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« Et voilà pourquoi Israël et ses acolytes, les tortionnaires américains et européens, attendent que les Palestiniens "déchiffrent avec leurs plaies" les mots SOUMISSION et CAPITULATION que la machine grave dans leur chair en lettres de sang » Aline de Diéguez
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« Quand je désespère, je me souviens qu'à travers toute l'histoire, les chemins de la vérité et de l'amour ont toujours triomphé. Il y a eu des tyrans et des meurtriers, et parfois ils ont semblé invincibles, mais à la fin, ils sont toujours tombés. Pensez toujours à cela.» Gandhi
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 « They call all resistance "terrorism"» Edward W. Saïd
pal31.jpg« Face à l'expansion guerrière d'un empire, il n'y a que deux logiques possibles : celle de la soumission et celle du combat. L'existence même du joug de l'OTAN frappe la civilisation européenne de déshérence (…) Platon explique dans la République qu'une génération vaincue engendre nécessairement deux générations d'aveugles, mais que la troisième se réveille non moins nécessairement» Manuel de Diéguez
 
65602261-1.jpg« Alors quittez notre Terre / Nos rivages, notre mer/ Notre blé, notre sel, notre blessure » Mahmoud Darwish
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boyvstank-1.jpg«
On peut couper les roses, mais on ne peut empêcher le printemps d’arriver » Pablo Neruda
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image001-copie-1.gifpalgrandp_re-1.jpg« La mémoire dans le contexte humiliant que vit le monde arabo-musulman en particulier est l’arme la plus efficace pour consolider le passé, comprendre le présent et construire le futur. » Mahdi ELMANDJRA
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Big Brother Is Watching Us  

Grand Frère Nous Regarde



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« Prévenir la trahison, débusquer le faux ami, le jaloux parent, le traître avant qu'il inocule son venin est une opération aussi complexe que de nettoyer l'anus d'une hyène. » Ahmadou Kourouma 
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Samedi 9 juin 2007

 

 

 « Jerusalem is the bride of your Arab Nationalism /   Why you brought in her room all the night’s adulterers/   And you remained behind the doors eavesdropping/   Hearing the screams of her virginity/     Then you drew all your daggers, bragging/   Yelling at her to hush lest her honor is blemished/   (…)Let us sit before the feet of the Arabian Desert/  To let her pass a judgment on us/   I admit before the Desert/  That I am a banal, scoundrel and sad/  As your defeat/  defeated honorable men/  defeated rulers/  defeated people/  How dirty, how dirty, how dirty we are./  How dirty we are,/  I don’t exclude any one. »  Muzaffer Al-Nawwab (Jerusalem is Arab Nationalism’s Bride)

 

      « Quel beau tableau ! » s’exclamait Ben Gourion[1] face au nettoyage ethnique, expulsion et exode forcé qu’ont dû subir les palestiniens au lendemain de la Nakba (catastrophe). « Quel beau tableau ! » d’occupation, de colonisation, de confiscation et d'israélisation des territoires occupés.[2] Et Golda Meïr, démoniaque, de lui répondre : « Les palestiniens ?! Qui sont-ils ? Ils sont méconnaissables, ils n’existent pas ! ».

   « Quel beau tableau ! » d’une « solution finale » perpétrée par les criminels et terroristes Ben Gourion, Menahem Begin, Moshé Dayan,Yitzhak Shamir, Yosef Weitz, Ariel Sharon…[3] ; maquillée en « Plan Dalet » et en « Comité du transfert »[4]…, voulue par les organisations sionistes[5] comme un plan politico-militaire pour massacrer le plus grand nombre de palestiniens (Deir Yassine le 9 avril 1948[6], le village de Tantura le 22 mai 1948 etc.) ; expulser le reste vers les pays arabes ; confisquer leurs biens, terres et maisons[7] (Opération de Lydda et de Ramleh, le 12 juillet 1948, le Néguev,  la Galilée etc.) et instaurer un Etat raciste.[8] En quoi cette « solution finale » sioniste au « problème palestinien » serait-elle différente de celle des nazis ? Une question « contemporaine » fondamentale! Comment peut on accuser les nazis de « solution finale » et venir l’exécuter quelques années plus tard en Palestine ? Les sionistes ne rejettent-ils donc pas le principe même d’une « solution finale » ou « épuration ethnique » mais seulement sa cible ?

