l’éducation pour la liberté et pour l’avenir, que nous avons besoin.

 

Quand je regarde ces enfants Gazaouis danser innocemment leur danse populaire alors que la mécanique insensée, lâche et barbare des sionistes était déjà en marche, je me demande s’ils sont encore en vie ?



[1] Lire le dernier texte du philosophe Manuel de Diéguez « Hélène Carrère d'Encausse et le destin de la science historique européenne. A propos de Alexandre II, Le printemps de la Russie. »  et lire le dernier texte d’Aline de Diéguez « L'axe de l'apocalypse se rue à l'assaut du camp de concentration de Gaza ... »

[2] Et dire que l’Elysée du grand Charles de Gaulle est occupé aujourd’hui par un personnage aussi insignifiant.

[3] Lire le dernier texte d’Aline de Diéguez « L'agonie du Dieu-dollar »
[4] James Joyce : Ulysses. Sylvia Beach 1922.

[5] Préférant nous annoncer par exemple l’ouverture des magasins « ZARA »  dans une capitale maghrébine, nous parler entre autres de l’enfance marocaine de DSK, ou se réjouir sur son blog d’avoir croisé BHL un jour à Marrakech ! Oui c’est désolant ! 

[6] Le sabotage de centaines de sites web sionistes sensibles par des jeunes hackers marocains appelés « Morocco snipers » et « Team Evil »… est plus significatif que bien des manifestations puisque les sionistes se servent d’Internet pour leur propagande.

[7] Étienne de La Boétie : Discours de la servitude volontaire. Lire la version électronique du texte de La Boétie .

[8] Expression du professeur Mahdi Elmandjra : « Les Grandes puissances, avec les Etats-Unis d’Amérique en tête, humilient les pays du Tiers-monde et leurs dirigeants qui s’y prêtent sans trop d’objections avant d’humilier, à leur tour, leurs propres populations. Celles-ci subissent donc une double humiliation à laquelle s’ajoute une troisième – l’auto humiliation quand on s’abstient de réagir. On est en droit de parler d’ « humiliocratie » c'est-à-dire d’un système politico culturel qui exploite les inégalités des rapports de force à la fois externes et internes. ». Mehdi Elmendjra : Humiliation à l’ère du méga impérialisme. 1re édition. Imprimerie Najah ELJADIDA. Casablanca 2003.

[9] Sartre parlait de l’occupation allemande : « puisque le venin nazi se glissait jusque dans notre pensée, chaque pensée juste était une conquête ; puisque une police toute puissante cherchait à nous contraindre au silence, chaque parole devenait précieuse comme une déclaration de principe ; puisque nous étions traqués, chacun de nos gestes avait le poids d’un engagement. Les circonstances souvent atroces de notre combat nous mettaient enfin à même de vive, sans fard et sans voile, cette situation déchirée, insoutenable, qu’on appelle la condition humaine. ».  Venin nazi hier, venin sioniste aujourd’hui

© Photos WAFA 
 Cet article a été publié la première fois le 10 janvier 2009. La date est actualisée pour le référencement dans les moteurs de recherche et les annuaires des blogs…

Par Chahid - Publié dans : Palestine
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Mardi 18 novembre 2008

« Ces desseins, vous les nommez ici guerre, commerce et transit : croyez-vous que ces mots excuseront tout jusqu’à la fin des temps ? » Paul Nizan

 

En 1932, Paul Nizan avait écrit son célèbre essai Les Chiens de garde [1], accusant certains philosophes universitaires et penseurs de son époque de vivre tranquillement leur idéalisme bourgeois dans une tour d’ivoire « loin des Hommes », « loin du réel » et loin de la « vie de chien » que menaient les misérables, les opprimés et les anonymes. Des philosophes, des penseurs et des journalistes qui ont « pour mission de faire accepter un ordre en le rendant aimable, en lui conférant la noblesse, en lui apportant des justifications. ». Le savoir, la culture et l’information au service de la bourgeoisie. Les apparences, les masques, les mensonges, l’abêtissement et la manipulation au service de la propagande.

 

En 1997, inspiré de la formule de Paul Nizan, Serge Halimi [2] va publier son livre Les Nouveaux Chiens de garde [3], condamnant à son tour ce qu’il appelle les « journalistes de marché »  , c'est-à-dire toutes ces plumes nauséabondes au service des industriels, des banquiers et de la logique mercantile.  Domestiqué, engraissé, fumant un cigare et roulant dans sa Jaguar, le journaliste ou l’ « intellectuel » parvenu est alors réduit à la condition d’un chien de garde omniprésent léchant les bottes au néolibéralisme et aboyant sur commande.

 

« Réduit » pour nous certes, mais promu pour le « chien » en question. Car comme vous savez, on ne naît pas « chien de garde », on le devient. Notre ami Blogueur Georges Stanechy  m’a cité Jules Roy « (…) quand il s'agit de réussir à tout prix, combien d'hommes ne sont-ils pas prêts à tout ? Combien de lécheurs, de flatteurs, d'obséquieux, combien d'admirateurs et de thuriféraires pour les services les plus obscurs ? Les princes, tout comme les rois, savent s'entourer de larbins capables de tout, qu'on trouvera plus tard à des postes éminents, protégés à leur tour par des valets à l'échine souple et aux dents acérées » [4].

 

Une « autre dérive zoologique » diront les Stéphane Courtois [5], les apprentis « capitalistes », les néolibéraux, les « anti-anti-Américains » et les gardiens du temple « Marché », après les anti-communistes qui accusaient l’URSS et les communistes de traiter leurs ennemis de « chiens » avant de les éliminer [6]. Car les proaméricains comme Stéphane Courtois fervent prosélyte des deux guerres impérialistes en Irak et en Afghanistan, préfèrent le contraire, c'est-à-dire que des « chiens » éliminent et terrorisent leurs « ennemis » ; hier les communistes, aujourd’hui les musulmans.

 

Le scandale d’Abou Ghraib et les tristement célèbres photos de soldats américains torturant et terrorisant avec leurs chiens des prisonniers iraquiens [7], sont selon le même Stéphane Courtois « des à-côtés inévitables d’une guerre » [8]. Des « à-côtés inévitables » d’une occupation seraient aussi les révélations de prisonniers [9], de femmes et d’enfants palestiniens torturés et terrorisés par des chiens israéliens. [10]

 

Brigitte Bardot, pour ne citer qu’elle, qui aime tant les chiens et n’aime pas du tout  les musulmans et qui brosse ou fait brosser les dents de ses chiens au moins trois fois par semaine, a sûrement été préoccupée par de probables infections dentaires chez ces « mignonnes » créatures qui ont mordu une chair « arabo-musulmane ». Je ne plaisante pas, en Iraq par exemple, les soldats américains préfèrent écraser avec leurs engins blindés un enfant iraquien plutôt qu’un chien. Ils ont du respect pour le chien iraquien mais pas pour le citoyen iraquien. Vous avez entendu parler de l’Operation Baghdad Pups qui s’occupe du « rapatriement » aux Etats-Unis des chiens et des chats iraquiens « menacés par la guerre et la famine ». L’histoire du sergent Gwen Beberg et son désormais célèbre chien iraquien « Ratchet »  a fait pleurer l’Amérique. Que c’est mignon !

 

Barack Obama l’heureux élu[ 11], a compris l’importance de cette « culture canine » pour les américains et les proaméricains. Pendant que la citadelle capitaliste s’écroule et que le monde entier bouillonne,  il a consacré une partie de sa première conférence de presse depuis son élection, à « l’importante et vitale » question du choix du nouveau chien de la Maison Blanche, promis à ses deux filles en cas de victoire. [12] Selon ses dires, Obama aimerait bien avoir un chien comme lui, c'est-à-dire « issu d'un croisement ».

 

En attendant, la place ne restera pas vacante. À en croire le journal LeFigaro.fr , le président des Etats-Unis a trouvé en la personne de M. Rahm Emanuel, dit « Rahmbo », le  « chien d'attaque » idéal pour la Maison Blanche. On apprend aussi que le même « Rahmbo » sait très bien manier un couteau et menacer les ennemis de son clan en criant « Mort !…Mort !…Mort ! » [13]. Un « chien d'attaque » qui a en plus un couteau, « j’ai la chienne » dirait un québécois ! [14]

 

Les démocrates changeront-ils leur âne par un chien ? Possible. Après tout c’est de « renouveau » qu’on parle. En tout cas, une chose est sûre, avec tous ces « chiens » à la Maison Blanche et dans les parages, les affaires du monde sont entre de « bonnes » pattes, les pattes des « chiens » de notre apocalypse. [15]  





[1]
Paul Nizan : Les Chiens de garde. Rieder, Paris 1932

[2] Serge Halimi a signé la Préface de la Réédition en 1998 du livre de Paul Nizan (Ed. Agone).

