We Blog For Gaza

Présentation

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« En 1973, une brochure officielle destinée aux militaires israéliens pieux contenait les recommandations suivantes: «Quand au cours d'une guerre, ou lors d'une poursuite armée ou d'un raid, nos forces se trouvent devant des civils dont on ne peut être sûr qu'ils ne nous nuiront pas, ces civils, selon la Halakhah, peuvent et même doivent être tués […] En aucun cas l'on ne peut faire confiance à un arabe, même s'il a l'air civilisé […] En guerre, lorsque nos troupes engagent un assaut final, il leur est permis et ordonné par la Halakhah de tuer même des civils bons, c'est-à-dire les civils qui se présentent comme tels.» » Aline de Diéguez

Des soldats israéliens témoignent : « Six heures du matin. Rafah est sous couvre-feu. Y a pas un chat dans les rues. Seulement un petit enfant de quatre ans qui joue dans le sable. Il bâtit une espèce de tour comme ça dans la cour de sa maison. Celui-là se met tout à coup à courir et tous, nous courons avec lui. Il était du génie. Nous courons tous avec lui. Il attrape le gosse. Noufar, je suis un fils de pute si je ne dis pas la vérité. Il lui a brisé le bras, ici, à l'articulation. Il lui a cassé le bras à hauteur du coude. Il lui a cassé la jambe ici. Et il a commencé à lui marcher sur le ventre, trois fois. Puis il est parti. Nous étions tous bouche bée, le regardant, choqués… Le lendemain, je repars en patrouille avec lui et déjà les soldats commençaient à faire comme lui. » (Haaretz  21 septembre 2007)
« Jane Goodall avait observé que le réflexe de protection d'un bébé est également répandu chez les chimpanzés ou les gorilles. Or, dans le témoignage ci-dessus, on voit que l'officier israélien est totalement dépourvu de ce réflexe primaire du mammifère supérieur et ce d'autant plus qu'il n'est même pas psychologique protégé par la "distance" que crée le meurtre indirect par impact lointain dont parle Lorenz . Pour que l'officier israélien se déchaîne avec une telle cruauté, il faut que, dans son esprit, ce petit enfant ne fasse pas partie de l'espèce humaine. C'est pourquoi il se rue donc sur lui comme s'il s'agissait de détruire un cafard ou un dangereux prédateur. (…) Ces exemples permettent de comprendre pourquoi les déchaînements de violence contre la population palestinienne sont la norme et non l’exception. Ils renvoient à la définition que les éthologues donnent de l'agression gratuite qui caractérise la dérive d'une bestialité typiquement humaine. Elle se manifeste lorsque tout est permis et qu'il s'agit d'infliger à une victime innocente un dommage intentionnel maximal sans aucune raison rationnelle et sans bénéfice immédiat.» Aline de Diéguez. Lire la suite
 « C'est pourquoi l'apparente phase ascendante de l'expansion impériale d'Israël est trompeuse. Comme la locomotive de la Bête humaine, le train du grand rêve sioniste est lancé dans une fuite en avant désespérée, mais le comportement de l'officier israélien piétineur et tortionnaire d'un petit enfant palestinien cité ci-dessus, est révélateur du mélange de fureur, de folie et d'impuissance face à l'impasse dans laquelle il sent confusément que conduit cette politique. Son issue ne peut être qu'une guerre permanente ou l'auto-anéantissement. » Aline de Diéguez.

« Comme le résumait Buffon à propos du loup : " Cet animal est très méchant, quand on l'attaque, il se défend ". Traduite en langage militaro-politique israélo-américain, cela donne : " Les Afghans (ou les Irakiens, ou les Palestiniens) sont très méchants (ce sont même d'horribles " terroristes "), quand on les attaque (pour les voler, les tuer, les piller, les spolier), ils se défendent. " » Aline de Diéguez
« Les enfants, souvent très jeunes, n'ont pas besoin d'un long apprentissage pour se comporter en bourreaux et pour exercer un "impérialisme au quotidien " qui consiste à maltraiter impunément tout élément d'une race qu'on lui a appris à considérer comme inférieure et à mépriser. » Aline de Diéguez

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« Cette mythologie fumeuse vient d'être confortée par le discours du Président de la République française qui, lors de son discours devant le parlement israélien a parlé de "Terre Promise" par "l'Eternel" à "Moïse». M. Nicolas Sarkozy a même cité un verset de la Bible afin de donner plus de force à son propos: "Et l'Eternel dit à Moïse: Monte sur cette montagne et regarde le pays que je donne aux enfants d'Israël. " Le Président français et les dirigeants actuels de l'Etat d'Israël ne nous disent pas si Moïse avait une bonne vue et jusqu'où s'étendait son regard!
Lorsqu'un responsable politique de premier plan d'un Etat laïc en arrive à considérer qu'un texte théologique vieux de deux millénaires et demi fournit l'acte de propriété d'une terre, toute personne raisonnable est en droit d'éprouver une légitime inquiétude et même une véritable panique à la fois sur le degré d'information du locuteur, sur le fonctionnement de son cerveau et sur les conséquences politiques de ce genre d'argument. » Aline de Diéguez

Ils ont osé dire …

François Fillon : « Le conflit va durer, parce que les causes de ce conflit sont très profondes (…) C’est l’opposition entre le monde musulman et une grande partie du reste de la planète, c’est le conflit israélo-palestinien, c’est les déséquilibres économiques et sociaux qui règnent dans le monde. »

  

 

Silvio Berlusconi : « On ne peut pas mettre sur le même plan toutes les civilisations. Il faut être conscient de notre supériorité, de la supériorité de la civilisation occidentale (…) un système de valeurs qui a apporté à tous les pays qui l'ont adopté une large prospérité et qui garantit le respect des droits de l'homme et des libertés religieuses (…) ce respect n'existe certainement pas dans les pays islamiques »

 

Avec Madeleine Albright

« Question : Nous savons que 500.000 enfants sont morts [des suites des sanctions contre l'Irak]. Ce qui représente quand même plus de victimes qu'à Hiroshima... Est-ce que ce prix à payer était vraiment justifié ?