    « Quel beau tableau ! » de massacres, d’humiliation, d’apartheid, de lâcheté et d’indignité des régimes arabes, de collaboration et de marchandage des vermines de l’OLP, et de silence et d’hypocrisie de la fantomatique « communauté internationale » et de la presse occidentale qui poste son « brouhaha » depuis le fameux hôtel King David[9],  tout en dissimulant le coup d’État à la chilienne[10] qui se trame aujourd’hui en Palestine par un Fatah/pion corrompu,  défiguré et répugnant.

   « Quel beau tableau ! » et quel splendide « chaos »  qui se déroule comme le dit Aline de Diéguez « dans l'indifférence universelle, tant de la majorité des Israéliens, qui détournent pieusement la tête, contemplent leur ciel ou leurs chaussures et se gargarisent d'être la " seule démocratie de la région ". Ils savaient et n'ont rien dit. Cela ne nous rappelle-t-il pas quelque chose ? ». Pendant ce temps là, tout le monde (juridiquement naïf) demande aux palestiniens de reconnaître à  «Israël le droit d’exister », « Reconnaître Israël », « Reconnaître l’existence d’Israël »… mais mes chers « Demander aux Palestiniens de reconnaître « à Israël le droit d’exister », c’est demander à des gens qui ont été traités, depuis presque 60 ans, et continuent d’être traités, comme des sous-hommes de proclamer publiquement qu’ils SONT des sous-hommes – et, au moins implicitement, qu’ils méritent ce qui a été fait, et continue d’être fait contre eux. »[11].

   Qui a dit : « La nation israélienne n'est plus aujourd'hui qu'un amas informe de corruption, d'oppression et d'injustice.(...) Après elle, il restera ici un Etat juif méconnaissable et haïssable. Qui de nous voudra en être le patriote ? »[12] ? Non, ce n’est pas Ben Laden, ni Hassan Nasrallah, mais c’est bien Avraham Burg, l’ancien président de la Knesset et de l’Agence juive, qui vient juste avec son dernier livre « Defeating Hitler » (Vaincre Hitler), de dévoiler au monde le vrai visage raciste et fasciste du sionisme et de ses créations fictives en qualifiant Israël de « dynamite » et que « définir Israël comme un Etat juif, c'est la clef de la fin. Un Etat juif est explosif' ». Il est très réaliste en appelant entre autres à l'annulation de la loi du Retour et en invitant tout israélien qui peut à se procurer un passeport étranger avant l’effondrement de l’entité sioniste![13] Logique ; « L'empire américain s'est déjà effondré » comme dirait le philosophe Manuel de Diéguez.

Quel « beau tableau » et quel splendide « chaos »!

 

[1] Cité par le biographe de Ben Gourion, Michel Bar-Zohar. Voir « À la lumière des archives officielles de l’État juif. Nouvelles précisions sur l’exode des Palestiniens ».  

[2] Depuis la Nakba de 1948, des centaines de villes et de villages arabes ont disparu ou sont devenus juifs. 

[4] Un épisode longtemps refoulé par les israéliens, mais révélé ces dix dernières années par ceux qu’on appelle désormais les "new historians" (les nouveaux historiens). Ilan Pappe en fait partie.

[5] Hagana, Irgoun, Lehi (collabos des nazis), Gang Stern, Tsahal etc.

