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« Et voilà pourquoi Israël et ses acolytes, les tortionnaires américains et européens, attendent que les Palestiniens "déchiffrent avec leurs plaies" les mots SOUMISSION et CAPITULATION que la machine grave dans leur chair en lettres de sang » Aline de Diéguez
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« Quand je désespère, je me souviens qu'à travers toute l'histoire, les chemins de la vérité et de l'amour ont toujours triomphé. Il y a eu des tyrans et des meurtriers, et parfois ils ont semblé invincibles, mais à la fin, ils sont toujours tombés. Pensez toujours à cela.» Gandhi
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 « They call all resistance "terrorism"» Edward W. Saïd
pal31.jpg« Face à l'expansion guerrière d'un empire, il n'y a que deux logiques possibles : celle de la soumission et celle du combat. L'existence même du joug de l'OTAN frappe la civilisation européenne de déshérence (…) Platon explique dans la République qu'une génération vaincue engendre nécessairement deux générations d'aveugles, mais que la troisième se réveille non moins nécessairement» Manuel de Diéguez
 
65602261-1.jpg« Alors quittez notre Terre / Nos rivages, notre mer/ Notre blé, notre sel, notre blessure » Mahmoud Darwish
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boyvstank-1.jpg«
On peut couper les roses, mais on ne peut empêcher le printemps d’arriver » Pablo Neruda
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image001-copie-1.gifpalgrandp_re-1.jpg« La mémoire dans le contexte humiliant que vit le monde arabo-musulman en particulier est l’arme la plus efficace pour consolider le passé, comprendre le présent et construire le futur. » Mahdi ELMANDJRA
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Big Brother Is Watching Us  

Grand Frère Nous Regarde



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« Prévenir la trahison, débusquer le faux ami, le jaloux parent, le traître avant qu'il inocule son venin est une opération aussi complexe que de nettoyer l'anus d'une hyène. » Ahmadou Kourouma 
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Mardi 1 avril 2008

     « Je considère qu’il ne s’agit que d’une occasion de propagande, dans laquelle Israël va s’exposer comme un Etat qui a une culture, des poètes, et en cachant qu’en ce moment même il est en train d’accomplir de terribles crimes contre l’humanité. Le président Shimon Pérès lui-même, responsable du massacre à Kfar Kana (Liban) il y a dix ans, y participera. Pour moi il aurait été impossible d’aller lire mes textes à Paris ». Aaron Shabtai, Poète israélien[1].

      Tahar Ben Jelloun, dit « écrivain », n’a donc pas boycotté le Salon du Livre de Paris. Il est même allé jusqu’à traiter les autres de « stupides » et parlé de « criminalité intellectuelle » etc. Je me demande d’ailleurs qui a pu souffler le mot « stupide » à tous ces soi-disant intellectuels « arabes », majoritairement maghrébins. De Tahar Ben Jelloun, à Boualem Sansal[2], sans oublier les autres[3], le même refrain revient indécemment. Et que dire des « potes » à Pierre Assouline, Abdelwahab Meddeb et Malek Chebez ou Chebel ! Je pense aussi à Soheib Bencheikh pour compléter ce formidable « Israel Big Band », pourquoi pas finalement, il nous trouvera à coup sûr un verset du Coran qui interdit le boycott d’Israël !

    Ils ont choisi la « carotte », et l’empire les trouve « bons, modérés et sages », ou comme le dit le regretté Edward Saïd « Les seuls " bons " Arabes sont ceux qui viennent à la télévision dénigrer sans aucune réserve la société et la culture arabes modernes. Je garde le souvenir de la platitude de leurs phrases, car, n’ayant rien à dire de positif sur eux-mêmes, leur peuple ou leur langue, ils ne font que régurgiter les formules américaines fatiguées qui saturent déjà les ondes et les pages. Nous n’avons pas la démocratie, disent-ils, nous n’avons pas assez contesté l’Islam, nous devons faire davantage pour chasser le spectre du nationalisme arabe et le credo de l’unité arabe ; ce sont des âneries idéologiques discréditées ; la seule vérité, c’est que ce nous et nos instructeurs américains disons sur les Arabes et l’Islam (de vagues clichés orientalistes recyclés, tels ceux que répète un inlassable médiocre comme Bernard Lewis) ; le reste n’est pas réaliste, pas pragmatique ; "nous" devons rejoindre la modernité, et la modernité c’est l’Occident, la mondialisation, le libre marché, la démocratie -quelque sens qu’on puisse donner à ces mots (si j’avais le temps, j’écrirais un essai stylistique sur la prose de gens comme Ajami, Gerges, Makiya, Talhami, Fandy, et all., universitaires dont la langue même sue la servilité, l’inauthenticité, la rigidité désespérément mimétique du masque qu’on a jeté sur leur visage) »[4].
    Le poète arabe Muzaffar Al-Nawab, bête noire des régimes arabes, ne ménage ni chefs d’Etat ni intellectuels arabes quand il leur lance dans son célèbre poème « Jerusalem is Arab Nationalism’s Bride », mon préféré, « Combien nous sommes sales, mais nous persévérons quand même ».
    Croire qu’une telle initiative était « innocente » relève de la vraie « stupidité » intellectuelle cette fois-ci, vouloir le faire croire aux autres relève de la criminalité intellectuelle. Célébrer l’existence d’un Etat criminel, c’est être criminel soi-même.
    Etant arabe, je n’irai pas jusqu’à m’ingérer dans la liberté des écrivains étrangers d’avoir soutenu ou boycotté ce salon sans succès il faut le dire quand même, par contre le comportement de tout « intellectuel » arabe, honnête ou malhonnête soit-il, m’intéresse inévitablement, partant de l’adage « Dieu protège moi des miens (ou amis), mes  ennemis, je m’en occupe ».   
    Certains « intellectuels » arabes ont assez sévi comme ça. Et comme par hasard, ils sont toujours les mêmes à se bousculer pour saboter tout engagement militant en faveur de la Palestine ou des causes arabes en général. Mais détrompez-vous, quand la Palestine est à l’honneur quelque part, et c’est malheureusement rare, ils sont les premiers à venir prétendre soutenir son combat pour la libération. Quand le label « Palestine » ou « arabe » est gagnant, ils sont les premiers à y associer leurs noms. La dernière Foire internationale de livre de Riyad du 27 février a vu défiler bien des tartuffes. On ne va jamais à Riyad sans « but lucratif » devrais-je le rappeler. Et pour Paris alors ?