Réponse de Madeleine Albright :  Je pense que le choix n'a pas été facile, pas du tout, mais le prix à payer, oui... je pense qu'il était justifié. »

   

Alain Finkielkraut : « Ah, qu'il est doux d'être juif en cette fin de XXème siècle !  Nous ne sommes plus les accusés de l'Histoire, nous en sommes les chouchous. L'esprit du monde nous aime, nous honore, nous défend, prend en charge nos intérêts; il a même besoin de notre imprimatur. »



Angela Merkel
  : « les mauvaises politiques agricoles et les changements d’habitudes alimentaires dans les pays en voie de développement sont principalement à blâmer en ce qui concerne l’augmentation des prix de la nourriture Si vous voyagez en Inde ces jours-ci, vous verrez qu’une grande partie du débat concerne le ‘second repas’, (…) Les gens mangent deux fois par jour, et si un tiers d’un milliard de gens en Inde font ça, cela se chiffre à 300 millions. C’est une grande partie de l’Union Européenne ».

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Mardi 1 avril 2008

     « Je considère qu’il ne s’agit que d’une occasion de propagande, dans laquelle Israël va s’exposer comme un Etat qui a une culture, des poètes, et en cachant qu’en ce moment même il est en train d’accomplir de terribles crimes contre l’humanité. Le président Shimon Pérès lui-même, responsable du massacre à Kfar Kana (Liban) il y a dix ans, y participera. Pour moi il aurait été impossible d’aller lire mes textes à Paris ». Aaron Shabtai, Poète israélien[1].

      Tahar Ben Jelloun, dit « écrivain », n’a donc pas boycotté le Salon du Livre de Paris. Il est même allé jusqu’à traiter les autres de « stupides » et parlé de « criminalité intellectuelle » etc. Je me demande d’ailleurs qui a pu souffler le mot « stupide » à tous ces soi-disant intellectuels « arabes », majoritairement maghrébins. De Tahar Ben Jelloun, à Boualem Sansal[2], sans oublier les autres[3], le même refrain revient indécemment. Et que dire des « potes » à Pierre Assouline, Abdelwahab Meddeb et Malek Chebez ou Chebel ! Je pense aussi à Soheib Bencheikh pour compléter ce formidable « Israel Big Band », pourquoi pas finalement, il nous trouvera à coup sûr un verset du Coran qui interdit le boycott d’Israël !

    Ils ont choisi la « carotte », et l’empire les trouve « bons, modérés et sages », ou comme le dit le regretté Edward Saïd « Les seuls " bons " Arabes sont ceux qui viennent à la télévision dénigrer sans aucune réserve la société et la culture arabes modernes. Je garde le souvenir de la platitude de leurs phrases, car, n’ayant rien à dire de positif sur eux-mêmes, leur peuple ou leur langue, ils ne font que régurgiter les formules américaines fatiguées qui saturent déjà les ondes et les pages. Nous n’avons pas la démocratie, disent-ils, nous n’avons pas assez contesté l’Islam, nous devons faire davantage pour chasser le spectre du nationalisme arabe et le credo de l’unité arabe ; ce sont des âneries idéologiques discréditées ; la seule vérité, c’est que ce nous et nos instructeurs américains disons sur les Arabes et l’Islam (de vagues clichés orientalistes recyclés, tels ceux que répète un inlassable médiocre comme Bernard Lewis) ; le reste n’est pas réaliste, pas pragmatique ; "nous" devons rejoindre la modernité, et la modernité c’est l’Occident, la mondialisation, le libre marché, la démocratie -quelque sens qu’on puisse donner à ces mots (si j’avais le temps, j’écrirais un essai stylistique sur la prose de gens comme Ajami, Gerges, Makiya, Talhami, Fandy, et all., universitaires dont la langue même sue la servilité, l’inauthenticité, la rigidité désespérément mimétique du masque qu’on a jeté sur leur visage) »[4].
    Le poète arabe Muzaffar Al-Nawab, bête noire des régimes arabes, ne ménage ni chefs d’Etat ni intellectuels arabes quand il leur lance dans son célèbre poème « Jerusalem is Arab Nationalism’s Bride », mon préféré, « Combien nous sommes sales, mais nous persévérons quand même ».
    Croire qu’une telle initiative était « innocente » relève de la vraie « stupidité » intellectuelle cette fois-ci, vouloir le faire croire aux autres relève de la criminalité intellectuelle. Célébrer l’existence d’un Etat criminel, c’est être criminel soi-même.
    Etant arabe, je n’irai pas jusqu’à m’ingérer dans la liberté des écrivains étrangers d’avoir soutenu ou boycotté ce salon sans succès il faut le dire quand même, par contre le comportement de tout « intellectuel » arabe, honnête ou malhonnête soit-il, m’intéresse inévitablement, partant de l’adage « Dieu protège moi des miens (ou amis), mes  ennemis, je m’en occupe ».   
    Certains « intellectuels » arabes ont assez sévi comme ça. Et comme par hasard, ils sont toujours les mêmes à se bousculer pour saboter tout engagement militant en faveur de la Palestine ou des causes arabes en général. Mais détrompez-vous, quand la Palestine est à l’honneur quelque part, et c’est malheureusement rare, ils sont les premiers à venir prétendre soutenir son combat pour la libération. Quand le label « Palestine » ou « arabe » est gagnant, ils sont les premiers à y associer leurs noms. La dernière Foire internationale de livre de Riyad du 27 février a vu défiler bien des tartuffes. On ne va jamais à Riyad sans « but lucratif » devrais-je le rappeler. Et pour Paris alors ?