[3] Serge Halimi : Les nouveaux chiens de garde. Nouvelle édition actualisée et augmentée. Éditions Raisons d'Agir. 2005.

[4] Jules Roy : Amours Barbares. Albin Michel, 1993, p. 290. Cité par Georges Stanechy. Voir son article  « Récession (4) : L'Etat au Service du Lobby Bancaire ... »

[5] De sa contribution dans Le Livre noir du communisme. Ouvrage collectif  (1997). Lire l’article de Gilles Perrault « Communisme, les falsifications d’un « livre noir » » sur ce « livre tapageur ».

[6] On évoque souvent Sartre « Les derniers liens furent brisés, ma vision fut transformée : un anticommuniste est un chien, je ne sors pas de là, je n'en sortirai plus jamais. ».

[7] Lire JOSH WHITE & SCOTT HIGHAM : « Abu Ghraib. Use of dogs to scare prisoners was authorized » Washington Post 11 june 2004 ; Seymour M. Hersh : « Chain of Command. How the Department of Defense mishandled the disaster at Abu Ghraib » . Voir « The Abu Ghraib Pictures »

[8] Lire Eric AESCHIMANN : « Les meilleurs amis de l’Amérique ». Libération, mardi 09 mai 2006.

[9] La prison de Kyriat Arba (région d’Hebron) est un exemple parmi d’autres. Voir « Torture dans les prisons israéliennes des prisonniers palestiniens ».

[10] Voir la vidéo  d’une femme palestinienne attaquée par un chien lâché par des soldats sionistes.

[11] Lire Manuel de Diéguez « Les rêves et les chaînes. M. Obama ou la fin de l'illusion. »
[12] Il y a même une enquête réalisée par le Club des élevages de chiens américains (AKC) pour aider la famille Obama à choisir le bon chien.

[13] Lire  Doug Ireland : « « Rahm-bo » futur dir’cab de Barack Obama »

[14] « Avoir la chienne » signifie dans le langage québécois ou francophone « Éprouver une frayeur incontrôlable » …

[15] Pour Julian Huxley « Les quatre cavaliers de notre apocalypse » sont : 1) l’aberration militaire qui consiste à faire de la bombe H le « déterrent » suprême. 2) l’aberration économique qui consiste à fonder la production sur la concurrence et sur la recherche du profit, et qui entraîne une téméraire, une imprudente surexploitation des ressources naturelles, du consommateur et des peuples déshérités. 3) l’aberration consistant à vouloir régler les problèmes mondiaux par une politique de compétition entre nations et entre blocs. 4) l’aberration biologique qui consiste en la reproduction illimitée de l’espèce humaine. Voir  Julian Huxley : Science et Synthèse. Collection Idées, Editions Gallimard. 1967.

© Photo Reuters. Chiot à Bakuba en Irak.

© Photo William Wegman. « Fay Ray », 1988.

© Photo William Wegman « Ties with Devil », 1990

Par Chahid - Publié dans : La bêtise humaine
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Mardi 28 octobre 2008

« L’Occident est en train de perdre sa centralité dans l’histoire mondiale ». Wataru Hiromatsu (Philosophe japonais)

 

Dans les années quatre-vingt, après une longue étude couronnée d’un remarquable ouvrage de plus de 700 pages [1] , l’historien britannique Paul Kennedy, loin de l’exaltation d’un Francis Fukuyama [2], avait conclu au déclin imminent des Etats-Unis après seulement vingt ans. À cette époque, la meute fascinée par le « rêve américain » devait lyncher et mépriser toute observation « pessimiste » et « trouble-fête ». Les médias ont très vite condamné P. Kennedy à l’oubli. On préférait à ses analyses les foutaises des F. Fukuyama et S. Huntington. Deux « penseurs » américains qui voulaient préserver au « Totem » sa sacralité et son éclat divin.

 

Paul Kennedy n’a rien d’un Nostradamus ou d’un Paco Rabanne [3], c’est un historien qui maîtrise très bien sa discipline. En travaillant sur l’histoire des grandes puissances durant les cinq derniers siècles, il a compris la relation d’équilibre et de déséquilibre entre l’économie d’un empire et le budget de ses engagements militaires à l’étranger. Si une économie n’arrive plus à financer ses croisades militaires dans des pays et colonies lointains, c'est-à-dire un déséquilibre entre ses fins hégémoniques et ses moyens de plus en plus précaires, c’est le début du déclin tout simplement. Les dépenses militaires excessives étant le trou noir et le piège de toute puissance prétentieuse.

 

L’empire américain n’était pas menacé tant que son expansionnisme et ses dépenses militaires étaient couverts par une économie solide et un budget « raisonnable » par rapport au PIB. Mais comme l’explique P. Kennedy « Être le numéro un mondial en dépensant beaucoup est une chose ; rester à moindre coût l’unique superpuissance du globe est proprement incroyable » [4]. De Louis XIV à Georges W Bush, la débâcle est toujours la conséquence de la même démence mégalomane.

 

« VENI, VIDI, VICI », « Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu » s’exclama Jules César après avoir écrasé l’armée de Pharnace II fils de Mithridate. Une phrase qui symbolise depuis toute victoire rapide, éclatante et humiliante. En 1991, les américains et Bush père, avaient annoncé au monde la même « nouvelle ». Mais les leçons de l’histoire nous ont appris que « Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu » a aussi une suite fatale « je suis rentré chez moi, je me suis glorifié, j’ai fait la fête, je me suis endormi tard et je me suis réveillé trop tard ». De 1990 à 2001, les américains semblaient vivre sur une autre planète, laissant aux fameuses doctrines (Doctrine Powell, Doctrine Clinton etc.) et à la secrétaire d’Etat aux affaires étrangères Madeleine Albright, le soin d’impressionner le monde « we are the indispensable nation (…) we stand tall and hence see further than other nations » (nous sommes la nation indispensable (…) nous sommes haut et voyons donc plus loin que les autres) [5] . L’arrogance et la frénésie.

 

Après le 11 septembre 2001, la bête s’est réveillée blessée. Tel un taureau de la corrida, à force de s’agiter et d’agiter son messianisme dans tous les sens, elle perdait encore de son précieux sang. Car comme l’écrit le philosophe Manuel de Diéguez dans son dernier texte paru hier « il ne suffit pas d'armer Lucifer d'une ubiquité moderne du marché du Mal et de lui forger le mythe d'un Terrorisme mondial pour se changer en croisé crédible du commerce planétaire de la sainteté démocratique » [6].  Il a fallu trois ans seulement aux « surexcités » néocons pour s’embourber « majestueusement » en Afghanistan et en Iraq et dépenser aujourd’hui  plus de quatre milliards de dollars par mois juste en Iraq, ce qui élèverait selon Joseph Stiglitz et Linda Bilmes, les dépenses américaines sur cette guerre inutile et mensongère à plus de 3000 milliards de dollars [7]. Une hémorragie.

 

Le 23 mai 2008, le prix Nobel d’économie avait déclaré dans un entretien  « Enfin, dernière chose : au moment du premier choc pétrolier, dans les années soixante-dix, le pays a basculé dans la récession, avec son cortège de problèmes. Cette fois-ci, on a crû y échapper parce que la Réserve fédérale a cherché à contrebalancer les effets négatifs de la guerre : elle a maintenu les taux d'intérêt à un niveau très bas. Elle a encouragé une consommation financée par l'emprunt. Notre pays a vécu sur de l'argent emprunté et sur du temps emprunté. Jusqu'à la crise des subprimes. Nous n'avons pas encore payé les coûts financiers complets de la guerre : nous allons les payer dans les années qui viennent... »

 

Depuis, tout semble s’être accéléré et l’Amérique est aujourd’hui au bout de la faillite. Un « carnage financier » qui s’étend jour après jour et devient de plus en plus terrifiant et abyssal comme vient de s’alarmer Paul Krugman, prix Nobel d’Economie en 2008 [8].  Si l’empire capitule financièrement, il capitulera inévitablement militairement dans les quelques décennies à venir. Malheureusement, sa chute, comme la chute de l’URSS, coûtera à notre planète des milliers de victimes innocentes, « dommages collatéraux » des guerres civiles, des conflits régionaux et de la famine, conséquences directes du vide et du déséquilibre laissés dans les quatre coins du globe.