    Les vrais intellectuels comme Ilan Pappé [5], John Berger[6] ou Aaron Shabtaï[7] etc., ont brillé par leur prise de position remarquable et à saluer. L’historien Ilan Pappé, sous pression et intimidation sionistes, a d’ailleurs quitté Israël pour s’installer en Angleterre[8]. C’est dire combien cet intellectuel juif s’entête à être honnête dans un monde de malhonnêtes.
    Quant à Tahar Ben Jelloun, dit « marocain », « français » ou « franco-marocain » selon les vents qui soufflent,  j’aimerais lui dire, Cher Monsieur au lieu de se livrer à du « sarcasme intestin » et traiter Tariq Ramadan[9] d’« ancien conseiller de Tony Blair »[10] , balayez d’abord devant votre porte, si votre ex-« bonne » marocaine «Fatna » ne le fait plus pour vous. Cher Monsieur, je n’aime absolument pas me vanter de quoi que ce soit, mais là permettez moi de me vanter de n’avoir jamais lu un seul de vos « livres » ; gaspiller mon argent, ah non ! Si vous continuez à fréquenter le café Hafa à Tanger, je le boycotte à tout jamais.
    Une petite question enfin pour vous Cher Monsieur Tahar Ben Jelloun «Prix Goncourt » ou « Kangourou » comme je l’appelais enfant, ça faisait marrer mon père qui lui aussi n’avait jamais touché à un seul de vos « livres »…, bref, confondez-vous « boycott » et « boycotte » ? Dans le titre, le sous-titre et le développement de votre texte vous avez écrit « le boycotte » huit fois, erreur de frappe ? C’est trop quand même. Texte écrit à la hâte ? Je suis d’accord !
    Ilan Pappé dans sa lettre de boycottage pensait que les agressions génocidaires récentes d’Israël contre la bande de Gaza devaient amener ces « intellectuels » réticents à se joindre à leurs collègues écrivains et artistes progressistes, Palestiniens et Arabes. Et ben NON ! Judas n’est pas le premier ou le dernier lâche et traître cher  Ilan Pappé.
    Rosie Pinhas-Delpuech, traductrice et directrice de la collection "Lettres hébraïques" chez Actes Sud, apparemment irritée par le boycottage, avait déclaré « Les gens qui boycottent ne savent pas ce qu’ils boycottent. » !!! Tiens, tiens, et les gens qui ne boycottent pas savent-ils au moins ce qu’ils ne boycottent pas ?!
    Enfin, un petit mot sur Paris la Cité, Paris la Culture, Paris le Livre, Paris le Foyer... Paris ressemble de plus en plus à une rose qui se fane jour après jour entre les mains des néocons et des sionistes. Quelqu’un pourrait-il arrêter cette hémorragie ?
Une nouvelle « génération de la liberté » peut-être ![11]


[1] Lire Aaron Shabtai : « C’est de la propagande : c’est pour ça que je ne serai pas au Salon du livre de Paris »
[2] Boualem Sansal  nous dit-on devait présenter « son livre "Le Village de l'Allemand" qui raconte la Shoah au public arabe »…hum… «Boualem » veut dire en dialecte maghrébin « celui qui porte un drapeau »…reste à savoir quel drapeau porte monsieur Sansal ?! Sûrement pas le drapeau algérien, sinon il aurait dû raconter au public français la Shoah algérienne d’un million de martyrs !
[3] Les marocains Fouad Laroui et Youssef Jebri, l’égyptien Gamal Ghitani, les libanais Hoda Barakat et Charif Majdalani, l’algérienne Maïssa Bey etc. etc.
[4]
Edward Saïd : « An unacceptable helplessness ». Al-Ahram Weekly
[5] Voir le site de l’historien Ilan Pappé
[6] John Berger est aussi l’auteur de la célèbre Lettre  de boycott culturel d'Israël.
[7]
La déclaration retentissante du poète israélien Aaron Shabtaï, « Je ne pense pas qu'un Etat qui maintient une occupation, en commettant quotidiennement des crimes contre des civils, mérite d'être invité à quelque semaine culturelle que ce soit. Ceci est anticulturel. » restera dans les annales de l’anticolonialisme.
[8]
Lire Michele Giogio : « Ilan Pappé : je quitte Israël ».
[9] Lire Tariq Ramadan : « Israël, le sens d’un boycott : il s’agit de ne pas nous taire ! »
[10] Voir Tahar Ben Jelloun : « Boycotte du salon du livre de Turin : une campagne stupide ». 
[11]
Lire les LETTRES A LA GENERATION DE LA LIBERTE du philosophe Manuel de Diéguez.
© Crédit Photos: Puppets by Steve Baccon --- Edward Saïd by Antoun Albert --- Ilan Pappé by M-A Patrizio
par Chahid publié dans : Palestine
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Commentaires