    Les vrais intellectuels comme Ilan Pappé [5], John Berger[6] ou Aaron Shabtaï[7] etc., ont brillé par leur prise de position remarquable et à saluer. L’historien Ilan Pappé, sous pression et intimidation sionistes, a d’ailleurs quitté Israël pour s’installer en Angleterre[8]. C’est dire combien cet intellectuel juif s’entête à être honnête dans un monde de malhonnêtes.
    Quant à Tahar Ben Jelloun, dit « marocain », « français » ou « franco-marocain » selon les vents qui soufflent,  j’aimerais lui dire, Cher Monsieur au lieu de se livrer à du « sarcasme intestin » et traiter Tariq Ramadan[9] d’« ancien conseiller de Tony Blair »[10] , balayez d’abord devant votre porte, si votre ex-« bonne » marocaine «Fatna » ne le fait plus pour vous. Cher Monsieur, je n’aime absolument pas me vanter de quoi que ce soit, mais là permettez moi de me vanter de n’avoir jamais lu un seul de vos « livres » ; gaspiller mon argent, ah non ! Si vous continuez à fréquenter le café Hafa à Tanger, je le boycotte à tout jamais.
    Une petite question enfin pour vous Cher Monsieur Tahar Ben Jelloun «Prix Goncourt » ou « Kangourou » comme je l’appelais enfant, ça faisait marrer mon père qui lui aussi n’avait jamais touché à un seul de vos « livres »…, bref, confondez-vous « boycott » et « boycotte » ? Dans le titre, le sous-titre et le développement de votre texte vous avez écrit « le boycotte » huit fois, erreur de frappe ? C’est trop quand même. Texte écrit à la hâte ? Je suis d’accord !
    Ilan Pappé dans sa lettre de boycottage pensait que les agressions génocidaires récentes d’Israël contre la bande de Gaza devaient amener ces « intellectuels » réticents à se joindre à leurs collègues écrivains et artistes progressistes, Palestiniens et Arabes. Et ben NON ! Judas n’est pas le premier ou le dernier lâche et traître cher  Ilan Pappé.
    Rosie Pinhas-Delpuech, traductrice et directrice de la collection "Lettres hébraïques" chez Actes Sud, apparemment irritée par le boycottage, avait déclaré « Les gens qui boycottent ne savent pas ce qu’ils boycottent. » !!! Tiens, tiens, et les gens qui ne boycottent pas savent-ils au moins ce qu’ils ne boycottent pas ?!
    Enfin, un petit mot sur Paris la Cité, Paris la Culture, Paris le Livre, Paris le Foyer... Paris ressemble de plus en plus à une rose qui se fane jour après jour entre les mains des néocons et des sionistes. Quelqu’un pourrait-il arrêter cette hémorragie ?
Une nouvelle « génération de la liberté » peut-être ![11]


[1] Lire Aaron Shabtai : « C’est de la propagande : c’est pour ça que je ne serai pas au Salon du livre de Paris »
[2] Boualem Sansal  nous dit-on devait présenter « son livre "Le Village de l'Allemand" qui raconte la Shoah au public arabe »…hum… «Boualem » veut dire en dialecte maghrébin « celui qui porte un drapeau »…reste à savoir quel drapeau porte monsieur Sansal ?! Sûrement pas le drapeau algérien, sinon il aurait dû raconter au public français la Shoah algérienne d’un million de martyrs !
[3] Les marocains Fouad Laroui et Youssef Jebri, l’égyptien Gamal Ghitani, les libanais Hoda Barakat et Charif Majdalani, l’algérienne Maïssa Bey etc. etc.
[4]
Edward Saïd : « An unacceptable helplessness ». Al-Ahram Weekly
[5] Voir le site de l’historien Ilan Pappé
[6] John Berger est aussi l’auteur de la célèbre Lettre  de boycott culturel d'Israël.
[7]
La déclaration retentissante du poète israélien Aaron Shabtaï, « Je ne pense pas qu'un Etat qui maintient une occupation, en commettant quotidiennement des crimes contre des civils, mérite d'être invité à quelque semaine culturelle que ce soit. Ceci est anticulturel. » restera dans les annales de l’anticolonialisme.
[8]
Lire Michele Giogio : « Ilan Pappé : je quitte Israël ».
[9] Lire Tariq Ramadan : « Israël, le sens d’un boycott : il s’agit de ne pas nous taire ! »
[10] Voir Tahar Ben Jelloun : « Boycotte du salon du livre de Turin : une campagne stupide ». 
[11]
Lire les LETTRES A LA GENERATION DE LA LIBERTE du philosophe Manuel de Diéguez.
© Crédit Photos: Puppets by Steve Baccon --- Edward Saïd by Antoun Albert --- Ilan Pappé by M-A Patrizio
Par Chahid - Publié dans : Palestine
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Commentaires

quelle joie de t'écrire le premier commentaire chahib pour te dire de toute façon tu ne me surprends plus, cet article est aussi mauvais que les autres!
tu bénéficieras des encouragements de tes dhimmis, ils sont là pour cette raison les dhimmis, pas vrai!
jean
Commentaire n° 1 posté par jean le 01/04/2008 à 22h46
si t'as des problèmes avec tes intellectuels arabes, pourquoi meler israel dans toutes ces histoires?
les français célèbrent israel car ils aiment israel
vot sale linge lavez le loin de chez nous et loin d'israel!
jean
Commentaire n° 2 posté par jean le 01/04/2008 à 22h52

Boycotter le salon du livre est d'une bêtise rare !