 

« Untrustworthy and dangerous » (peu fiable ou indigne de confiance et dangereuse) voilà à quoi se résume aujourd’hui la réputation de cette « grande puissance » après la crise financière selon Michael Elliott. Le journaliste a publié le 23 octobre sur les colonnes du TIME un long et intéressant article sur le leadership américain perdu. [9]

 

Fasciner et intimider le monde par sa « magie » de « démocratie », de « liberté » et de « modernité », est un pari perdu aujourd’hui au niveau mondial. Seuls les pays occidentaux s’accrochent encore à ce leadership déchu, par vassalité et subjectivité. Michael Elliott termine son article en reconnaissant que l’Amérique a totalement perdu son « monopole de la modernité » au profit d’un pays aussi moderne et fascinant que la Chine. Et John Gray après avoir tracé les contours de cet « Armageddon  économique », de trouver symboliques les premiers pas des astronautes chinois dans l’espace alors que le secrétaire américain au Trésor est à genoux « How symbolic yesterday that Chinese astronauts take a spacewalk while the US Treasury Secretary is on his knees » [10].

 

La modernité, la vraie, doit être le propre fruit du patrimoine, de la culture et de la civilisation de chaque région. La greffer ou l’agrafer de l’extérieur avec violence, coups d’Etat, massacres et embargos, voilà le « cauchemar américain » que nous vivons tous aujourd’hui. Nous voulons tous être modernes, ouverts et prospères, mais nous voulons le faire avec dignité et avec nos propres moyens et génie. Désormais, c’est à la Chine et aux autres prochaines puissances de méditer là-dessus.



[1] Paul Kennedy : The Rise and Fall of the Great Powers. Vintage, 1 Edition. January 15, 1989. Traduction française par Marie-Aude Cochez et Jean-Louis Lebrave : Naissance et déclin des grandes puissances. Transformations économiques et conflits militaires entre 1500 et 2000. Editions Payot, 1989
[2] Dans son célèbre ouvrage : The End of History. The National Interest. 1989. Trad : La fin de l’Histoire et le dernier homme. Ed Flammarion. Paris 1992.
[3] Deux personnages connus pour leurs prédictions apocalyptiques. Le premier (1503 - 1566) était médecin et apothicaire, le second est un célèbre couturier d’origine espagnole… 
[4] Paul Kennedy : « Une suprématie militaire sans précédent ». Courrier international, n° 597,11 avril 2002.
[5] Cité par Mehdi Elmendjra : Humiliation à l’ère du méga impérialisme. 1ère  édition. Imprimerie Najah ELJADIDA. Casablanca 2003. 
[6] Manuel de Diéguez : « La politique est-elle un emploi ou un appel ? Helmut Schmidt, Ausser Dienst, eine Bilanz (éd. Siedler, Stuttgart 2008) ». Lire aussi « L'empire américain s'est déjà effondré ..." Manuel de Diéguez est interviewé par l'Ambassade d'Iran le 17 mars 2007 ».
[7] Lire Joseph Stiglitz and Linda Bilmes : « The three trillion dollar war. The cost of the Iraq and Afghanistan conflicts have grown to staggering proportions» Joseph Stiglitz et Linda Bilmes ont depuis publié un livre : The Three Trillion Dollar War : The True Cost of the Iraq Conflict Editions W. W. Norton.  Version française : Une guerre à 3000 milliards de dollars. Edition Fayard. 2008.
[8] Lire Paul Krugman : « The Widening Gyre »  . The New York Times. October 26, 2008 ; Paul Krugman : «Edge of the Abyss » . The New York Times. October 2, 2008  
[9] Michael Elliott : « America: The Lost Leader ». TIME. Thursday, Oct. 23, 2008. Voir aussi Michael Elliott : « American Leadership, a Casualty of the Meltdown ». TIME. Wednesday, Oct. 01, 2008
[10] John Gray : « A shattering moment in America's fall from power ». The Observer. Sunday September 28 2008
© Photo: AP. Corrida à Mexico City.
Important : Cette photo n’est qu’une simple illustration. Je désapprouve une telle barbarie. La Corrida est un crime abominable, une répugnante bêtise humaine.
© Dessin de Mariali

Par Chahid - Publié dans : Crise financière & Conséquences
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Jeudi 9 octobre 2008

Etonnante la dernière sortie médiatique d’Henry Kissinger et de Martin Feldstein sur les colonnes du The International Herald Tribune[1]. Pour plus de « crédibilité », Kissinger s’épaule ainsi d’un économiste de la Harvard University. L’Organisation à abattre étant l’OPEP et ses membres arabes et musulmans.

 

Etonnante, car Kissinger s’attaque ainsi aux responsables des pays du Golfe qui le prennent lui et son hégémonique pays pour des « amis » et des « alliés ». Les dirigeants des pays du Golfe, tous des « princes », et leurs rampantes élites, ont mis presque tous leurs œufs dans le panier américain et préfèrent obstinément s’accrocher encore à un Dollar et une économie américaine malades. Pour ces américains « influents » et écoutés, les pays du Golfe ont dépassé le niveau de richesse toléré habituellement par les occidentaux et leur antenne sioniste. Un vassal doit avoir la tête juste au-dessus de l’eau.   

 

Kissinger, tout rusé et mal intentionné qu’il est[2], alarme l’opinion publique de son pays ou celle qui le lira en tout cas, contre le risque à long terme de voir « la politique étrangère des pays industrialisés otage des pays producteurs de pétrole » (This state of affairs is intolerable in the long run. The foreign policy of industrialized nations must not become a hostage to the oil producers.). Dans la tête de Kissinger et la conception subjective qu’il a du monde et des relations internationales, « Foreign policy of industrialized nations » (Politique étrangère des nations industrialisées) voudrait dire : une politique qui doit idolâtrer les intérêts d’Israël et du sionisme avant même les intérêts des citoyens des pays industrialisés en question.

 

Kissinger ne s’inquiète ni pour les crises économiques et sociales qui vont se succéder en Occident, ni de l’image complètement détériorée de l’Occident dans le monde entier, mais seulement des intérêts d’Israël dans un tourbillon de changements politiques, militaires, économiques et démographiques qui finiront à long terme par le résultat inévitable que tout le monde connaît : l’éclatement de cette funeste imposture et mascarade que fut l’occupation et la liquidation de la Palestine par les occidentaux pour le compte du sionisme international.

 

Pourquoi chaque fois qu’il y a une crise, la gestation d’une crise, ou l’incitation à une crise, il y a toujours un sioniste qui rôde dans les parages ?[3]

 

Combien de temps encore, tous ces américains et européens aux allégeances suspectes devront-ils tracer et imposer les règles du jeu ?

 

Hypothéquer les intérêts, le bien-être et l’avenir de milliards de terriens assoiffés de paix et de prospérité, et déstabiliser et embourber le monde entier juste pour les beaux yeux d’Israël, voilà ce que j’appellerais une faillite ou ruine de la raison. Une « israélisation » de la raison qui prend en otage l’avenir du monde entier.

 

Le temps presse. La débâcle approche. Quelle ultime manoeuvre qu’une propagande anti-Russie, anti-Chine, anti-OPEP, anti-musulmans et anti-tiers-monde, qui ferait passer leurs fonds souverains pour une menace qui vient d’un « obscur Orient ». Un ami américain m’a raconté qu’un religieux influent aux Etats-Unis a qualifié ces fonds souverains dans l’une de ses apocalyptiques messes, d’ « Antéchrist ». L’autre fanatique télévangéliste américain Pat Robertson quant à lui, prépare ses fidèles à une « troisième guerre mondiale » dans les 70 à 120 jours à  venir. Du délire.

 

Il y a quelques mois, des économistes et intellectuels égyptiens et arabes ont reproposé encore une fois aux pays riches du Golfe d’investir ces fonds dans les économies des pays musulmans en difficulté, le Bangladesh comme exemple. Ils ont aussi proposé de consacrer une Zakat (aumône)[4] de ces vertigineux revenus aux pauvres musulmans partout dans le monde.