quelle joie de t'écrire le premier commentaire chahib pour te dire de toute façon tu ne me surprends plus, cet article est aussi mauvais que les autres!
tu bénéficieras des encouragements de tes dhimmis, ils sont là pour cette raison les dhimmis, pas vrai!
jean
commentaire n° : 1 posté par : jean le: 01/04/2008 22:46:34
si t'as des problèmes avec tes intellectuels arabes, pourquoi meler israel dans toutes ces histoires?
les français célèbrent israel car ils aiment israel
vot sale linge lavez le loin de chez nous et loin d'israel!
jean
commentaire n° : 2 posté par : jean le: 01/04/2008 22:52:26

Boycotter le salon du livre est d'une bêtise rare !

C’est une catastrophe, un malheur et une malédiction qui viennent de s’abattre sur la culture universelle : Le sultanat d’Oman, l’Arabie Saoudite, l’Iran, le Yémen ainsi que d’autres pays arabo-musulmans boycottent le salon du livre de Paris. Le public français n’aura donc pas l’occasion d’apprécier les grandes œuvres littéraires produites par ces pays. Quel dommage !

Naturellement, c'est pour rire - parce qu'il vaut mieux en rire qu'en pleurer - que j'écris ce qui précède. Quand on connaît l'apport des intellectuels iraniens version Ahmadinejad ou celui des Saoudiens abreuvés au Wahabbisme ou encore celui des intellectuels algériens sympathisants de Bouteflika, on ne peut que se réjouir de l'absence de ces pays. Si j'avais ce pouvoir, j'aurais fait d'Israël l'invité d'honneur chaque année, juste pour constater l'absence des représentants de ces ennemis de la démocratie dans les couloirs du salon.

Mohamed Sifaoui

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commentaire n° : 3 posté par : MS le: 01/04/2008 23:08:16

Ces pays – dont les dirigeants boycottent par ailleurs la démocratie, les droits de l’Homme, l’intelligence, le travail, l’honnêteté, le respect de leurs administrés, le bon sens, la bonne gouvernance, etc – ont décidé d’adopter cette attitude pour protester contre le « titre d’invité d’honneur accordé à Israël » par les organisateurs du salon.

Pour dire – et écrire – les choses sérieusement, je pense que le boycott de cette manifestation est tout simplement ridicule. D’autant plus ridicule qu’il intervient dans un contexte où le dialogue, l’échange et les rencontres doivent prévaloir sur la politique de la chaise vide prônée d’ailleurs par les États arabes depuis des lustres. Pensent-ils sérieusement qu’en adoptant une telle attitude, ils vont faire avancer la cause palestinienne et amener Israël à revoir sa politique ? Ces dirigeants arabes ont toujours préféré la posture à la politique. D’ailleurs savent-ils faire autre chose qu’adopter des postures ?

Mohamed Sifaoui

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commentaire n° : 4 posté par : MS le: 01/04/2008 23:09:58

Je ne cautionne pas la politique israélienne – et notamment celle qui préconise exclusivement l’approche militaire pour lutter contre les assassins barbares du Hamas et des autres groupes terroristes – mais je pense que le terrorisme qui frappe ce pays ne diffère en rien – dans la forme et dans le fond – à celui qui sévit en Algérie, en Égypte ou au Maroc. Le Hamas, nourrit par cette idéologie fasciste qu’est le salafisme, soutenu par des États islamo-fascistes comme l’Iran doit être combattu avec la plus grande fermeté. Un pays comme le Maroc, par exemple, ne peut pas applaudir au terrorisme version Hamas quand celui-ci sévit à Tel Aviv et combattre celui d’Al-Qaïda dans les pays du Maghreb lorsqu’il sévit à Rabat. Les deux terrorismes sont alimentés par la même idéologie nihiliste et visent des objectifs similaires : destruction de l’État d’Israël pour l’un, désintégration du Maroc (et des autres pays musulmans) en tant qu’État pour l’autre afin de l’intégrer dans une oumma qui s’étendrait de Casablanca à Djakarta.

En étant cohérent, on ne peut pas reprocher à Israël de lutter contre les barbares du Hamas quand on sait que tous les pays doivent lutter contre le terrorisme islamiste. Ce qu’il faut reprocher à Israël, c’est la méthode.