C’est une catastrophe, un malheur et une malédiction qui viennent de s’abattre sur la culture universelle : Le sultanat d’Oman, l’Arabie Saoudite, l’Iran, le Yémen ainsi que d’autres pays arabo-musulmans boycottent le salon du livre de Paris. Le public français n’aura donc pas l’occasion d’apprécier les grandes œuvres littéraires produites par ces pays. Quel dommage !

Naturellement, c'est pour rire - parce qu'il vaut mieux en rire qu'en pleurer - que j'écris ce qui précède. Quand on connaît l'apport des intellectuels iraniens version Ahmadinejad ou celui des Saoudiens abreuvés au Wahabbisme ou encore celui des intellectuels algériens sympathisants de Bouteflika, on ne peut que se réjouir de l'absence de ces pays. Si j'avais ce pouvoir, j'aurais fait d'Israël l'invité d'honneur chaque année, juste pour constater l'absence des représentants de ces ennemis de la démocratie dans les couloirs du salon.

Mohamed Sifaoui

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Commentaire n° 3 posté par MS le 01/04/2008 à 23h08

Ces pays – dont les dirigeants boycottent par ailleurs la démocratie, les droits de l’Homme, l’intelligence, le travail, l’honnêteté, le respect de leurs administrés, le bon sens, la bonne gouvernance, etc – ont décidé d’adopter cette attitude pour protester contre le « titre d’invité d’honneur accordé à Israël » par les organisateurs du salon.

Pour dire – et écrire – les choses sérieusement, je pense que le boycott de cette manifestation est tout simplement ridicule. D’autant plus ridicule qu’il intervient dans un contexte où le dialogue, l’échange et les rencontres doivent prévaloir sur la politique de la chaise vide prônée d’ailleurs par les États arabes depuis des lustres. Pensent-ils sérieusement qu’en adoptant une telle attitude, ils vont faire avancer la cause palestinienne et amener Israël à revoir sa politique ? Ces dirigeants arabes ont toujours préféré la posture à la politique. D’ailleurs savent-ils faire autre chose qu’adopter des postures ?

Mohamed Sifaoui

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Commentaire n° 4 posté par MS le 01/04/2008 à 23h09

Je ne cautionne pas la politique israélienne – et notamment celle qui préconise exclusivement l’approche militaire pour lutter contre les assassins barbares du Hamas et des autres groupes terroristes – mais je pense que le terrorisme qui frappe ce pays ne diffère en rien – dans la forme et dans le fond – à celui qui sévit en Algérie, en Égypte ou au Maroc. Le Hamas, nourrit par cette idéologie fasciste qu’est le salafisme, soutenu par des États islamo-fascistes comme l’Iran doit être combattu avec la plus grande fermeté. Un pays comme le Maroc, par exemple, ne peut pas applaudir au terrorisme version Hamas quand celui-ci sévit à Tel Aviv et combattre celui d’Al-Qaïda dans les pays du Maghreb lorsqu’il sévit à Rabat. Les deux terrorismes sont alimentés par la même idéologie nihiliste et visent des objectifs similaires : destruction de l’État d’Israël pour l’un, désintégration du Maroc (et des autres pays musulmans) en tant qu’État pour l’autre afin de l’intégrer dans une oumma qui s’étendrait de Casablanca à Djakarta.

En étant cohérent, on ne peut pas reprocher à Israël de lutter contre les barbares du Hamas quand on sait que tous les pays doivent lutter contre le terrorisme islamiste. Ce qu’il faut reprocher à Israël, c’est la méthode.

Mohamed Sifaoui

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Commentaire n° 5 posté par MS le 01/04/2008 à 23h10

En effet, on ne lutte pas contre le Hamas – ou contre une autre organisation terroriste – en bombardant des civils. On ne lutte pas contre le Hamas en causant la mort de nourrissons. Et on ne lutte pas contre le Hamas en le rendant, de facto, plus populaire et donc en le consacrant indirectement comme le « résistant » crédible et le défenseur exclusif de la cause palestinienne tout en affaiblissant l’Autorité de Mahmoud Abbas. La méthode choisie par l’armée israélienne doit être condamnée parce qu’elle est dangereuse dans le sens où elle fragilise les démocrates arabo-musulmans qui se battent pour une solution négociée et une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens. Cette méthode doit être condamnée parce qu’elle n’est pas digne d’un État de droit ni digne d’un État démocratique. Israël a le droit de se défendre mais pas en usant et en abusant d’avions de chasse pour larguer des missiles sur des zones habitées par des civils.

Mohamed Sifaoui

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Commentaire n° 6 posté par MS le 01/04/2008 à 23h11

Le sang froid et la maîtrise de soi doivent prévaloir sur les réactions intempestives. Lorsqu’un État se rabaisse à utiliser la loi du talion contre une vulgaire organisation terroriste, il prend le risque de bafouer ses propres valeurs et de légitimer l’action des assassins. Les Israéliens sont conscients mais se laissent entraîner quand même dans ce piège tendu par le Hamas dont les membres, nous le savons, se cachent lâchement parmi les civils pour justement pousser Israël à commettre l’irréparable et frapper sans distinction civils et terroristes. Le bombardement acharné ne sert pas le processus de paix, n’affaiblit pas les terroristes mais sanctionne lourdement des populations civils qui, en plus des privations dues à l’embargo et des vexations quotidiennes au niveau des cheek point, doivent subir le sang et les larmes. Israël n’a pas compris qu’elle facilite ainsi l’action des sergents recruteurs du Hamas et, au-delà, celle des idéologues de l’islamisme internationale. Des rencontres lors du salon du livre auraient permis de débattre avec les intellectuels israéliens de ces questions.