 

L’idée d’un « Fonds de Zakat »[5] pour secourir des personnes et des classes défavorisées dans le monde musulman a émergé après la réussite de ce qu’on appelle la « Finance Islamique Associative ». C’est une lutte que mènent les organisations et les banques dites « islamiques »[6] contre la pauvreté et l’exclusion dans le monde musulman, et contre la rapacité des autres banques et établissements financiers classiques ou occidentaux. On insiste sur la « plus-value sociale » comme alternative à la plus-value économique[7] qui règne en Occident. Les fonds collectés, grâce à la «Zakat » prélevée par la banque sur ses bénéfices propres ou sur le compte de ses clients qui lui en confient la gestion, ont pour fonction de permettre aux pauvres de se suffire à eux -mêmes par leurs propres moyens, en leur procurant une source de revenu fixe qui les dispense de recourir à l’aide des autres[8]. Ces banques choisissent alors des ONG islamiques qui travaillent dans le social et l’humanitaire, et leur donnent les fonds collectés. Les premiers résultats étaient remarquables avant que l’administration Bush n’invente cette malheureuse campagne anti-musulmans, appelée « guerre contre le terrorisme et les organisations qui le financent » pour protéger et faire perdurer l’hégémonie financière occidentale, aujourd’hui en chute libre. Dans son article, Kissinger accuse d’ailleurs ces Fonds de financer le Hezbollah, le Hamas, les Madrasas (écoles islamiques)  etc. 

 

Malheureusement, la réponse de certains économistes, journalistes et « intellectuels » des pays du Golfe fut décevante, voire humiliante. Ils accusent implicitement tous les pauvres du monde arabe et musulman de « jalousie ». D’autres se vantent sans cesse de leurs dits « investissements  et réalisations considérables » dans le monde arabe et musulman.

 

Construire des mosquées dans les quartiers populaires et des casinos dans les quartiers chics n’a rien d’un « investissement ». En tout cas pas dans le sens où je l’entends.  Le monde arabe et musulman a besoin plutôt d’universités, de centres de recherches, de laboratoires de haute qualité etc.

 

Les monarchies du Golfe n’ont jamais pu pardonner à la « rue arabe » son soutien à Saddam Hussein en 1990. Elles ne se sentent plus concernées par les problèmes socio-économiques graves des palestiniens, des égyptiens ou des maghrébins. Erreur, d’ici 10 ans, l’Egypte et le Maghreb par exemple, dépasseront les 200 millions d’habitants. L’avenir, la stabilité et la sécurité nationale même des pays du Golfe dépendront alors inévitablement du dynamisme ou des troubles de cet immense réservoir humain. Les services de renseignements qui ont inventé  cet épouvantail appelé « Al-Qaïda au pays du Maghreb islamique » ainsi que les autres épouvantails dits « terroristes », ont compris les enjeux à moyen et à long terme. L’implantation de toutes ces bases américaines aujourd’hui au Maghreb en est un avant-goût.

 

Pour contrer les desseins américains et israéliens ainsi que les autres puissances régionales dans la région du Golfe qui abrite en plus des ressources énergétiques, les deux lieux saints de l’Islam, l’Egypte et le Maghreb ne devront pas rester les bras croisés.  

L’Egypte doit retrouver son prestige d’autrefois et le Maghreb son Union.



[1] Henry Kissinger and Martin Feldstein : « The rising danger of high oil prices ».
[2] Admettons quand même que dans sa propagande, Kissinger met souvent des gants, contrairement aux Daniel Pipes & Co et aux français comme Laurent Murawiec etc. Lire entre autres Thierry Meyssan : «La  Guerre des civilisations »
[3] La dernière crise entre la Russie et la Georgie en est un exemple flagrant. Voir Georges Stanechy : « Georgie : La Chasse à L'Ours ... »
[4] La Zakat est une aumône obligatoire prescrite par le Coran. Une contribution volontaire de 2,5% des revenus d’une personne. Le paiement de la Zakat étant l’un des cinq commandements religieux des musulmans. Elle est perçue sur les marchandises échangées et sur les revenus professionnels et immobiliers. Les particuliers peuvent verser leur Zakat directement à un bénéficiaire privé ou à une institution spécialisée dans la redistribution de ces fonds, telles que les banques islamiques…
[5] Voir Badawi M.A.Zaki: Zakat and the social justice. The Muslim world one hundred answers concerning Islamic banks.  International Association of Islamic banks. Cairo 1980.
[6] Quelques ouvrages incontournables: Ali Ahmed Mohamed: The role of Islamic development bank in the future economic order. The Islamic Council of Europe (Ed). The Muslim world and the future economic order.  Islamic Council of Europe. London 1979; Mahmoud Ibn Ibrahim Al Khatib: Le système économique dans l’islam. Librairie Al Haramain. Ryad. 1989 ; Mohammed Boudjellal: Le système bancaire islamique. Edition de l’Institut International de la Pensée Islamique .U.S.A.1998 ; Mohsin S.Khan et Abbas Mirakhor: Les pratiques bancaires islamiques. Finances et développement. vol 23.n°3.1986 ;
[7] Voir Gérard VERNA : Tiers-monde : Exporter et réaliser des projets. Fischer Presses. Syllery. Québec.1989 ; Volker NIENHAUS : « Islamishe Wirtschaftsordnungen » « L’Economie islamique : de la religion à la réalité » Problèmes économiques. n°2.564.15 Avril 1998.
[8] Voir Ibrahima BA: « Services financiers et allègement de la pauvreté ». Document de travail NG. PME et Institutions Financières Islamiques. Département du Développement des Entreprises et Coopératives. Bureau International du Travail. Genève. 2000.
© Caricature de Kissinger par  David Levine
© Un trader saoudien à Riyad le 7 octobre 2008. AP Photo/Hassan Ammar
© Epouvantails à Cernier, dans le canton de Neuchâtel créés par l'artiste Martial Leiter. swissworld.org

Par Chahid - Publié dans : Crise financière & Conséquences
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Lundi 15 septembre 2008



« Que ne voyagent-ils sur la terre afin d'avoir des coeurs pour comprendre, et des oreilles pour entendre ? Car ce ne sont pas les yeux qui s'aveuglent, mais, ce sont les coeurs dans les poitrines qui s'aveuglent. »
Coran. Sourate 22 : Le pèlerinage (Al-Hajj), Verset 46.


«N'y aurait-il pas pour nous
de meilleure tâche
que de creuser des tombes
que de chercher les mots nouveaux
pour un nouvel éloge funèbre ?
Qu'elles sont petites, ces fleurs.
Que tout ce sang est profond. » Mahmoud Darwich

 

I - Les « Tartuffes » de Manuel de Diéguez

 

Thierry Meyssan qui semble être un des derniers journalistes d’investigation en France[1], a terminé sa dernière enquête sur Nicolas Sarkozy « Opération Sarkozy : comment la CIA a placé un de ses agents à la présidence de la République française » par la question suivante: « Quand les Français auront-ils des yeux pour voir à qui ils ont affaire ? ».

 

A en croire ce journaliste, la France après Charles de Gaulle n’est gouvernée que par des truands, des mafieux, des agents de la CIA et bien entendu les familles Rothschild & Co. Un scénario digne du film « Casino » de Martin Scorsese ou même du « Parrain » de Francis Ford Coppola.  

 

Bousculés par le dernier drame en Afghanistan, Bernard Kouchner et Hervé Morin, ministres des Affaires étrangères et de la Défense, ont signé une tribune commune dans le journal le monde[2], « Afghanistan : le sens de notre engagement »  . La même rhétorique anesthésiante : « la liberté », « nos valeurs », « notre démocratie » etc.[3]. Un remake francisé des célèbres et apocalyptiques discours du trio fanatique Bush, Cheney et Rumsfeld. Pour Karl Jaspers, l’homme se sentant perdu cherche à retrouver le sentiment de sa dignité dans le « nous » en s’intégrant à quelque colossale puissance et en se saisissant du néant avec désespoir ou bien dans un triomphe de destruction.[4]

 

Un triomphe de destruction qui couronne toujours le triomphe de l’ignorance et du fascisme. Il y a deux semaines, le premier ministre français François Fillon, a choisi le début du Ramadan pour insulter délibérément le monde musulman en bégayant « Le conflit va durer, parce que les causes de ce conflit sont très profondes (bégaiement NDLR) C’est l’opposition entre le monde musulman et une grande partie du reste de la planète, c’est le conflit israélo-palestinien, c’est les déséquilibres économiques et sociaux qui règnent dans le monde. ». Sa ministre de l’intérieur Michèle ALLIOT-MARIE quant à elle, a voulu faire peur aux français et intimider ainsi une opinion publique hésitante et tentée, en menaçant sur les colonnes du Figaro « Un danger d'autant plus important que les terroristes ont changé de tactique. Plusieurs dirigeants des pays du Golfe m'ont ainsi confié que les attentats organisés longtemps à l'avance cèdent le pas à des attaques d'opportunité, non programmées et commises par des individus endoctrinés via Internet. Ces derniers ne font parfois même pas partie d'un réseau. Ce nouveau péril est donc beaucoup plus difficile à cerner et à suivre. ». Vous avez compris. Pour « cerner » et « suivre » ce « péril » vert, il faut suspecter et surveiller chaque citoyen français musulman. L’Allemagne des années trente.