Mohamed Sifaoui

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commentaire n° : 5 posté par : MS le: 01/04/2008 23:10:46

En effet, on ne lutte pas contre le Hamas – ou contre une autre organisation terroriste – en bombardant des civils. On ne lutte pas contre le Hamas en causant la mort de nourrissons. Et on ne lutte pas contre le Hamas en le rendant, de facto, plus populaire et donc en le consacrant indirectement comme le « résistant » crédible et le défenseur exclusif de la cause palestinienne tout en affaiblissant l’Autorité de Mahmoud Abbas. La méthode choisie par l’armée israélienne doit être condamnée parce qu’elle est dangereuse dans le sens où elle fragilise les démocrates arabo-musulmans qui se battent pour une solution négociée et une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens. Cette méthode doit être condamnée parce qu’elle n’est pas digne d’un État de droit ni digne d’un État démocratique. Israël a le droit de se défendre mais pas en usant et en abusant d’avions de chasse pour larguer des missiles sur des zones habitées par des civils.

Mohamed Sifaoui

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commentaire n° : 6 posté par : MS le: 01/04/2008 23:11:20

Le sang froid et la maîtrise de soi doivent prévaloir sur les réactions intempestives. Lorsqu’un État se rabaisse à utiliser la loi du talion contre une vulgaire organisation terroriste, il prend le risque de bafouer ses propres valeurs et de légitimer l’action des assassins. Les Israéliens sont conscients mais se laissent entraîner quand même dans ce piège tendu par le Hamas dont les membres, nous le savons, se cachent lâchement parmi les civils pour justement pousser Israël à commettre l’irréparable et frapper sans distinction civils et terroristes. Le bombardement acharné ne sert pas le processus de paix, n’affaiblit pas les terroristes mais sanctionne lourdement des populations civils qui, en plus des privations dues à l’embargo et des vexations quotidiennes au niveau des cheek point, doivent subir le sang et les larmes. Israël n’a pas compris qu’elle facilite ainsi l’action des sergents recruteurs du Hamas et, au-delà, celle des idéologues de l’islamisme internationale. Des rencontres lors du salon du livre auraient permis de débattre avec les intellectuels israéliens de ces questions.

 Mohamed Sifaoui

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commentaire n° : 7 posté par : MS le: 01/04/2008 23:12:43

Je trouve que la décision des pays arabes est tout simplement lâche et certainement improductive. J’aurais en effet préféré que ces pays donnent l’occasion à leurs intellectuels et à leurs écrivains de débattre avec leurs confrères israéliens, de les rencontrer et d’échanger, y compris de polémiquer – pourquoi pas – avec eux.

Mais au final, je finis par croire qu’en réalité les dirigeants arabo-musulmans n’ont aucun intérêt à voir le conflit israélo-palestinien se résoudre. Le faire perdurer sert – quoi qu’on en dise – leurs intérêts étroits et occupent leurs sociétés. En utilisant ce conflit comme abcès de fixation, ils s’assurent au moins que ces dernières n’auront pas l’esprit suffisamment libre pour revendiquer une meilleure gouvernance.

 Mohamed Sifaoui

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commentaire n° : 8 posté par : MS le: 01/04/2008 23:13:42

QU'EST-CE QUE L'ANTISEMITISME ARABE ?

Par Menahem Milson, professeur émérite de l'université de Jérusalem et conseiller au MEMRI.
 

La résurgence de l'antisémitisme ces dernières années, en France comme ailleurs en Europe, a permis de comprendre que l'antisémitisme, que l'on croyait en déclin depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale, menace une fois de plus les Juifs. Cet antisémitisme récent comporte, toutefois, deux spécificités : (a) les positions anti-juives sont présentées comme une juste réaction à la conduite d'Israël dans le conflit qui l'oppose aux Palestiniens ; (b) ce sont les médias arabes qui génèrent la majeure partie de la propagande anti-juive. Voilà qui pose le problème de la particularité de l'antisémitisme arabe, qui se distingue des attitudes musulmanes à l'égard des Juifs et du judaïsme antérieures à l'ère moderne. Ces deux caractéristiques, qui interagissent l'une sur l'autre de diverses façons, sont toutefois nées dans des contextes historiques totalement différents et doivent donc être considérées séparément.

commentaire n° : 9 posté par : YOB le: 01/04/2008 23:34:44

Il est en effet malheureux que le statut des Juifs - considérés comme une minorité tolérée dans le monde musulman avant l'avènement du sionisme, soit devenu, pour les Juifs comme pour les Arabes, un argument essentiel de ralliement de l'opinion publique à leurs positions respectives. Le profane se sent souvent perdu face aux arguments des uns et des autres. D'un côté, il entend dire que les Juifs (et les chrétiens) bénéficient du statut de minorité protégée sous l'islam et que les Juifs de l'Espagne musulmane ont connu un Age d'or de paix et de prospérité. De l'autre, il entend dire que les Juifs et les chrétiens ne sont pas égaux aux musulmans face à la loi et n'ont jamais été plus que des citoyens de seconde classe. Ces versions contradictoires ont été replacées dans leur contexte par la plume équilibrée de Bernard Lewis : "Même à son sommet, l'islam médiéval était assez différent de l'image qu'en donne Disraeli et d'autres écrivains romantiques. L'Age d'or de l'égalité des droits est un mythe, et la croyance en l'existence d'un tel Age d'or est le résultat, plutôt que la cause, de la sympathie des Juifs pour l'islam. Ce mythe a été créé par les Juifs d'Europe au 19ème siècle comme un reproche fait aux chrétiens – puis repris à notre époque par les musulmans comme un reproche aux Juifs".