 Mohamed Sifaoui

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Commentaire n° 7 posté par MS le 01/04/2008 à 23h12

Je trouve que la décision des pays arabes est tout simplement lâche et certainement improductive. J’aurais en effet préféré que ces pays donnent l’occasion à leurs intellectuels et à leurs écrivains de débattre avec leurs confrères israéliens, de les rencontrer et d’échanger, y compris de polémiquer – pourquoi pas – avec eux.

Mais au final, je finis par croire qu’en réalité les dirigeants arabo-musulmans n’ont aucun intérêt à voir le conflit israélo-palestinien se résoudre. Le faire perdurer sert – quoi qu’on en dise – leurs intérêts étroits et occupent leurs sociétés. En utilisant ce conflit comme abcès de fixation, ils s’assurent au moins que ces dernières n’auront pas l’esprit suffisamment libre pour revendiquer une meilleure gouvernance.

 Mohamed Sifaoui

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Commentaire n° 8 posté par MS le 01/04/2008 à 23h13

QU'EST-CE QUE L'ANTISEMITISME ARABE ?

Par Menahem Milson, professeur émérite de l'université de Jérusalem et conseiller au MEMRI.
 

La résurgence de l'antisémitisme ces dernières années, en France comme ailleurs en Europe, a permis de comprendre que l'antisémitisme, que l'on croyait en déclin depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale, menace une fois de plus les Juifs. Cet antisémitisme récent comporte, toutefois, deux spécificités : (a) les positions anti-juives sont présentées comme une juste réaction à la conduite d'Israël dans le conflit qui l'oppose aux Palestiniens ; (b) ce sont les médias arabes qui génèrent la majeure partie de la propagande anti-juive. Voilà qui pose le problème de la particularité de l'antisémitisme arabe, qui se distingue des attitudes musulmanes à l'égard des Juifs et du judaïsme antérieures à l'ère moderne. Ces deux caractéristiques, qui interagissent l'une sur l'autre de diverses façons, sont toutefois nées dans des contextes historiques totalement différents et doivent donc être considérées séparément.

Commentaire n° 9 posté par YOB le 01/04/2008 à 23h34

Il est en effet malheureux que le statut des Juifs - considérés comme une minorité tolérée dans le monde musulman avant l'avènement du sionisme, soit devenu, pour les Juifs comme pour les Arabes, un argument essentiel de ralliement de l'opinion publique à leurs positions respectives. Le profane se sent souvent perdu face aux arguments des uns et des autres. D'un côté, il entend dire que les Juifs (et les chrétiens) bénéficient du statut de minorité protégée sous l'islam et que les Juifs de l'Espagne musulmane ont connu un Age d'or de paix et de prospérité. De l'autre, il entend dire que les Juifs et les chrétiens ne sont pas égaux aux musulmans face à la loi et n'ont jamais été plus que des citoyens de seconde classe. Ces versions contradictoires ont été replacées dans leur contexte par la plume équilibrée de Bernard Lewis : "Même à son sommet, l'islam médiéval était assez différent de l'image qu'en donne Disraeli et d'autres écrivains romantiques. L'Age d'or de l'égalité des droits est un mythe, et la croyance en l'existence d'un tel Age d'or est le résultat, plutôt que la cause, de la sympathie des Juifs pour l'islam. Ce mythe a été créé par les Juifs d'Europe au 19ème siècle comme un reproche fait aux chrétiens – puis repris à notre époque par les musulmans comme un reproche aux Juifs".

 

Comme la plupart des mythes puissants, cette histoire contient un élément de vérité historique. Si la tolérance signifie l'absence de persécution, alors on peut en effet dire que la société islamique classique était tolérante à l'égard de ses sujets juifs et chrétiens – plus tolérante peut-être en Espagne qu'à l'Est, et dans ces deux régions, incomparablement plus tolérante que le christianisme médiéval. Mais si la tolérance signifie l'absence de discrimination, l'islam n'a jamais été, ni prétendu être tolérant, insistant au contraire sur la supériorité du véritable croyant dans ce monde et dans le monde à venir. (1)

Commentaire n° 10 posté par YOB le 01/04/2008 à 23h36

L'analyse suivante se limite au sujet de l'antisémitisme arabe comme phénomène médiatique contemporain ; nous évitons délibérément d'aborder le sujet de l'attitude des musulmans à l'égard des Juifs et du judaïsme avant l'ère moderne. Cela ne signifie toutefois pas que je sous-estime les effets d'une tradition vieille de plusieurs centaines d'années : comme on peut s'y attendre, les stéréotypes du Juif hérités de l'islam médiéval alimentent la réaction arabe au sionisme et à Israël.