[6] Voir Jacques de Reynier : Deïr Yassin

[7] Israël a confisqué au lendemain de la Nakba, soixante-treize mille pièces d’habitation, sept mille huit cents boutiques, ateliers et entrepôts, cinq millions de livres palestiniennes sur des comptes en banque etc. voir Simha Flapan : «  The Birth of Israel, Myth and Realities ». Pantheon Books, New York, 1987, p. 107. Edward W Saïd : The Question of Palestine. Vintage Books: New York 1979, 1992. Rashid Khalidi : Palestinian Identity: The Construction of Modern National Consciousness Columbia University Press: New York, 1997. Abdul Jawad Saleh & Mustafa  Walid : Palestine: The Collective Destruction of Palestine Villages and Zionist Colonization 1882-1982. Amman and London: Jerusalem Center for Development Studies, 1987. Walid Khalidi: Before Their Diaspora,Institute for Palestine Studies Washington, D.C., 1991. Elias Sanbar : Palestine 1948. L'expulsion, Les livres de la Revue d'etudes Palestiniennes, Paris, 1984. Bassma Kodmani-Darwish: La diaspora palestinienne. PUF, Paris, 1997

[8] Voir Joseph Massad : Israel's right to be racist. Traduction

[9] Contrairement à tous ces pacifistes internationaux  qui n’hésitent pas à faire le voyage pour venir soutenir les palestiniens dans leur souffrance quotidienne.

[10] Voir Joseph Massad : La Palestine à l’heure de la technique chilienne du coup d’État.

[12]Avraham Burg : La révolution sioniste est morte in « La révolution sioniste est morte - Voix israéliennes contre l’occupation, 1967-2007 » Textes réunis et présentés par Michel Warschawski, La fabrique, avril 2007.  Voir aussi Avraham Burg : « La société israélienne s’effondre, et ses leaders gardent le silence ».  Avraham Burg: The end of Zionism 

[13]Ari Shavit : Burg: Defining Israel as a Jewish state is the key to its end.

* La photo représente une fillette et son grand-père expulsés de leur Palestine au lendemain de la Nakba. J’ai trouvé cette photo particulièrement déchirante et attristante. Source: United Nations Relief and Works Agency for Palestne Refugees . Pour d’autres photos sur la Nakba et Naksa…consultez : I II III VI

** le dessin est de Mariali

*** Le poème de Muzaffer Al-Nawwab en arabe  et sa traduction en anglais

**** Son : vous pouvez lire ce post tout en écoutant la musique d’accueil du site http://www.palestine-info.info  . Un chant triste et excellent célébrant le droit au retour pour les palestiniens.


par Chahid publié dans : Palestine
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Dimanche 3 juin 2007

   Comme vous savez, le magazine américain Time a publié sa fameuse liste annuelle Top 100 des personnalités les plus influentes de la planète[1], selon des critères bien entendu propres à l’hebdomadaire, qui semble vouloir nous faire comprendre depuis 2004 que finalement ce sont les américains qui ont plus « le pouvoir, le talent ou l’exemple moral pour transformer notre monde » comme l’expliquent souvent les journalistes et autres personnalités chargés de la sélection ![2] Le nombre écrasant d’américains dans cette liste est soupçonnable quant à une soi-disant portée planétaire de cette petite mascarade à l’américaine.

   Et puisque l’Amérique est en guerre contre l’Islam et les musulmans, la citation de quelques personnalités musulmanes, témoins à charge et à décharge serait la bienvenue. Ainsi comme d’habitude, Oussama Ben Laden fait figure du diable de la troupe, secondé cette année par l'Ayatollah iranien Ali Khamenei, comme deux personnalités supposées être « influentes » en « mal ». Le hic est qu’Oussama Ben Laden a été classé dans la catégorie « Dirigeants et Révolutionnaires »[3] laissant entendre que l’homme le plus recherché de la planète est un « révolutionnaire » à la Che Guevara ! Quel magazine arabe ou européen oserait le faire sans être accusé de faire l’éloge du terrorisme ?! Mais Time sait ce qu’il fait et à qui il s’adresse.

    Time devait aussi sélectionner et présenter au monde un de ces fameux « musulmans modérés ». Cette année c’est bien Amr Khaled le fameux téléprédicateur égyptien qui a été sélectionné dans la catégorie « Héros et Pionniers ».[4]

   Je n’ai rien contre Amr Khaled que je ne connais pas assez et qui semble fournir un travail respectable. Ne regardant que rarement la télévision, je doute que je pourrai croiser ce monsieur qui reste une vedette télévisuelle que les gens ne connaissent qu’à travers la télévision, comme Ben Laden d’ailleurs. On raconte même qu’il fait pleurer les gensL. Ses détracteurs l’accusent d’être le « prêcheur des riches », le « prêcheur d’un Islam light et climatisé », d’une « piété post-islamiste » etc.  