 

Comme la plupart des mythes puissants, cette histoire contient un élément de vérité historique. Si la tolérance signifie l'absence de persécution, alors on peut en effet dire que la société islamique classique était tolérante à l'égard de ses sujets juifs et chrétiens – plus tolérante peut-être en Espagne qu'à l'Est, et dans ces deux régions, incomparablement plus tolérante que le christianisme médiéval. Mais si la tolérance signifie l'absence de discrimination, l'islam n'a jamais été, ni prétendu être tolérant, insistant au contraire sur la supériorité du véritable croyant dans ce monde et dans le monde à venir. (1)

commentaire n° : 10 posté par : YOB le: 01/04/2008 23:36:20

L'analyse suivante se limite au sujet de l'antisémitisme arabe comme phénomène médiatique contemporain ; nous évitons délibérément d'aborder le sujet de l'attitude des musulmans à l'égard des Juifs et du judaïsme avant l'ère moderne. Cela ne signifie toutefois pas que je sous-estime les effets d'une tradition vieille de plusieurs centaines d'années : comme on peut s'y attendre, les stéréotypes du Juif hérités de l'islam médiéval alimentent la réaction arabe au sionisme et à Israël.

Pour illustrer ce point, voici le témoignage d'un témoin des plus fiables : le grand historien du 14ème siècle Ibn Khaldun. Dans l'un des chapitres les moins bien connus de sa célèbre Muqaddima ("Introduction à l'étude de l'histoire"), portant sur les principes de l'éducation, Ibn Khaldun met en garde ses lecteurs contre une discipline trop sévère et le recours au châtiment corporel des enfants, susceptibles, selon lui, de provoquer des dégâts moraux : "Une éducation sévère brise l'esprit des jeunes ; elle supprime la vertu et engendre des traits de caractères négatifs tels que la propension au mensonge et la fourberie (khubth)." "L'effet nuisible des restrictions sévères et de l'oppression," soutient Ibn Khaldun, "est visible non seulement sur les individus, mais aussi sur les groupes. Cela," affirme-t-il, apparaît clairement chez les Juifs, qui sont "connus partout pour leur bassesse et leur fourberie." (2)

Ce dernier commentaire nous en apprend beaucoup sur l'image des Juifs dans l'islam médiéval, d'autant plus qu'il est rapporté par Ibn Khaldun pour illustrer un sujet extérieur à la question juive: dans ce chapitre, Ibn Khaldun ne cherche pas à informer ses lecteurs sur les Juifs ; il se contente de rapporter ce qui est considéré comme un fait bien connu. C'est précisément parce qu'Ibn Khaldun ne doute aucunement du fait qu'en tout lieu, les Juifs soient considérés comme vils et fourbes, qu'il peut aisément se servir de leur image pour illustrer son propos.

commentaire n° : 11 posté par : YOB le: 01/04/2008 23:37:44

Cela me rappelle une anecdote personnelle : en juin 1979, je me trouvais au Caire, à l'occasion d'une visite toute particulière, puisque j'avais été invité par le président Sadate [ndlr : le professeur et colonel Milson fut l'aide de camp de Sadate lors de sa visite en Israël]. J'étais descendu à l'hôtel Shepheard; or personne à l'hôtel ne savait que j'étais israélien, hormis bien sûr le directeur de l'hôtel et les standardistes, pour des raisons évidentes.

Au petit déjeuner, une hôtesse me demanda d'où je venais ; je lui répondis "d'Israël". Mais elle ne voulut pas me croire, affirmant : "Non, vous vous payez ma tête, vous êtes jordanien" Elle imagina aussi que je pouvais être libanais ou libyen, mais ne parvenait pas à croire que je puisse être israélien. Elle expliqua : "Je connais les Israéliens ; nous avons reçu un grand nombre d'Israéliens. Je sais reconnaître les Israéliens" . Cela m'intrigua. Je lui demandai : "Et à quoi les reconnaissez-vous ?" "Eh bien, dit-elle, ils ont un regard fourbe typique". Cette remarque me frappa: cette hôtesse, décrivant les Israéliens, employait précisément le terme "fourbe", adjectif qui avait été employé six siècles plus tôt par Ibn Khaldun pour qualifier les Juifs.

Je voudrais souligner que mon intention n'est pas ici de faire d'Ibn Khaldun un anti-Juif. Il ne l'était certainement pas : quand il évoque les Juifs dans sa Muqaddima (ou dans ses autres ouvrages), comme il le fait de temps à autres pour dresser des comparaisons historiques, il en parle de façon parfaitement objective, sans manifester le moindre antagonisme. S'agissant de l'exemple cité plus haut, on y discerne d'ailleurs une touche de compassion pour les Juifs "opprimés". Je n'ai pas non plus l'intention d'accuser d'antisémitisme l'amicale hôtesse égyptienne. Le seul but de ces exemples est de montrer que les stéréotypes ont la vie dure.

commentaire n° : 12 posté par : YOB le: 01/04/2008 23:39:03

L'antisémitisme contemporain dans les médias arabes 

On entend souvent dire que, dans les pays où les médias sont contrôlés par l'Etat, le public tend à développer une saine résistance vis-à-vis de la ligne du parti et à cultiver ses sympathies et ses antipathies indépendamment des médias. Doit-on en conclure que dans les pays arabes, le public, habitué à se méfier des médias officiels, ne tiendrait pas compte des propos antisémites servis par les médias, les reléguant au rang de "propagande officielle (et donc mensongère)" ? Il n'en est rien. L'attitude de l'hôtesse égyptienne de l'hôtel Shepheard au Caire révèle la résistance, par-delà les frontières, de préjugés vieux de centaines d'années, lesquels facilitent l'adoption des images négatives des Juifs et des Israéliens diffusées par les médias.