Pour illustrer ce point, voici le témoignage d'un témoin des plus fiables : le grand historien du 14ème siècle Ibn Khaldun. Dans l'un des chapitres les moins bien connus de sa célèbre Muqaddima ("Introduction à l'étude de l'histoire"), portant sur les principes de l'éducation, Ibn Khaldun met en garde ses lecteurs contre une discipline trop sévère et le recours au châtiment corporel des enfants, susceptibles, selon lui, de provoquer des dégâts moraux : "Une éducation sévère brise l'esprit des jeunes ; elle supprime la vertu et engendre des traits de caractères négatifs tels que la propension au mensonge et la fourberie (khubth)." "L'effet nuisible des restrictions sévères et de l'oppression," soutient Ibn Khaldun, "est visible non seulement sur les individus, mais aussi sur les groupes. Cela," affirme-t-il, apparaît clairement chez les Juifs, qui sont "connus partout pour leur bassesse et leur fourberie." (2)

Ce dernier commentaire nous en apprend beaucoup sur l'image des Juifs dans l'islam médiéval, d'autant plus qu'il est rapporté par Ibn Khaldun pour illustrer un sujet extérieur à la question juive: dans ce chapitre, Ibn Khaldun ne cherche pas à informer ses lecteurs sur les Juifs ; il se contente de rapporter ce qui est considéré comme un fait bien connu. C'est précisément parce qu'Ibn Khaldun ne doute aucunement du fait qu'en tout lieu, les Juifs soient considérés comme vils et fourbes, qu'il peut aisément se servir de leur image pour illustrer son propos.

Commentaire n° 11 posté par YOB le 01/04/2008 à 23h37

Cela me rappelle une anecdote personnelle : en juin 1979, je me trouvais au Caire, à l'occasion d'une visite toute particulière, puisque j'avais été invité par le président Sadate [ndlr : le professeur et colonel Milson fut l'aide de camp de Sadate lors de sa visite en Israël]. J'étais descendu à l'hôtel Shepheard; or personne à l'hôtel ne savait que j'étais israélien, hormis bien sûr le directeur de l'hôtel et les standardistes, pour des raisons évidentes.

Au petit déjeuner, une hôtesse me demanda d'où je venais ; je lui répondis "d'Israël". Mais elle ne voulut pas me croire, affirmant : "Non, vous vous payez ma tête, vous êtes jordanien" Elle imagina aussi que je pouvais être libanais ou libyen, mais ne parvenait pas à croire que je puisse être israélien. Elle expliqua : "Je connais les Israéliens ; nous avons reçu un grand nombre d'Israéliens. Je sais reconnaître les Israéliens" . Cela m'intrigua. Je lui demandai : "Et à quoi les reconnaissez-vous ?" "Eh bien, dit-elle, ils ont un regard fourbe typique". Cette remarque me frappa: cette hôtesse, décrivant les Israéliens, employait précisément le terme "fourbe", adjectif qui avait été employé six siècles plus tôt par Ibn Khaldun pour qualifier les Juifs.

Je voudrais souligner que mon intention n'est pas ici de faire d'Ibn Khaldun un anti-Juif. Il ne l'était certainement pas : quand il évoque les Juifs dans sa Muqaddima (ou dans ses autres ouvrages), comme il le fait de temps à autres pour dresser des comparaisons historiques, il en parle de façon parfaitement objective, sans manifester le moindre antagonisme. S'agissant de l'exemple cité plus haut, on y discerne d'ailleurs une touche de compassion pour les Juifs "opprimés". Je n'ai pas non plus l'intention d'accuser d'antisémitisme l'amicale hôtesse égyptienne. Le seul but de ces exemples est de montrer que les stéréotypes ont la vie dure.

Commentaire n° 12 posté par YOB le 01/04/2008 à 23h39

L'antisémitisme contemporain dans les médias arabes 

On entend souvent dire que, dans les pays où les médias sont contrôlés par l'Etat, le public tend à développer une saine résistance vis-à-vis de la ligne du parti et à cultiver ses sympathies et ses antipathies indépendamment des médias. Doit-on en conclure que dans les pays arabes, le public, habitué à se méfier des médias officiels, ne tiendrait pas compte des propos antisémites servis par les médias, les reléguant au rang de "propagande officielle (et donc mensongère)" ? Il n'en est rien. L'attitude de l'hôtesse égyptienne de l'hôtel Shepheard au Caire révèle la résistance, par-delà les frontières, de préjugés vieux de centaines d'années, lesquels facilitent l'adoption des images négatives des Juifs et des Israéliens diffusées par les médias.

L'antisémitisme arabe en tant que phénomène idéologique et politique moderne, relayé par les médias, correspond à l'émergence du sionisme et à la naissance de l'Etat souverain d'Israël. La date de parution des publications antisémites en arabe le montre bien : le premier roman arabe aux thèmes clairement antisémites date de 1921 ; en 1925 a paru la première traduction en arabe du Protocole des Sages de Sion. A partir de 1947, on assiste à une augmentation indéniable du nombre de publications antisémites en arabe. Mais ce serait une erreur de limiter l'antisémitisme arabe à une conséquence du conflit israélo-arabe.

Pourquoi ce refus de reconnaître l'existence d'un antisémitisme proprement arabe ? 

Au vu de la quantité de références antisémites contenues dans les publications arabes de toutes sortes du siècle dernier, on ne peut que constater, avec une certaine perplexité, que les universitaires juifs et israéliens les ont tout bonnement ignorées.

Il existe toutefois quelques exceptions (en Israël et ailleurs) : La position arabe dans le conflit israélo-arabe (paru en hébreu en 1968), de Yeoshafat Harkabi, demeure, jusqu'à ce jour, un ouvrage de référence sur le sujet. (3) Harkabi n'a pas hésité à qualifier le phénomène d'antisémitisme. A suivi, en 1971, un article de Bernard Lewis intitulé "Sémites et antisémites" suivi de travaux supplémentaires du même auteur. Rivka Yadlin, Norman Stillman, Bat Yeor et Ron Nettler ont aussi abordé le sujet. Mais ils sont restés des exceptions: l'écrasante majorité des spécialistes du Moyen-Orient, en Israël et ailleurs, ont évité le sujet.