   Je trouve néanmoins que c’est un peu osé de le présenter comme un des musulmans les plus influents du monde[5]. Influent parmi qui ? Telle est la question. Ce jeune téléprédicateur de 39 ans présente son « spectacle/show » en dialecte égyptien ; il n’a donc de public « influençable » que celui qui connaît ce dialecte. Et supposons que certains arabes comprennent le dialecte égyptien ; ces derniers ne dépasseront pas les 3% du monde musulman ! Comment peut on prétendre alors qu’un téléprédicateur qui n’a pour cible que 3% du public musulman, est « le télévangéliste le plus influent du monde musulman » ?[6] Quelque chose qui cloche ! Quelqu’un veut-il manipuler ce poulain en pleine effervescence ?

   Amr Khaled lui-même, nous donne involontairement, une première réponse. Alors qu’il était parmi les seules cinq ou six personnes appelées à prononcer un petit discours de trois minutes devant les invités de la soirée de gala offerte par Time, et où il a parlé des jeunes musulmans qui tendaient leurs bras à l’occident pour vivre en paix et en harmonie..., à son retour à sa table où s’attablait entre autres Henry Kissinger, nous raconte-t-il, ce dernier tout en applaudissant l’invité de Time et des américains, lui lance une phrase d’admiration et de soutien : « ton message (discours) est nouveau, je n’ai jamais entendu auparavant quelqu’un prononcer un tel discours dans le monde musulman » et Amr Khaled de répliquer « ce n’est pas mon message, c’est le message du prophète ! ». Amr Khaled savait-il alors que Kissinger a régurgité cette même remarque avec tous ses interlocuteurs arabes et musulmans durant 40 ans ? Sait-il aussi que Kissinger n’était pas là par hasard ? Et que c’est un redoutable recruteur ? Le sioniste number one ! Là où il y a Kissinger et des applaudissements, ça sent toujours le pourri!

   « Reviens à la littérature » disait la mère d’Edward Saïd à son fils[7] de peur de le voir corrompu et vidé de son âme par la bassesse de la politique et des politiciens. « Reviens au social et à l’éducatif et laisse Kissinger et le dialogue des civilisations à de plus grosses pointures » serait mon conseil à Amr Khaled de peur de le voir devenir une de ces vermines dont parle Aline de Diéguez.


[1] Cette année il y a 71 hommes et 29 femmes originaires de 27 pays.

[2] Les lecteurs de Time, majoritairement américains, participent aussi à la sélection.

[3] Ces « Dirigeants et Révolutionnaires » sont : La reine Elisabeth II, le pape Benoît XVI, Tzipi Livni, Oussama Ben Laden, Ayattolah Ali Khamenei, Nancy Pelosi, Angela Merkel, Peter Akinoli, Hillary Clinton, Barack Obama, Arnold Schwarzenegger, Liu Qi, Condoleezza Rice, Omar Hassan al-Bashir, John Roberts, Sonia Gandhi, Raul Castro,  David Petraeus, Hu Jintao, le roi Abdullah, Michael Bloomberg.

[4] Déjà le New York Times avait préparé le terrain le 30 avril 2006, en l’élisant comme « le télévangéliste musulman le plus célèbre et le plus influent du monde ».

[5] D’autres noms me paraissent plus crédibles ; je pense à Muhammad Yunus, Yûsuf Al-Qaradâwî, Hassan Nasrallah, Mohamed El Baradei et tant d’autres.