L'antisémitisme arabe en tant que phénomène idéologique et politique moderne, relayé par les médias, correspond à l'émergence du sionisme et à la naissance de l'Etat souverain d'Israël. La date de parution des publications antisémites en arabe le montre bien : le premier roman arabe aux thèmes clairement antisémites date de 1921 ; en 1925 a paru la première traduction en arabe du Protocole des Sages de Sion. A partir de 1947, on assiste à une augmentation indéniable du nombre de publications antisémites en arabe. Mais ce serait une erreur de limiter l'antisémitisme arabe à une conséquence du conflit israélo-arabe.

Pourquoi ce refus de reconnaître l'existence d'un antisémitisme proprement arabe ? 

Au vu de la quantité de références antisémites contenues dans les publications arabes de toutes sortes du siècle dernier, on ne peut que constater, avec une certaine perplexité, que les universitaires juifs et israéliens les ont tout bonnement ignorées.

Il existe toutefois quelques exceptions (en Israël et ailleurs) : La position arabe dans le conflit israélo-arabe (paru en hébreu en 1968), de Yeoshafat Harkabi, demeure, jusqu'à ce jour, un ouvrage de référence sur le sujet. (3) Harkabi n'a pas hésité à qualifier le phénomène d'antisémitisme. A suivi, en 1971, un article de Bernard Lewis intitulé "Sémites et antisémites" suivi de travaux supplémentaires du même auteur. Rivka Yadlin, Norman Stillman, Bat Yeor et Ron Nettler ont aussi abordé le sujet. Mais ils sont restés des exceptions: l'écrasante majorité des spécialistes du Moyen-Orient, en Israël et ailleurs, ont évité le sujet.

 

J'ai tenté de donner une explication à ce surprenant phénomène: des facteurs psychologiques se mêlent ici aux facteurs politiques et idéologiques. Nous devons garder en mémoire le fait que toute l'entreprise sioniste avait pour but de résoudre le problème de l'antisémitisme. Ainsi, la découverte que la haine à laquelle nous croyions avoir échappé en quittant l'Europe était endémique au Moyen-Orient est un fait que beaucoup ont préféré ignorer ou nier.

Il existe peut-être une autre motivation, plus politique, derrière le refus d'admettre l'existence d'un antisémitisme arabe: la crainte que la révélation de ce sentiment antisémite chez les Arabes ne renforce l'intransigeance politique en Israël et fasse le jeu des groupes politiques opposés à tout compromis territorial. Il faut reconnaître que cette crainte n'est pas sans fondement.

 

Toutefois, ceux qui, comme moi, sont favorables à une politique israélienne allant dans le sens de deux Etats, doivent bien admettre que fermer les yeux sur l'antisémitisme arabe n'est pas seulement une faute intellectuelle; c'est aussi contre-productif sur le plan politique. Nous ne pouvons pas nous permettre d'ignorer l'antisémitisme arabe ; nous nous devons même de l'examiner de près. Il est désolant de constater que l'antisémitisme arabe est devenu, depuis la fin des années 1930, la plus dangereuse forme de haine des Juifs, où que ces derniers se trouvent. Cela est notamment dû à la coopération qui existe entre Arabes antisémites et leurs homologues occidentaux.

commentaire n° : 13 posté par : YOB le: 01/04/2008 23:40:48

Qu'est-ce que l'antisémitisme arabe ?

La définition la plus évidente serait : un sentiment arabe anti-juif, s'exprimant en arabe à l'attention du public arabe. Force est de constater que les antisémites arabes s'adressent toutefois fréquemment aux publics étrangers pour gagner leur soutien.

Quelles sont les caractéristiques de l'antisémitisme arabe ?

Les conclusions suivantes ont été formées sur la base d'une veille médiatique de grande envergure réalisée par le MEMRI, portant sur la presse, des publications arabes, des émissions télévisées, des sermons du vendredi, des ouvrages et des sites Internet.

La propagande arabe anti-juive semble comprendre trois composantes majeures :

a – des opinions anti-juives dérivées de sources islamiques traditionnelles

b – des stéréotypes antisémites, des images et des accusations d'origine européenne et chrétienne

c – Une attitude négationniste, et l'équation de sionisme avec nazisme (également d'origine occidentale, mais son rôle de pivot requiert une attention particulière).

commentaire n° : 14 posté par : YOB le: 01/04/2008 23:42:18

La composante islamique

Des singes et des porcs

Une insulte extrêmement courante adressée aux Juifs, non seulement dans les sermons du vendredi, mais aussi dans les articles politiques, consiste à les qualifier de singes et de porcs, ou de descendants de ces animaux. Cette référence injurieuse se base sur un nombre de versets coraniques selon lesquels certains Juifs auraient été transformés en singes et en porcs par Dieu, pour les punir d'avoir enfreint le shabbat. (4)

Cette injure ne devrait pas être écartée comme une vulgaire insulte, et la croyance selon laquelle les Juifs ont été métamorphosés en singes, en porcs et en d'autres créatures ne devrait pas plus être considérée comme une simple croyance primitive propre à la pensée magique. Le fait de faire allusion de façon récurrente aux Juifs comme à des bêtes méprisables les déshumanise et justifie leur élimination. Voici quelques exemples de l'utilisation de cette injure dans différents contextes.