Bientôt le slogan « Ensemble pour un fascisme positif » dans les kiosques et les chaînes de télévision.

 

« Quel est le point de non-retour de la vassalisation politique d'une démocratie? Celui où, à la simple demande de Tartuffe, son domestique se présente à ses côtés en fieffé menteur à la face du monde et en duettiste de son maître. Alors le spectateur intrigué cherche du regard la laisse que tous deux portent au cou ; et il remarque qu'ils sont attachés l'un à l'autre par une seule et même chaîne. Quelle est la servitude de l'autel contrefait qu'ils se partagent en secret? Celle de se mentir encore davantage à eux-mêmes qu'au monde entier. » se pose comme questions le philosophe Manuel de Diéguez.[5]

 

Les deux ministres américanisés (B. Kouchner et H. Morin) parlent aussi de « la production d'opium qui finance les opérations ». Certes, mais les opérations de qui ?

 

Comme vous savez, l’Europe toute entière est en train de se transformer en un marché juteux[6] de la pire des drogues, l’opium et ses dérivés[7]. Acheminé d’Afghanistan par des avions militaires et vendu essentiellement aux consommateurs européens et méditerranéens. Le trafique de l’opium semble désormais être une des raisons de la présence américaine dans ce pays d’insoumis. Cette drogue est indispensable pour l’abêtissement et la manipulation des foules. Importante aussi pour l’industrie[8] et la religion[9]. Après la religion opium des peuples, l’opium religion des peuples.

 

Faut-il aussi rappeler la triste histoire  de la Chine avec cette maudite drogue et l'hégémonie de l'Occident ?

 

Fillon, Kouchner et leurs semblables, partent en croisades et dénoncent le monde entier. La Chine, la Russie, le Soudan, l’Iran, le Zimbabwe, l’Islam, les musulmans etc., mais jamais les crimes des américains en Iraq ou en Afghanistan. Trouvez moi un seul texte, un seul paragraphe, ou même une seule phrase où Kouchner & Co dénonceraient, même indirectement, l’occupation de l’Iraq, les centaines de milliers de victimes civiles, Abou Ghrib, Guantanamo et les autres barbaries occidentales. 

 

Les occidentaux sont-ils civilisés entre eux et barbares avec les autres ?

 

Que reste-t-il alors des « valeurs » de l’Occident « Liberté, Démocratie et Justice »[10] après le passage du cyclone Bush et des petites tempêtes de ses clones, vassaux et perroquets un peu partout dans le monde ?[11]

 

Où vont les fameuses « démocraties occidentales », missionnaires de leur « Liberté obligatoire » comme dirait l’écrivain et dramaturge italien Dario Fo? Une « Liberté » aux saveurs du pétrole, de l’opium, du fouet et des bombes.

 

« Une démocratie qui ne s’autocritique pas se condamne à la paralysie. (…) Et seul un esprit cynique se risquerait à affirmer que tout va pour le mieux dans le monde dans lequel nous vivons. (…) Le système appelé démocratique ressemble de plus en plus à un gouvernement des riches et de moins en moins à un gouvernement du peuple. Impossible de nier l’évidence : la masse des pauvres appelée à voter n’est jamais appelée à gouverner. (…) La prétendue démocratie occidentale est entrée dans une étape de transformation rétrograde qu’elle est incapable d’arrêter, et dont les conséquences prévisibles seront sa propre négation. Nul besoin que quiconque prenne la responsabilité de la liquider, elle-même se suicide tous les jours.» nous rappelle José Saramago.[12]

 

II - Les « aveugles » de José Saramago

 

Paul Valéry avait vu juste et tiré très tôt la sonnette d’alarme sur la précarité de toute civilisation et surtout de la civilisation occidentale, « Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. »[13]. Denis de Rougemont pour qui Paul Valéry n’est qu’un pessimiste, avait alors réagi avec un égocentrisme des plus funestes « le fameux « bond en avant » de la Chine n’a guère été qu’un bond vers l’industrie et vers le socialisme, inventés par l’Europe et parties intégrantes de sa culture. Quant à l’Afrique, observons simplement que son émancipation actuelle ne consiste nullement dans l’avènement d’une civilisation originale, ou de quelque néo-tribalisme, mais au contraire dans l’adoption bien trop rapide des formes de vie politique, sociale et économique, élaborées par l’Europe moderne. Résumons cela : je vois l’Asie du Sud, sous-développée, courir après l’exemple de la Chine, qui essaie d’imiter la Russie, laquelle veut rejoindre l’Amérique, qui est une invention de l’Europe … où est donc dans tout cela « l’éclipse » de l’Europe comme culture ? Dans l’esprit de ses intellectuels, et par ailleurs. »[14].

 

« Cette tendance européenne à regarder de haut, à mépriser les cultures et les sociétés non européennes a des racines profondes dans le psychisme européen. » répond Kishore Mahbubani.[15] Le « moi est haïssable » disait Blaise Pascal[16]. Haïssable et périssable j’ajouterais. 

 

Dans son célèbre roman « L’aveuglement »[17], José Saramago laisse sombrer notre si « merveilleuse » planète de « démocrates », de « civilisés » et de « missionnaires de la Liberté » dans un cauchemardesque chaos causé par une épidémie de cécité. Aveugles et réduits à la condition de bêtes affolées, les gens ne savaient et ne trouvaient même pas où mettre leurs excréments. Vous imaginez le reste. Survivre sans dignité ni moralité dans une nuit de bestialité, voilà la lutte quotidienne de tous ces aveugles du XXIe siècle[18]. 

 

III - Les « sourds » de John Berger.

 

En 1991, c'est-à-dire au  lendemain de la deuxième guerre du Golfe, j’avais lu un saisissant article de John Berger « Guerre et mensonges »[19], grâce à qui j’ai pénétré le monde poignant de la surdité du grand peintre espagnol Francisco Goya, lui-même devenu sourd à un certain âge. John Berger dénonçait la manipulation médiatique et la propagande autour de cette guerre. Aujourd’hui encore, à l’étape ou « station » de l’Afghanistan[20] et de la « Liberté immuable » de Georges W Bush, de ses mentors néocons et de leurs perroquets européens, le texte de John Berger est d’actualité.

 

« La surdité se révèle une arme aussi bien agressive que défensive, lorsqu'elle sert à imposer un ordre à des populations éloignées qui le refusent. Goya a autrefois montré comment dansent les sourds pendant les carnages quand à l'intérieur de leur grosse tête ils n'entendent que la musique, et pas les cris. Shakespeare et Aristophane ont relevé comment les puissants aiment feindre la surdité, parce que cela attire les suppliants à se mettre à genoux devant leur trône. (…) Quatre ou cinq fois par jour, le public a reçu une leçon télévisée lui apprenant comment se rendre sourd à la voix de sa mémoire, de sa conscience ou de son imagination. Sourd à une voix qui pouvait se mettre à hurler au souvenir de ces mêmes bombardiers qui ont largement servi au Vietnam et sont devenus à travers le monde symboles de l'horreur de la guerre. Sourd à une voix qui pouvait se faire stridente à l'idée que le pilonnage d'un certain périmètre autour d'une ville (quel que soit l'objectif visé) constitue à lui seul une amorce de génocide. Sourd à une voix qui pouvait se mettre à marteler que les bombes-grappes larguées sur les cités irakiennes contenaient 24 grenades, explosant à raison de 2 000 fragments en forme d'aiguilles à haute vélocité, conçus pour causer le maximum de mutilations fatales. Sourd à une voix qui pouvait lui rappeler que la culture islamique a autant contribué au rêve humain de justice et de sagesse que l'a fait le christianisme. » écrit John Berger.

 

Un autre indice qui me parait révélateur de la surdité surtout chez les jeunes européens. Ils n’écoutent plus leur musique classique. Pourtant, des Chopin, Mozart, Beethoven ou Debussy sont à eux seuls une civilisation. Kishore Mahbubani cite ainsi Robert Sirota, président de la Manhattan School of Music : « Je crois honnêtement que dans une certaine mesure l’avenir de la musique classique dépend du développement de la Chine au cours des 20 prochaines années », et Jean-Pierre Lehmann d’ajouter «  Il y a plus de Sud-Coréens que de Polonais qui achètent des œuvres de Chopin alors que les deux pays ont à peu près le même nombre d’habitants ! »[21].