[6] L’écrivain et journaliste égyptien Fahmy Howeidy avance quelques réponses ou réserves sur cette nomination et certaines initiatives de Amr Khaled voir : Al-Ahram  et Asharq-al-Awsat

[7] Edward W. Saïd : « À contre-voie ». Éditions Le Serpent à Plumes

par Chahid publié dans : Le monde
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Samedi 12 mai 2007

   Quand les Européens débarquent à partir de la fin du XVe siècle sur le continent américain, le sort de ses indigènes est déjà scellé. Les nouveaux venus s’avèreront une calamité pour ces populations. Avec des maladies introduites d’Europe (variole, grippe...), un mode de vie et des produits qui vont très vite dégrader le mode de vie local (armes, alcool...),  une religion imposée par la force de l’épée et une politique de division pour créer des rivalités entre ces tribus afin de les dresser les unes contre les autres, les dizaines de millions d’indigènes (amérindiens) que comptait le continent vont en deux siècles seulement s’anéantir totalement. Les quelques milliers de survivants seront emprisonnés dans des réserves et entourés de murs.[1]

   Tout commence donc par un débarquement, une invasion, un génocide et ça se termine toujours par des murs. La même histoire qu’on retrouve aujourd’hui en Palestine et en Iraq et avec presque les mêmes acteurs. Hérédité et transmission de la méthode aux descendants, obligent.

   L’histoire de l’humanité regorge de murs, de murailles, de fils de fer barbelés, de barricades, de tranchées et de barrières électroniques.[2] Elle regorge aussi de souffrances et d’humiliations subies par des peuples, des hommes et des femmes condamnés à vivre séparés par des murs.

    Rodolfo Graziani fut parmi les pires et grands constructeurs de murs, de réserves et de camps de concentration du dernier siècle. Il a construit le célèbre mur (barrage)  « Reticolato confinario » (270 km de long), aux confins de la Libye et de l'Égypte pour empêcher, dit on, le commerce transfrontalier des armes et du ravitaillement à destination des moudjahiddines libyens. Pour son projet Graziani ordonna la déportation de plus de 200.000 Libyens vers l'ouest. L’exode forcé a duré 3 ans avec des milliers de victimes. Le barrage a porté un coup fatal à la résistance libyenne et à son légendaire chef Omar Al-Mokhtar. Le même barrage a inspiré les autorités militaires françaises pour couper le ravitaillement du FLN depuis les frontières tunisiennes.

   Les américains et les israéliens ont minutieusement étudié cette phase noire de l’impérialisme européen, et en ce moment même le pentagone est en train de réviser le manuel génocidaire et criminel appliqué en Afrique du nord pour mater la résistance et torturer les moudjahiddines.

  Les britanniques sont aussi considérés comme une grande référence en la matière. Leur politique de division menée en Inde et en Irlande est symptomatique. Après s’être aperçus qu’une Inde indépendante et unie risque de devenir une puissance régionale dans les 50 années à venir, les britanniques ont diaboliquement orchestré et alimenté les hostilités et les rivalités entre les communautés musulmanes et hindoues du pays, ce qui va accoucher de la douloureuse division du pays en deux Etats (Inde et Pakistan). L'île d’Irlande fut aussi divisée en deux entités. Dans les deux cas, les deux frères ennemis sont condamnés à tout jamais.

   Les mêmes britanniques et américains se retrouvent aujourd’hui en Iraq avec les mêmes objectifs impérialistes ; il est normal donc qu’ils reproduisent leur savoir-faire en matière de murs et de « diviser pour régner », « Divide ut imperes ». Le désormais fameux mur autour du quartier sunnite d'Adhamiya, n’est en rien différent de celui qui emprisonna autrefois les apaches et les libyens. Comme en Inde, au Maghreb et ailleurs, les américains et les britanniques ne quitteront l’Iraq qu’après l’avoir découpé en plusieurs morceaux ; créant ainsi des frères ennemis sunnites, chiites et kurdes à tout jamais séparés et montés les uns contre les autres.  

  Il est « logique » aussi de constater que le bâtard de ces deux empires impérialistes a reproduit le même mur de la honte en Palestine et la même politique de division (Hamas/Fatah)[3]. Tel père tel fils, dit on !

   La  balkanisation est donc une constante chez les grandes puissances impérialistes. Ça commence un jour par la construction d’un simple mur qui devient ensuite une frontière pour devenir enfin la cause d’une tension régionale marquée de temps en temps par des guerres sanglantes entre des frères ennemis. Le Maghreb arabe en est un exemple triste et révoltant.