- Le cheikh saoudien Abd El-Rahman Al-Sudayyis, imam et prédicateur à la mosquée Al-Haram, c'est-à-dire à la mosquée de la Kaaba à la Mecque, Premier lieu saint du monde musulman, a déclaré dans un sermon : "Lisez l'histoire et vous comprendrez que les Juifs d'hier sont les ancêtres malfaisants des Juifs d'aujourd'hui, une descendance malfaisante composée d'infidèles qui déforment les paroles (de Dieu), d'adorateurs du veau, d'assassins des prophètes, de négateurs des prophéties… Le rebut de l'espèce humaine, qu'Allah a maudit et 'dont il a fait des singes et des porcs...' Ainsi sont les Juifs, un continuum d'escroqueries, d'entêtement, de permissivité, de mal et de corruption…" (5)

- Cette image a pénétré la conscience collective, y compris celle des enfants. En mai 2002, Iqraa, la chaîne satellite saoudienne qui, selon son site Internet, s'efforce d' "éclairer les aspects de la culture islamique qui suscitent l'admiration… afin de mettre en avant la véritable image de l'islam - fait de tolérance, et de réfuter les accusations dirigées contre l'islam", a interviewé une "vraie petite musulmane" âgée de trois ans et demi au sujet des Juifs, dans l'émission Magazine féminin musulman. L'animatrice a demandé à la fillette si elle aimait les Juifs. Celle-ci a répondu : "Non." A la question "pourquoi ?", la fillette répond que les Juifs sont des "singes et des porcs". "Qui a dit cela?", demande la présentatrice. "Notre Dieu", répond la fillette. "Où l'a-t-il dit ?" reprend la présentatrice. "Dans le Coran." A la fin de l'entretien, la présentatrice conclut avec satisfaction : "Des parents ne pourraient pas souhaiter qu'Allah leur accorde plus croyante petite fille (…) Qu'Allah la bénisse, ainsi que son père et sa mère." (6)

- Salim Azzouz, chroniqueur pour le quotidien égyptien d'opposition Al-Azzouz, affilié au parti libéral religieux, a ainsi commenté le retrait israélien du Liban en mai 2000 : "Ils se sont enfuis avec seulement la peau sur le dos, comme des porcs. Et pourquoi dire 'comme', quand ce sont effectivement des porcs et des singes?"  

La promesse des pierres et des arbres – Wa'd al-hajar wa-'l-shajar

Un autre thème traditionnel anti-juif très populaire est celui de "la promesse de la pierre et de l'arbre". Une tradition prophétique (hadith) souvent citée affirme que peu avant le Jour du Jugement, les musulmans se battront contre les Juifs et les tueront. Les Juifs se réfugieront derrière des pierres et des arbres, mais ces derniers s'exclameront : "Ô musulman, ô serviteur d'Allah, un Juif se cache derrière moi. Viens le tuer !" Tout récemment, un prédicateur de la plus grande mosquée de Bagdad a cité un hadith à la télévision en brandissant son épée. Son cri "Nous leur couperons la tête !" a mis en transe le public, composé de centaines de personnes.

commentaire n° : 15 posté par : YOB le: 01/04/2008 23:43:59

Eléments occidentaux

L'antisémitisme arabe a adopté tous les mythes antisémites européens, y compris ceux que les antisémites occidentaux ont écartés comme étant trop primitifs. Les exemples le plus évidents sont : l'accusation de crime rituel, le Protocole des Sages de Sion, et l'accusation – assez étrange de la part de musulmans – selon laquelle les Juifs auraient tué Jésus. 

L'accusation de crime rituel

Cette accusation est encore très courante aujourd'hui dans le monde arabe et musulman, jusque dans les journaux gouvernementaux à grand tirage. Certains écrivains rabâchent et recyclent ces accusations bien connues, leur donnant un tour nouveau, comme à celle concernant la festivité juive de Pourim, qui prétend que les Juifs incorporent du sang humain à leurs gâteaux traditionnels. Ces accusations de crimes rituels contenues dans les médias arabes se rencontrent essentiellement dans le contexte de la critique des actions d'Israël contre les Palestiniens. L'une d'elle a incité la Cour suprême de Paris à assigner à comparaître Ibrahim Nafie, directeur du quotidien égyptien Al-Ahram. Nafie a été accusé d'incitation à l'antisémitisme et de violence raciste pour avoir autorisé la publication d'un article intitulé "La matza juive est faite de sang arabe", paru dans le numéro d'Al-Ahram du 28 octobre 2000. L'article a créé un lien entre l'accusation de crime rituel de Damas en 1840 et les opérations israéliennes dans les territoires occupés. (7)  Il est intéressant de constater que les accusations contre Nafie, qui est président de l'union des journalistes arabes, ont suscité une tempête de protestations à travers le monde arabe. Elles ont été qualifiées dans les médias arabes de "terrorisme intellectuel", de "coup porté à la liberté d'expression", d' "attaque sioniste contre la presse égyptienne", d' "extorsion du lobby sioniste de France" et même d' "insulte à l'ensemble de la presse arabe", Ibrahim Nafie étant considéré comme son principal représentant.

