« Partout les armées ont attiré d'autant plus la guerre et les maux qui l'accompagnent, qu'elles
ont été plus redoutables : il n'en est aucune qui ait préservé son pays d'une invasion. Le vieux proverbe, si vis pacem, para bellum, était bon chez les anciens, où la force décidait tout ; il
n'est plus chez les modernes l'expression de la vérité : de grands préparatifs de guerre mènent toujours à la guerre. » J-B. Say
Enfant, j’ai été profondément secoué par une scène du film
« Omar Al Mokhtar, le Lion du désert » du regretté Moustapha Akkad. Omar Al-Mokhtar était invité à des pourparlers avec les italiens sous une tente dans le désert libyen…, à la fin, remarquant que les italiens
n’étaient pas sérieux, il leur lança « vous ne voulez pas la paix, mais le temps ! ». Effectivement, Graziani
avait organisé ces pourparlers pour immobiliser temporairement la résistance libyenne le même jour où il devait faire débarquer toute une armée avec un équipement moderne qui allait par la suite
permettre la capture de Cheikh Al-Moudjahiddines Omar Al-Mokhtar et sa pendaison. Depuis, je suis allergique à de tels pourparlers.
Annapolis, en plus de garantir du temps aux américano-sionistes, n’est qu’une campagne malheureuse de marketing pour maquiller la
laideur de l’administration Bush et du gouvernement Olmert face à leur opinion publique.[1]
Le célèbre et controversé journaliste égyptien, Mohamed Hassanein
Heikal [2] s’est demandé un jour « qu’avons-nous arabes récolté de notre
soutien aux américains ? Notre alliance avec les américains est un leurre, chaque fois qu’une administration américaine a besoin de se racheter devant son opinion publique, elle appelle les
arabes à la soutenir, et chaque fois, les américains pour les remercier courent soutenir encore plus les israéliens ». Si je me rappelle bien, il a employé l’expression « des
handicapés qui vont au secours des malades ». Sur la question iranienne[3], Heikal trouve que les arabes ont toutes les raisons pour s’inquiéter des américains, mais jamais des
iraniens qui doivent être nos vrais alliés.
Aujourd’hui, même après le dernier rapport à décharge, les américano-sionistes et leurs vassaux européens maintiennent leur rhétorique guerrière contre l’Iran, car ils n’ont pas vraiment peur de la
bombe iranienne, mais plutôt de « l’exemple iranien » et de son influence sur les pays ou brebis du Moyen Orient. Les arabes du golf ont pris la mauvaise habitude de ramper et de faire
ramper leurs citoyens pour préserver leur mode de vie rempli d’objets insignifiants et de tours sans horizons.
Haïm Nahman Bialik, un poète sioniste a écrit « Satan lui-même ne saurait venger le sang d’un petit enfant »,
oui, et le sang du petit enfant palestinien, libanais, iraquien, afghan… ? Qui devrait le venger ? Annapolis ? Voyons !
« Si vis pacem, para bellum » (Si tu veux la paix, prépare-toi à la guerre.) ne cessent de tambouriner les faucons
américains et israéliens. Une doctrine barbare et menaçante que les arabes semblent ne pas vouloir comprendre. Celui qui prépare la guerre, qui prépare des bataillons, des flottes aériennes et
navales, prépare l’invasion et les croisades, la « paix » n’est qu’un stratagème
de plus. La machine de guerre est un monstre froid[4] qui ne peut connaître la « paix ».
Ceux avec qui vous voulez faire la « paix » sont installés comme le décrit Aline de
Diéguez dans un bocal qui recèle un cadavre ; « Le bocal dans lequel ils se sont installés n'est qu'un appendice d'une armée pléthorique , équipée d'un matériel ultramoderne au
service de tous les moyens existants sur la terre de tuer, de blesser, d'abattre, d'assassiner , de près, de loin, directement, indirectement, à partir de la terre, à partir de la mer , à partir
du ciel, de jour , de nuit, avec des drones, avec des robots, des tanks, des missiles, des kalachnikovs, avec des gaz et même avec des couteaux, des battes de base-ball ou des matraques. Dans le
même temps, ils proclament urbi et orbi qu'ils sont menacés d'un nouveau génocide et que des ennemis pervers complotent contre eux un nouvel holocauste ».[5]
Mes chers
arabes, soit on continue de parler de « paix » et on laisse les sionistes gommer la Palestine [6] et l’empire nous atomiser, soit on arrête de courir vers des horizons ou chimères que tracent nos sanguinaires bourreaux américains et
israéliens, car comme l’a si bien écrit un jour Antoine de Saint-Exupéry « les horizons vers lesquels nous avons couru, se sont éteints l’un après l’autre, comme ces insectes qui perdent
leurs couleurs une fois pris au piège des mains tièdes. ».[7]
[1] Pour une des premières conséquences d’Annapolis,
l'administration israélienne vient de lancer un appel d'offres pour la construction de 307 nouveaux logements dans la colonie de Har Homa. Les Gazaouis quant à eux, s’attendent au
pire.
[2] Lors d’un épisode d’une série d’Al-Jazeera intitulée « Avec Heikal ».
[4] Nietzsche parlait de l’Etat, de l’administration
etc.
[5] Lire l’excellent
texte d’Aline de Diéguez : Israël et son cadavre
[6] Tout en se posant la question « Comment faire disparaître ce cadavre encombrant
sans que les voisins s'en aperçoivent ? COMMENT SE DEBARRASSER DES PALESTINIENS ? ». Voir Aline de Diéguez op.cit
[7]Antoine de Saint-Exupéry : Terre des hommes.
Gallimard 1939.
par Chahid
publié dans :
Palestine
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