 

Dénoncer la précarité et la dérive fasciste des « démocraties occidentales » et la complicité lâche et répugnante de leurs marionnettes et singes imitateurs, les élites occidentalisées des pays du sud, c’est se faire traiter de « conspirationniste », de « communiste », de « stalinien », d’« islamiste », voire d’ « antisémite ». Pour Lord Keynes « il est aisé de mettre la tête d’un âne dans l’eau mais non de le faire boire ». Et que dire si l’âne est aveugle et sourd ?

 

IV - La « nuit » de Céline et de Nietzsche.

 

L’Europe est sortie de la nuit du colonialisme et de la seconde guerre mondiale pour retomber sous le joug de l’absurdité et de la médiocrité de la nuit américaine. L’horreur de la guerre, l’horreur de l’impérialisme et l’horreur du capitalisme. Bêtise humaine, veulerie humaine et misère humaine. Un  « Voyage au bout de la nuit »[22] interminable ou « immuable » comme la « Liberté immuable ». Est-ce la « prophétie » de Nietzsche : « Nous devons désormais nous attendre à une longue nuit, à une longue abondance de démolitions, de destructions, de ruine et de bouleversements : qui pourrait en deviner assez dès aujourd’hui pour enseigner cette énorme logique, devenir le prophète de ces immenses terreurs, de ces ténèbres, de cette éclipse de soleil que la terre n’a encore sans doute jamais connue »?[23]

 

Sachez enfin que cet article n’est pas une charge contre les occidentaux ou les européens, bien au contraire. Mon idée est simple, je considère l’Europe comme le noyau dur de certaines valeurs universelles, ce n’est pas maintenant qu’elle doit ramper, démissionner et se décomposer. Il faut juste savoir quitter un navire qui coule. Les Etats-Unis d’Amérique et le Vatican sont deux navires condamnés.



[1] Exilé aujourd’hui à Beyrouth
[2] Avant eux, Henri Guaino avait commis cette pitoyable récidive.
[3] « Comment peut-on accorder le moindre crédit à quelqu'un qui utilise dix-huit fois l'expression "le Mal" dans un discours de dix minutes ? »  disait Norman Mailer à propos de Bush et de ses clones.
[4] Karl Jaspers : Rencontres internationales de Genève. La Baconnière 1949.
[5] Manuel de Diéguez « Tartuffe est l'avenir des démocraties occidentales » . Lire aussi : « Les civilisations sont-elles responsables de leur chute dans la servitude ? » ;  « L'éducation nationale et la politique sacrificielle »  
[6] Avec un coût moyen de 50 euros le gramme, le chiffre d’affaires de l’héroïne en France est évalué jusqu’à 60 millions d’euros. Voir P.Y  Bello: Phénomènes émergents liés aux drogues en 2003. 5ème Rapport national du dispositif TREND. 2004. Saint-Denis: OFDT. 277.
[7] La plus cauchemardesque de ses dérivés étant l’héroïne.
[8] Pharmaceutique et autre.
[9] Depuis longtemps des clergés se servent de cette drogue dans leurs messes et rituels pour droguer les fidèles.
[10] « Justice et Liberté » ont été remplacées par « Sécurité ».
[11] A savoir : les caricatures danoises, les insultes de Benoît XVI  etc.
[12] José Saramago « Que reste-t-il de la démocratie ? ». Le Monde diplomatique. Août 2004. Lire aussi José Saramago « De la justice à la démocratie, en passant par les cloches ». Le Monde diplomatique. Mars 2002.
[13] Paul Valéry « La crise de l’esprit » in « Essais quasi politiques ». Variété. Tome I. Œuvres en Pléiade.
[14] Denis de Rougemont : Lettre ouverte aux Européens. Albin Michel 1970.
[15] Lire la présentation de Jean-Pierre Lehmann de l’ouvrage de Kishore Mahbubani  The New Asian Hemisphere : The Irresistible Shift of Global Power to the East.
[16] Blaise Pascal : Pensées. Edition Chevalier. Et d’ajouter « En un mot, le moi a deux qualités : il est injuste en soi, en ce qu’il se fait centre du tout ; il est incommode aux autres, en ce qu’il les veut asservir : car chaque moi est l’ennemi et voudrait être le tyran de tous les autres. ».
[17] José Saramago : L'Aveuglement. Trad. par Geneviève Leibrich, Le Seuil. Paris 1997.
[18] Des aveugles sans distinction de race, de sexe ou de religion.
[19]  John Berger : « Guerre et mensonges ». Le Monde diplomatique. Avril 1991.
[20] Étape ou « station » de l’Afghanistan, car comme l’explique Corey Robin sur l’impérialisme vu par Hannah Arendt « The imperialist sees every conquest as a way station to the next. Cromer looked at Egypt and saw India, Rhodes looked at South Africa and saw the world. ‘I would annex the planets if I could,’ he said. So it is today: Afghanistan leads to Iraq leads to Iran leads to who knows where? ‘The famous domino-theory’, Arendt wrote, is ‘a new version of the old “Great Game”’. As Kipling said, the Great Game finishes only ‘when everyone is dead’.  ». Lire Corey Robin « Dragon-Slayers ».
[21] Jean-Pierre Lehmann op.cit.
[22] En référence à l’ouvrage de Louis-Ferdinand Céline : Voyage au bout de la nuit. Gallimard-Folio. Paris 1972.
[23] Friedrich Nietzsche : Le Gai Savoir. Pour mettre cette citation dans son contexte, Nietzsche évoquait ainsi les conséquences de ce qu’il appelait « Le plus important des événements récents », c'est-à-dire la mort du « Dieu chrétien ». Vous pouvez lire la traduction de l'édition de 1887 par Henri Albert sur cette page.
© Dessin Muslim Observer
© AP pour la photo de l’enfant iraquien qui vient de mourir dans les bras de sa mère à Baqouba en Irak.
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Par Chahid - Publié dans : La bêtise humaine
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Dimanche 20 juillet 2008

« Nous sommes seuls au monde à entretenir un dialogue avec Dieu en tant que peuple. Un Etat réellement juif aura pour fondement le territoire, de la mer au Jourdain, qui constitue l’espace vital du peuple juif ». Déclaration en 2002 du général Effi Eitam commandant de Tsahal au Liban sud en 1998-1999

     
Quand j’ai lu et entendu dernièrement les sionistes pester (1)  et s’indigner contre la libération de Samir Kuntar décrit comme un « assassin d’une enfant de 4 ans »(2) , et glorifier la « moralité » d’Israël face à la « barbarie du Hezbollah »(3) , je me suis posé deux questions:

 
1- Si Samir Kuntar est un « assassin » pourquoi les israéliens l’ont-ils libéré ?(4)

2- Que signifie « moralité » et « morale »?

   
    Une réponse à la deuxième question je l’ai trouvée il y a quelques jours en lisant le dernier et excellent texte d’Aline de Diéguez « Le territoire, les rats et les hommes ». L’auteur comme à son habitude, décortique, arguments, réflexion, méditation et objectivité à l’appui, le naufrage moral d’une entité qu’on appelle communément « Israël ».

   
    Les racines du mal sont ainsi révélées « le savant autrichien (NDLR Konrad Lorenz) démontre que les explosions de violence humaines sont beaucoup plus dangereuses (NDLR par rapport à celles des animaux), parce que les hommes ont perdu les spécialisations instinctives qui, chez les animaux, provoquent les réactions d’agressivité. Cette dérégulation des instincts est la source d'une violence anarchique et disproportionnée. (…) Contrairement à certaines idées reçues, le comportement " stupide et répugnant " des " masses humaines " n'est donc pas une survivance des temps archaïques et pré-humains. Il résulte, au contraire, de l'utilisation des innovations technologiques qui ont réduit et même - comme le démontre la réaction citée ci-dessus du haut gradé militaire israélien (5)  - anéanti totalement chez l'homme les mécanismes inhibiteurs qui commandent l'agressivité et donc le meurtre individuel ou les massacres de masse. Car "l'homme qui appuie sur un bouton est complètement protégé des conséquences perceptives de son acte". La Barbarie commence seulement.(6)  ».

