« De même que tout royaume divisé est bientôt défait, toute intelligence qui se
divise en plusieurs études différentes s'embrouille et s'affaiblit. » Léonard de Vinci
Notons d’abord que les américano-sionistes ont réussi comme d’habitude à faire éclipser la souffrance des palestiniens par ces événements tristes et préconçus à la Maison
Blanche et à Tel-Aviv. Nous sommes à la veille de la commémoration de la Nakba, et voilà qu’on nous invite à assister en direct aux prémices d’une Nakba libanaise.
Notons aussi que les derniers accrochages entre les partisans de l’« Opposition » et de la
« Majorité » à Beyrouth ne doivent surtout pas être interprétés et présentés comme le font certains médias occidentaux (Le Monde et le Figaro notamment) comme une
« guerre » entre sunnites et chiites. Saad Hariri ne représente en aucun cas les sunnites[1]
au Liban, et Sayyed Hassan Nasrallah ne devrait pas prétendre représenter les chiites[2].
Il y’a une crise politique comme partout dans le monde. La seule différence c’est que les enjeux régionaux et internationaux de cette crise dépassent de loin le Liban et ses citoyens. Il y a trop
de manipulateurs associés d’une façon ou d’une autre à la destinée de ce petit pays : syriens, américains, israéliens, français, iraniens, saoudiens, égyptiens etc. Ce sont ces maudits
accords de Sykes-Picot doublés de cette maudite déclaration Balfour qu’il faut blâmer et faire disparaître. Sunnites et chiites
ont le même défi à relever et le même combat à mener : la libération de la Palestine.[3]
Le Hezbollah vient donc d’être piégé dans des événements qui vont bientôt le dépasser. Il ne les a pas provoqués et il ne fait qu’improviser pour anticiper ce qui va venir. Le remake de Gaza.
Quelque chose de louche se trame contre le Liban. Le Liban de toutes les communautés et confessions.
Pourquoi toute cette crise du réseau de communication
provoquée par Walid Joumblatt [4],
ce vieux renard criminel, juste après l’assassinat d’Imad Mughniyah et à la veille de la commémoration de la Nakba ?
Il me semble que la première cible est avant tout l’armée libanaise qui risque d’éclater à
tout moment en trois ou quatre « petites armées »… ce qui annoncerait la vraie guerre civile cette fois-ci.
L’armée libanaise qui donne l’impression d’être neutre ou impuissante, n’est pas faite pour ce genre d’événements. Elle est composée de toutes
les communautés et n’est censée intervenir « rigoureusement » que contre un « ennemi » étranger, voire commun.
Si l’armée libanaise éclate, c’est la guerre civile à coup sûr. Voilà ce qu’il faut comprendre de cette crise. Déjà on entend le
« grognement » des officiers des trois grandes communautés qui la composent.
Le Hezbollah sait donc très bien combien il est vital d’« esquiver » l’armée libanaise pour ne pas la faire éclater en mille morceaux. C’est une armée très fragile
mais qui symbolise la chose la plus précieuse aujourd’hui au Liban : l’unité.
[1] Hors Califat, la tradition sunnite rejette le concept de clergé et généralement celui de leader politique.
[2] Certaines notabilités chiites au Liban comme Mohammad Hussein Fadlallah rejettent la Wilayat al-Faqih tout en gardant une certaine connexion avec les Ayatollahs iraniens, contrairement à Sayyed Hassan Nasrallah et son parti le Hezbollah qui ne cachent par leur totale allégeance à l’actuel guide iranien Ali Khamenei d’où la méfiance des autres communautés au Liban, mais c’est une réalité qui me parait surmontable du point de vue politique.
[3] Saad Hariri ne devrait pas s’allier aux assassins des réfugiés palestiniens au Liban, et Sayyed Hassan Nasrallah ne devrait pas s’allier aux assassins des réfugiés palestiniens en Iraq.
[4] Il est triste de constater comment un représentant du PS français, Karim Pakzad, a allumé la braise de cette crise.
© Crédit photos : La première photo représente des membres de l’armée libanaise en décembre 1975 quelques mois après l’éclatement de la guerre civile. Photo by Keystone/Hulton Archive/Getty Images.
Photo de Walid Joumblatt by EPA
La dernière photo by Reuters représente un enfant libanais arborant une tenue militaire à la mémoire de son père mort à Jounieh.
chahidllive@yahoo.fr









































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