 

J'ai tenté de donner une explication à ce surprenant phénomène: des facteurs psychologiques se mêlent ici aux facteurs politiques et idéologiques. Nous devons garder en mémoire le fait que toute l'entreprise sioniste avait pour but de résoudre le problème de l'antisémitisme. Ainsi, la découverte que la haine à laquelle nous croyions avoir échappé en quittant l'Europe était endémique au Moyen-Orient est un fait que beaucoup ont préféré ignorer ou nier.

Il existe peut-être une autre motivation, plus politique, derrière le refus d'admettre l'existence d'un antisémitisme arabe: la crainte que la révélation de ce sentiment antisémite chez les Arabes ne renforce l'intransigeance politique en Israël et fasse le jeu des groupes politiques opposés à tout compromis territorial. Il faut reconnaître que cette crainte n'est pas sans fondement.

 

Toutefois, ceux qui, comme moi, sont favorables à une politique israélienne allant dans le sens de deux Etats, doivent bien admettre que fermer les yeux sur l'antisémitisme arabe n'est pas seulement une faute intellectuelle; c'est aussi contre-productif sur le plan politique. Nous ne pouvons pas nous permettre d'ignorer l'antisémitisme arabe ; nous nous devons même de l'examiner de près. Il est désolant de constater que l'antisémitisme arabe est devenu, depuis la fin des années 1930, la plus dangereuse forme de haine des Juifs, où que ces derniers se trouvent. Cela est notamment dû à la coopération qui existe entre Arabes antisémites et leurs homologues occidentaux.

Commentaire n° 13 posté par YOB le 01/04/2008 à 23h40

Qu'est-ce que l'antisémitisme arabe ?

La définition la plus évidente serait : un sentiment arabe anti-juif, s'exprimant en arabe à l'attention du public arabe. Force est de constater que les antisémites arabes s'adressent toutefois fréquemment aux publics étrangers pour gagner leur soutien.

Quelles sont les caractéristiques de l'antisémitisme arabe ?

Les conclusions suivantes ont été formées sur la base d'une veille médiatique de grande envergure réalisée par le MEMRI, portant sur la presse, des publications arabes, des émissions télévisées, des sermons du vendredi, des ouvrages et des sites Internet.

La propagande arabe anti-juive semble comprendre trois composantes majeures :

a – des opinions anti-juives dérivées de sources islamiques traditionnelles

b – des stéréotypes antisémites, des images et des accusations d'origine européenne et chrétienne

c – Une attitude négationniste, et l'équation de sionisme avec nazisme (également d'origine occidentale, mais son rôle de pivot requiert une attention particulière).

Commentaire n° 14 posté par YOB le 01/04/2008 à 23h42

La composante islamique

Des singes et des porcs

Une insulte extrêmement courante adressée aux Juifs, non seulement dans les sermons du vendredi, mais aussi dans les articles politiques, consiste à les qualifier de singes et de porcs, ou de descendants de ces animaux. Cette référence injurieuse se base sur un nombre de versets coraniques selon lesquels certains Juifs auraient été transformés en singes et en porcs par Dieu, pour les punir d'avoir enfreint le shabbat. (4)

Cette injure ne devrait pas être écartée comme une vulgaire insulte, et la croyance selon laquelle les Juifs ont été métamorphosés en singes, en porcs et en d'autres créatures ne devrait pas plus être considérée comme une simple croyance primitive propre à la pensée magique. Le fait de faire allusion de façon récurrente aux Juifs comme à des bêtes méprisables les déshumanise et justifie leur élimination. Voici quelques exemples de l'utilisation de cette injure dans différents contextes.

- Le cheikh saoudien Abd El-Rahman Al-Sudayyis, imam et prédicateur à la mosquée Al-Haram, c'est-à-dire à la mosquée de la Kaaba à la Mecque, Premier lieu saint du monde musulman, a déclaré dans un sermon : "Lisez l'histoire et vous comprendrez que les Juifs d'hier sont les ancêtres malfaisants des Juifs d'aujourd'hui, une descendance malfaisante composée d'infidèles qui déforment les paroles (de Dieu), d'adorateurs du veau, d'assassins des prophètes, de négateurs des prophéties… Le rebut de l'espèce humaine, qu'Allah a maudit et 'dont il a fait des singes et des porcs...' Ainsi sont les Juifs, un continuum d'escroqueries, d'entêtement, de permissivité, de mal et de corruption…" (5)

- Cette image a pénétré la conscience collective, y compris celle des enfants. En mai 2002, Iqraa, la chaîne satellite saoudienne qui, selon son site Internet, s'efforce d' "éclairer les aspects de la culture islamique qui suscitent l'admiration… afin de mettre en avant la véritable image de l'islam - fait de tolérance, et de réfuter les accusations dirigées contre l'islam", a interviewé une "vraie petite musulmane" âgée de trois ans et demi au sujet des Juifs, dans l'émission Magazine féminin musulman. L'animatrice a demandé à la fillette si elle aimait les Juifs. Celle-ci a répondu : "Non." A la question "pourquoi ?", la fillette répond que les Juifs sont des "singes et des porcs". "Qui a dit cela?", demande la présentatrice. "Notre Dieu", répond la fillette. "Où l'a-t-il dit ?" reprend la présentatrice. "Dans le Coran." A la fin de l'entretien, la présentatrice conclut avec satisfaction : "Des parents ne pourraient pas souhaiter qu'Allah leur accorde plus croyante petite fille (…) Qu'Allah la bénisse, ainsi que son père et sa mère." (6)

- Salim Azzouz, chroniqueur pour le quotidien égyptien d'opposition Al-Azzouz, affilié au parti libéral religieux, a ainsi commenté le retrait israélien du Liban en mai 2000 : "Ils se sont enfuis avec seulement la peau sur le dos, comme des porcs. Et pourquoi dire 'comme', quand ce sont effectivement des porcs et des singes?"  