  Ces murs, cette décapitation, cette souffrance, cette humiliation et cette injustice me rappellent étrangement, Lavinia fille de Titus[4]. Ses violeurs lui ont coupé les mains et la langue, elle qui était si gracieuse. Titus chagriné et humilié gémit : « Oh muette suppliante, j’apprendrai à t’entendre ». La Palestine et l’Iraq sont décapités, muets et suppliants, apprenons à les entendre.

[1] Parmi les réserves américaines connues on peut citer celles de Chiricahua et de San Carlos réservées aux tribus Apaches.

[2] Voir parmi les plus célèbres murs : « Liste des murs ».

[4] « Titus Andronicus » est une tragédie inoubliable de William Shakespeare.

* La première photo est prise en Palestine par les photographes JR et Marco dans le cadre de leur projet « Face 2 Face ».

** La deuxième photo représente le barrage « Reticolato confinario ». Source : MUSEO VIRTUALE DELLE INTOLLERANZE E DEGLI STERMINI

par Chahid publié dans : Palestine
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Samedi 14 avril 2007

   En choisissant de nommer Paul Wolfowitz à la  tête de la Banque Mondiale en juin 2005[1],  George W. Bush n'avait fait qu'entacher ou contaminer encore une fois une organisation internationale avec un virus néocon. Paul Wolfowitz n'avait pas les qualifications requises pour un tel poste et la Banque Mondiale elle-même subissait une crise profonde et ne pouvait supporter l'incompétence ou l'amateurisme en sciences économiques d'un tel politicien fanatique, enfant du Pentagone.

   Sans cesse, des économistes de renom comme Joseph Stiglitz ont appelé à un  changement fondamental dans la structure, les orientations et la doctrine des institutions financières internationales pour sauver ce qui reste de la soi-disant mondialisation, et aucun d'entre eux n'a pensé un jour à Paul Wolfowitz, l'ancien secrétaire-adjoint à la Défense de l'administration Bush,  comme président. L'homme n'a que faire des préoccupations d'une telle organisation et on ne passe pas du soir au lendemain de l'endoctrinement à la guerre et d'un disciple de Leo Strauss ou d'Albert Wohlstetter, aux questions du développement et de la pauvreté dans le monde.

   Chose faite malheureusement et pour les raisons que vous connaissez certainement ; Paul Wolfowitz se comporta alors en Paul Wolfowitz ! Mais le scandale que viennent de révéler certains médias[2] sur son implication dans une affaire de népotisme va certainement -espérons le- précipiter sa chute de la Banque Mondiale mais pas de la scène internationale ; il aura toujours sa place à la Maison Blanche pour raviver encore plus le dogmatisme belliqueux des néoconservateurs et inciter à une guerre contre l'Iran.  

   En attendant, Paul Wolfowitz est actuellement accusé d'avoir favorisé la nomination de sa compagne (petite amie !), responsable de la communication de la Banque Mondiale, au département d'Etat et de lui avoir versé des primes et augmenté le salaire qui dépasse les 193.000 $.[3]

   Devinez qui a dit : « Il faut simplement montrer une détermination à continuer à travailler à l'éradication de la corruption, et pour cela, il faut adopter une méthode d'approche qui consiste à aller étape par étape (...) La corruption existe dans le monde entier, et dans un pays comme le Burundi qui a été confronté à plusieurs années de guerre, ce problème ne va pas être résolu du jour au lendemain » ?

    C'est Paul Wolfowitz lui-même qui l'a déclaré juste il y'a quelques semaines au Burundi et qui se vante de mener une « croisade contre la corruption » dans le monde alors qu'il est trempé jusqu'au cou dans la corruption ! Vous avez tout compris, c'est un néocon fidèle à lui-même et à son président Bush !

[1] L'usage veut que la présidence de la Banque Mondiale va aux américains et celle du Fonds Monétaire International aux européens. Et oui !

[2] Le Washington Post, Le Financial Times, The Independent, The Guardian etc.

[3] Un salaire qui dépasse même celui de Condoleezza Rice ! Voir Neocons and nepotism? Sex, money & the fall of Wolfowitz. By Rupert Cornwell   

par Chahid publié dans : La bêtise humaine
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