Le Protocole des Sages de Sion

Depuis 1927, année de la traduction du Protocole des Sages de Sion en arabe, l'ouvrage a fréquemment servi de référence au discours anti-juif dans le monde arabe, pour appuyer l'hypothèse d'un "complot juif pour contrôler le monde". Dans le monde arabe, nombreux sont les façonneurs d'opinion qui citent ce faux pour montrer comment le prétendu projet juif visant à contrôler le monde, transcrit dans le Protocole, est mis à exécution. Les Juifs sont accusés de recourir à des méthodes sournoises pour atteindre leur but : contrôler l'économie et les médias, corrompre les mœurs et encourager le conflit national et international.

Fin 2002, l'usage du Protocole des Sages de Sion dans les médias arabes a suscité la controverse aux quatre coins du monde, avec la diffusion de la série télévisée égyptienne Cavalier sans monture pendant le Ramadan (novembre-décembre). (8) Au mois de Ramadan 2003, également à une heure de grande écoute, un autre feuilleton a été diffusé, dans le but de salir la réputation des Juifs en "révélant" leurs machinations. La série, produite par la Syrie et intitulée Al-Shatat (Diaspora), prétendait présenter la vie juive en Diaspora et l'émergence du sionisme ; elle était diffusée par la télévision du Hezbollah Al-Manar. Ce feuilleton comportait quelques scènes proprement horribles, telles que celle du meurtre rituel d'un Juif marié à une non-Juive. Le feuilleton montre en outre comment Amschel Rothschild, prétendu fondateur d'un gouvernement juif secret, aurait ordonné à ses fils, sur son lit de mort, d'entamer des guerres et de corrompre le monde pour servir les intérêts financiers et les objectifs politiques des Juifs.

Il est intéressant de noter que les producteurs d'Al-Shatat, conscients du tollé général provoqué par la diffusion de Cavalier sans monture, ont pris la peine de diffuser un démenti au début de chaque épisode, affirmant que la série ne se basait pas sur le fameux Protocole des Sages de Sion mais sur des faits et des recherches historiques, y compris des écrits de Juifs et d'Israéliens.

Quand le Protocole est mentionné dans les médias arabes, il n'est jamais remis en question. De nombreux écrivains arabes sont bien sûr conscients du fait que le Protocole est un faux. Néanmoins, cela ne les empêche généralement pas se servir du Protocole parce que, disent-ils, "peu importe qu'ils rapporte des faits ou relève de la fiction : leurs 'prédictions' se sont en grande partie réalisées."

Voici, à titre d'exemple, un extrait d'article du journaliste libanais Ghassan Tueni : "Si nous ne savions pas que le Protocole des Sages de Sion avait été fabriqué par les services de renseignement russes au 19ème siècle (…), nous dirions que les événements actuels correspondent très exactement au projet juif mondial, vu la grande similitude qui existe entre [les événements actuels] et ce qui est attribué, à tort, [aux Juifs]. [Je fais allusion] au complot visant à contrôler le monde et à en piller les richesses, aux actions [des Juifs] partout dans le monde et au statut financier, politique et militaire [des Juifs à travers le monde]. Cela s'ajoute à leurs efforts pour détruire tout ce que les autres considèrent comme sacré."(9)

 

Comme mentionné plus haut, il existe quelques notables exceptions, dont des personnalités renommées, qui ont ouvertement dénoncé Le Protocole comme étant un faux. On compte parmi elles le philosophe syrien Dr Sadeq Jalal al-Azm, le conseiller du président Moubarak Oussama El-Baz et le Dr Abdel Wahhab Al-Massiri, une référence en Egypte en matière d'histoire juive et l'auteur d'une encyclopédie du judaïsme en langue arabe.

commentaire n° : 16 posté par : YOB le: 01/04/2008 23:46:19

Les Juifs ont tué Jésus

L'ancienne accusation chrétienne selon laquelle les Juifs auraient tué Jésus s'est banalisée dans le discours arabe antisémite. Un exemple : le conseiller d'Arafat, Bassam Abou Sharif, fait allusion, dans le quotidien saoudien Al-Sharq Al-Awsat, basé à Londres, à la statue de la Vierge Marie endommagée par les tirs israéliens au cours du siège de l'Eglise de la Nativité à Bethlehem, dans les termes suivants : "Le triste sourire de la Vierge Marie qui sert de bouclier à son fils le Messie n'a pas empêché les soldats de l'occupation israélienne de pointer leurs armes sur l'ange palestinien [Jésus] et d'assassiner le sourire [de la Vierge] (…) afin d'éliminer ce qu'ils n'ont pas réussi à tuer en 2000 ans. A Bethlehem, un nouveau crime a été commis. Ce fut, bien sûr, une tentative ratée pour éradiquer la paix, l'amour et la tolérance, à l'instar de leurs ancêtres qui ont essayé d’assassiner le message