   
    Pour comprendre, l’auteur nous cite ces témoignages cinglants et particulièrement bouleversants : « Dès lors, on comprend mieux comment des soldats d'une armée d'occupation ont tué, depuis l'an 2000, un millier d'enfants palestiniens qui ne représentaient pas le moindre danger pour eux ou pour leur Etat. (…) Abir Aramin a 10 ans. Elle sort paisiblement de son école en compagnie de ses compagnes. Une jeep fortifiée des célèbres "garde-frontières " d'un pays qui refuse de se donner des frontières , effectue lentement des allers et retours devant l'école, provoquant la panique des petites écolières qui s'égayent comme une nuée de moineaux. Un des rambos qui sévissent habituellement aux check-points et dont la présence à cet endroit à l'heure de la sortie n'a évidemment d’autre justification que celle de terroriser les enfants, vise la tête de l'enfant blottie contre le mur d'une boutique à travers un trou spécial fait dans la vitre de sa jeep. Le carton est réussi, comme dans une fête foraine, et la balle enrobée de caoutchouc fait exploser le cerveau d’Abir. La jeep poursuit tranquillement sa route. ».

   
    Le poète sioniste Haïm Nahman Bialik a écrit « Satan lui-même ne saurait venger le sang d’un petit enfant ». Abir Aranim n’est-elle pas une petite enfant ? Les quatre frères de la famille Ahmed Aïd Abou Moätek, Rudayna (fille de 4 ans), Hana (fille de 3 ans), Saleh (garçon de 5 ans) et Musaab (garçon, à peine un an) tués en avril dernier  avec leur mère alors qu’ils prenaient ensemble leur petit déjeuner, ne sont-ils pas tous des enfants ? Combien d’Abir Aranim et de Musaab l’ « armée la  plus pure » a-t-elle massacrés de sang-froid ?

   
    Dans un autre témoignage de soldats israéliens cité par l’auteur, on peut lire « Six heures du matin. Rafah est sous couvre-feu. Y a pas un chat dans les rues. Seulement un petit enfant de quatre ans qui joue dans le sable. Il bâtit une espèce de tour comme ça dans la cour de sa maison. Celui-là se met tout à coup à courir et tous, nous courons avec lui. Il était du génie. Nous courons tous avec lui. Il attrape le gosse. Noufar, je suis un fils de pute si je ne dis pas la vérité. Il lui a brisé le bras, ici, à l'articulation. Il lui a cassé le bras à hauteur du coude. Il lui a cassé la jambe ici. Et il a commencé à lui marcher sur le ventre, trois fois. Puis il est parti. Nous étions tous bouche bée, le regardant, choqués… Le lendemain, je repars en patrouille avec lui et déjà les soldats commençaient à faire comme lui. " » (7).

   
    Casser le bras et la jambe à un enfant de 4 ans et lui marcher sur le ventre avec les fameuses bottes militaires des soldats sionistes. Attention ! Nous sommes ici à la limite de la conscience, de la moralité, de l’éthique, de la civilisation et de l’humanité. Nous entrons dans une zone appelée « Israël », un avant-poste de l’impérialisme occidental et de sa doctrine barbare.

   
    Le « peuple élu » sorti d’Auschwitz affamé, déterminé et impatient, s’empare de cette doctrine. Signe de sa maturité, « la plus vieille tribu » (8) se convertit au crime contre l’humanité. De « cafard » en « cafard », on comprend ainsi pourquoi « dans le témoignage ci-dessus, on voit que l'officier israélien est totalement dépourvu de ce réflexe primaire du mammifère supérieur et ce d'autant plus qu'il n'est même pas psychologique protégé par la "distance" que crée le meurtre indirect par impact lointain dont parle Lorenz. Pour que l'officier israélien se déchaîne avec une telle cruauté, il faut que, dans son esprit, ce petit enfant ne fasse pas partie de l'espèce humaine. C'est pourquoi il se rue donc sur lui comme s'il s'agissait de détruire un cafard ou un dangereux prédateur. » (9).

   
    Hobbes à qui on attribue souvent la célèbre formule « L’homme est un loup pour l’homme » (10)  et qui n’a fait qu’actualiser l’adage « Lupus est homo homini » de l’écrivain latin Plaute (254-184 av. J.-C.), de sa « Comédie des ânes »,  s’est trompé (11) non seulement d’animal, mais de créature aussi (12) . S’il y a un animal victime de « stéréotypes » c’est bien le loup.

    
    Dans la croyance musulmane, le Coran réhabilite le loup avec la très belle Sourate et histoire de « Joseph » (Yusuf  يوسف عليه السلام) . Enfant, Joseph est victime d’un complot de ses propres frères et le loup est le bouc émissaire idéal. Les arabes et les musulmans en évoquant l’innocence de quelqu’un disent ainsi : « il est innocent comme le loup du sang de Joseph ».

   
    Remplaçons la formule de Hobbes « L’homme est un loup pour l’homme » par l’homme égocentrique est une menace pour l’homme, sans distinction de race, de sexe ou de religion.

Les israéliens qui se considèrent comme un « peuple élu » sont victimes de leur propre  égocentrisme qui les déshumanise et nous fait craindre le pire avec au moins 150 armes nucléaires entre les mains de tels fous (13). 

   
    Des fous désespérés, car « l'apparente phase ascendante de l'expansion impériale d'Israël est trompeuse. Comme la locomotive de la Bête humaine, le train du grand rêve sioniste est lancé dans une fuite en avant désespérée, mais le comportement de l'officier israélien piétineur et tortionnaire d'un petit enfant palestinien cité ci-dessus, est révélateur du mélange de fureur, de folie et d'impuissance face à l'impasse dans laquelle il sent confusément que conduit cette politique. Son issue ne peut être qu'une guerre permanente ou l'auto-anéantissement. » écrit Aline de Diéguez.

   
    La fameuse sentence qui orne la porte de l’Enfer dans La Divine Comédie  de Dante (14) « Vous qui entrez, laissez toute espérance » devrait aussi orner la porte d’Israël à ce qu’il parait ! 
 

 


[1] Qui d’autre que le fils du sanguinaire Ariel Sharon, Gilad Sharon, est mieux placé pour pester ainsi.
[2] En 1979 des médias sionistes ont révélé que la fille de Danny Haran est morte à cause des tirs des soldats sionistes. Depuis, les médias ne cessent de changer leurs versions.
[3] HERB KEINON: « Analysis: Only Israelis can fathom. »  ; Naomi Ragen « Day of infamy » ; Uri Orbach « Letter to the Lebanese people » ; Editorial du The Jerusalem Post « The new Lebanon »  .
[4] Rappelons que Samir Kuntar a toujours clamé son innocence.

[5] « Lorsque le général commandant en chef des forces aériennes de l'Etat d’Israël, Dan Alutz , auteur du largage sur une maison de Gaza d'une bombe d'une tonne qui a réduit quatorze personnes en bouillie , est interrogé par un journaliste sur ses impressions à ce moment-là, il prononce ces "paroles ailées" (Homère) : "Ce que je ressens quand je lâche une bombe ? Simplement une légère secousse dans l'aile (de l'avion) quand on fait partir la bombe". Et il ajoute : "Je dors bien la nuit". » Aline de Diéguez op.cit.
[6] En référence à l’ouvrage du philosophe Manuel de Diéguez  « La barbarie commence seulement. Essai de politique et de morale sur l'avenir de l'Europe ».  Éd. du Triolet, Paris, 1948.
[7] Remarquez qu’il s’agit d’un témoignage de soldats israéliens rapporté par le journal israélien Haaretz du 21 septembre 2007.
[8] Aline de Diéguez cite Alain Finkielkraut qui croit appartenir « à la plus vieille tribu du monde » !
[9] Aline de Diéguez op.cit.
[10] On retrouve un peu la même formule dans « Les Tragiques » du poète français Agrippa d’Aubiné (1552-1630) « L’homme est en proie à l’homme, un loup à son pareil.».
[11] On comprend par ailleurs que l’objet de l’étude de Hobbes est un système politique. Le Loup n’est qu’une métaphore, injuste soit-elle ! 
[12] Il faut dire que Thomas Hobbes a une vraie obsession envers les loups. On retrouve la même formule dans l’épître dédicatoire de l’un de ses livres « Le Citoyen » (1642), « De Cive » de son titre latin. « Et certainement, il est également vrai qu’un homme est un Dieu à un autre homme, et qu’un homme est aussi un loup à un autre homme. ».
[13] Lire Mordechaï Vanunu : « C’est parce qu’Israël détient la bombe atomique qu’il peut pratiquer sans crainte l’apartheid »  : lire aussi « Jimmy Carter says Israel had 150 nuclear weapons »
[14] « La Divine Comédie » est l’oeuvre majeure du poète italien Dante (1265-1321).
© Crédit photos
Photo personnelle d’Abir Aramin, 10 ans.
© Monty Sloan (photo du loup)
© « La Porte de l'Enfer » sculpture d’Auguste Rodin. Permanent Collection & Image Courtesy: Kunsthaus Zurich

Par Chahid - Publié dans : Palestine
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Jeudi 3 juillet 2008

    Après Edward Saïd, le Cancer emporte encore une fois un grand intellectuel arabe.  
 
  
   Abdelwahab Elmessiri s’est éteint hier au Caire
   à  l’âge de 70 ans, laissant derrière lui une vie et une œuvre des plus remarquables au service des causes les plus nobles dont la cause palestinienne.

    Son œuvre majeure est une Encyclopédie sur le judaïsme et le sionisme.[1]

    Abdelwahab Elmessiri est l’un des fondateurs du Mouvement d’opposition égyptien « Kifaya »[2] 

     Mes condoléances à sa famille, aux braves égyptiens qui luttent contre la dictature de Moubarak, aux palestiniens qui l’aiment tant, au monde arabe et au monde musulman.


 

إنا لله وإنا اليه راجعون

[1] Lire Sahar El-Bahr : « Abdel-Wahab Elmessiri: A historical prerogative »
[2] Voir son site et son dernier entretien sur la chaîne Al-Jazeera en commémoration de la Nakba, où il parle entre autres de l’avenir et de la disparition inéluctable d’Israël.

Par Chahid - Publié dans : Penseurs
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Mardi 1 juillet 2008

« Toute propagande efficace doit se limiter à des points fort peu nombreux et les faire valoir à coups de formules stéréotypées aussi longtemps qu'il le faudra, pour que le dernier des auditeurs soit à même de saisir l'idée. » Adolf Hitler

      
     Qui est Edward Bernays ?

    Il est à la fois le rêve et le cauchemar des américains des années vingt. Ses idées continuent aujourd’hui encore d’être le rêve et le cauchemar des millions de « moutons » de la société de consommation un peu partout dans le monde. Edward Bernays est le Machiavel de la propagande.

    Il a fait des premiers psychanalystes ses conseillers et de la manipulation des masses son fonds de commerce. Il s’est très tôt rendu compte que si on pouvait efficacement utiliser la propagande pour faire la guerre pourquoi pas l’utiliser pour faire du commerce. Après tout, les foules sont les mêmes, un « troupeau de moutons »[1] à conduire à gauche, à droite, ou même vers l’abîme.[2] Il suffit de savoir jouer sur les cordes des « forces et émotions irrationnelles cachées en l’être humain » découvertes par un certain Sigmund Freud qui n’est autre que l’oncle d’Edward Bernays.[3]

    Le procédé était simple. Sigmund Freud qui n’était pas le complice direct de Bernays, raisonnait pour la science et son neveu qui était aussi son agent aux Etats-Unis[4] s’appuyait sur ses théories et « raisonnait » pour le commerce et les multinationales après avoir « raisonné » à l’époque de Woodrow Wilson pour la propagande politique[5] et la guerre.[6]    

    « Conseil en relations publiques »[7] supplanta alors le mot « propagande »[8] et Bernays  transforma les produits et le profit des multinationales en « valeurs » et en « culture » [9] chez les américains et leurs copieurs (les européens et les élites occidentalisées des pays du sud). Il est amusant d’entendre certaines personnes appeler les « artifices » de Bernays « nos valeurs judéo-chrétiennes ». Une partie importante de la « culture » ou de l’inculture des occidentaux[10], ils la doivent à Edward Bernays. N’avait-il pas convaincu les femmes de fumer comme les hommes ?

    George Hill, président de l’American Tobacco Corporation voulait coûte que coûte briser le tabou de la cigarette pour les femmes. S’appuyant sur les analyses et les conseils du célèbre psychanalyste américain A. Brill,  Bernays a compris alors que la cigarette était le symbole du « pénis » et du pouvoir sexuel chez l’homme. Pour vaincre l’homme sur son terrain et remettre en question sa domination, il fallait procurer à la femme son propre « pénis », la cigarette.

    « Torches de la liberté »[11] fut le slogan idéal pour « émanciper » la femme et lui donner un pénis/épée pour son duel final avec l’homme, et avec comme « dommages collatéraux » de gros  bénéfices pour l’American Tobacco Corporation  bien sûr!

    Bernays a compris aussi grâce aux écrits de son oncle, que tout est question de virilité pour l’homme. Avec une voiture de luxe, des « costards » signés, des montres de luxe, des cigares etc., l’érection de l’homme était en couleurs et en public.

    Avec tous ces gratte-ciel, c’est la course effrénée au plus phénoménal « pénis » et dont le « Viagra » n’est autre que le libéralisme sauvage et les richesses des pays exploités et pillés des générations durant.[12] De l’obscénité architecturale. Bientôt, notre planète sera classée « X ».

    « Torches de la liberté » devient aujourd’hui « Guerre contre le terrorisme » grâce aux élèves ziocons d’Edward Bernays, et certains pays du Golfe ou même du Maghreb qui achètent des armes et des missiles croient ainsi se procurer un « pénis » dans un monde d’Etats-machos gouverné par les « Multinationales Unies » de l’armement qui contrôlent les médias et l’opinion des « bêtes sauvages ».[13]  

    La guerre et la paix ne dépendraient malheureusement que de l’extension de la « virilité » de tous ces généraux, exclusivement hommes. Des hommes aux « pulsions agressives et malsaines » comme disait Bertrand Russel.

    En tout cas avec le « camarade » José Luis Zapatero il n’y aura certainement pas de guerre ; sa ministre de la défense Carme Chacón est une charmante femme. Pourvu que ça dure !


[1] Bernays employait l’expression « troupeau de moutons » et « troupeau de bêtes sauvages » pour désigner les masses. Au Maghreb l’élite en place emploie l’expression « El-Hwala » (les moutons) et « El-Bger » (troupeau de vaches) etc.
[2] Pour lui « Seule l’énergie déployée par quelques brillants cerveaux peut amener la population toute entière à prendre connaissance des idées nouvelles et à les appliquer. ». 
[3] Lire Tim Adams: « How Freud got under our skin ».
[4] C’est Edward Bernays qui a orchestré la promotion et la célébrité de son oncle aux Etats-Unis. Il l’appelait, une fois célèbre, « Oncle Sigmund ».
[5] Il est d’ailleurs l’auteur de l’incontournable ouvrage machiavélique des temps modernes « Propaganda. Editions H. Liveright, New York 1928 » (traduction française de l’ouvrage : Propaganda. Comment manipuler l’opinion en démocratie. Éditions La Découverte, Paris 2007). Dans son ouvrage, Edward Bernays définit la propagande comme « un effort cohérent et de longue haleine pour susciter ou infléchir des événements dans l’objectif d’influencer les rapports du grand public avec une entreprise, une idée ou un groupe », « Ce qu’il faut retenir c’est d’abord que la propagande revient à enrégimenter l’opinion publique exactement comme une armée enrégimente les corps de ses soldats. ».
[6] Voir l’excellent documentaire d’Adam Curtis « The century of the self »
[7] Aujourd’hui on préfère parler de « Marketing » (mercatique en français) etc.
[8] Goebbels, fasciné par les idées de Bernays, redonna une nouvelle vie au mot « propagande ».
[9] Après la première et la seconde guerre mondiale l’objectif des firmes américaines était de faire passer l’Amérique d’une culture du besoin à une culture du désir. Cette « culture » arriva après en Angleterre, puis au Continent et aujourd’hui dans les pays du sud.
[10] Lire John Kenneth GALBRAITH : Le Nouvel Etat industriel. Editions Gallimard, Paris 1968.
[11] Une référence machiavélique à la fameuse torche de la statue de la liberté.
[12] Pour Gandhi la Tour Eiffel n’est qu’un «  immense jouet » et « une excellente preuve de ce que nous sommes tous des enfants que séduisent les hochets. ». Tolstoï quant à lui la considérait comme un « monument à la folie ». Enfin je trouve qu’il s’agit plutôt du « pénis » des Parisiens. Les Bruxellois quant à eux ont un drôle de « pénis », non, pas celui de Manneken-Pis, mais l’Atomium  !
[13] Lire Noam Chomsky et Edward S. Herman : La Fabrique de l'opinion publique. La politique économique des médias américains. Le Serpent à plumes, Paris 2003.
© Crédit Photos
Couverture de la traduction française de l’ouvrage « Propaganda » d’Edward Bernays. Zones / Éditions La Découverte, Paris 2007.
Représentation de la hiérarchie des classes dans le système capitaliste. Industrial Unionism, 1911 (Copyright expired)

Par Chahid - Publié dans : La bêtise humaine
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