La promesse des pierres et des arbres – Wa'd al-hajar wa-'l-shajar

Un autre thème traditionnel anti-juif très populaire est celui de "la promesse de la pierre et de l'arbre". Une tradition prophétique (hadith) souvent citée affirme que peu avant le Jour du Jugement, les musulmans se battront contre les Juifs et les tueront. Les Juifs se réfugieront derrière des pierres et des arbres, mais ces derniers s'exclameront : "Ô musulman, ô serviteur d'Allah, un Juif se cache derrière moi. Viens le tuer !" Tout récemment, un prédicateur de la plus grande mosquée de Bagdad a cité un hadith à la télévision en brandissant son épée. Son cri "Nous leur couperons la tête !" a mis en transe le public, composé de centaines de personnes.

Commentaire n° 15 posté par YOB le 01/04/2008 à 23h43

Eléments occidentaux

L'antisémitisme arabe a adopté tous les mythes antisémites européens, y compris ceux que les antisémites occidentaux ont écartés comme étant trop primitifs. Les exemples le plus évidents sont : l'accusation de crime rituel, le Protocole des Sages de Sion, et l'accusation – assez étrange de la part de musulmans – selon laquelle les Juifs auraient tué Jésus. 

L'accusation de crime rituel

Cette accusation est encore très courante aujourd'hui dans le monde arabe et musulman, jusque dans les journaux gouvernementaux à grand tirage. Certains écrivains rabâchent et recyclent ces accusations bien connues, leur donnant un tour nouveau, comme à celle concernant la festivité juive de Pourim, qui prétend que les Juifs incorporent du sang humain à leurs gâteaux traditionnels. Ces accusations de crimes rituels contenues dans les médias arabes se rencontrent essentiellement dans le contexte de la critique des actions d'Israël contre les Palestiniens. L'une d'elle a incité la Cour suprême de Paris à assigner à comparaître Ibrahim Nafie, directeur du quotidien égyptien Al-Ahram. Nafie a été accusé d'incitation à l'antisémitisme et de violence raciste pour avoir autorisé la publication d'un article intitulé "La matza juive est faite de sang arabe", paru dans le numéro d'Al-Ahram du 28 octobre 2000. L'article a créé un lien entre l'accusation de crime rituel de Damas en 1840 et les opérations israéliennes dans les territoires occupés. (7)  Il est intéressant de constater que les accusations contre Nafie, qui est président de l'union des journalistes arabes, ont suscité une tempête de protestations à travers le monde arabe. Elles ont été qualifiées dans les médias arabes de "terrorisme intellectuel", de "coup porté à la liberté d'expression", d' "attaque sioniste contre la presse égyptienne", d' "extorsion du lobby sioniste de France" et même d' "insulte à l'ensemble de la presse arabe", Ibrahim Nafie étant considéré comme son principal représentant.

Le Protocole des Sages de Sion

Depuis 1927, année de la traduction du Protocole des Sages de Sion en arabe, l'ouvrage a fréquemment servi de référence au discours anti-juif dans le monde arabe, pour appuyer l'hypothèse d'un "complot juif pour contrôler le monde". Dans le monde arabe, nombreux sont les façonneurs d'opinion qui citent ce faux pour montrer comment le prétendu projet juif visant à contrôler le monde, transcrit dans le Protocole, est mis à exécution. Les Juifs sont accusés de recourir à des méthodes sournoises pour atteindre leur but : contrôler l'économie et les médias, corrompre les mœurs et encourager le conflit national et international.

Fin 2002, l'usage du Protocole des Sages de Sion dans les médias arabes a suscité la controverse aux quatre coins du monde, avec la diffusion de la série télévisée égyptienne Cavalier sans monture pendant le Ramadan (novembre-décembre). (8) Au mois de Ramadan 2003, également à une heure de grande écoute, un autre feuilleton a été diffusé, dans le but de salir la réputation des Juifs en "révélant" leurs machinations. La série, produite par la Syrie et intitulée Al-Shatat (Diaspora), prétendait présenter la vie juive en Diaspora et l'émergence du sionisme ; elle était diffusée par la télévision du Hezbollah Al-Manar. Ce feuilleton comportait quelques scènes proprement horribles, telles que celle du meurtre rituel d'un Juif marié à une non-Juive. Le feuilleton montre en outre comment Amschel Rothschild, prétendu fondateur d'un gouvernement juif secret, aurait ordonné à ses fils, sur son lit de mort, d'entamer des guerres et de corrompre le monde pour servir les intérêts financiers et les objectifs politiques des Juifs.

Il est intéressant de noter que les producteurs d'Al-Shatat, conscients du tollé général provoqué par la diffusion de Cavalier sans monture, ont pris la peine de diffuser un démenti au début de chaque épisode, affirmant que la série ne se basait pas sur le fameux Protocole des Sages de Sion mais sur des faits et des recherches historiques, y compris des écrits de Juifs et d'Israéliens.

Quand le Protocole est mentionné dans les médias arabes, il n'est jamais remis en question. De nombreux écrivains arabes sont bien sûr conscients du fait que le Protocole est un faux. Néanmoins, cela ne les empêche généralement pas se servir du Protocole parce que, disent-ils, "peu importe qu'ils rapporte des faits ou relève de la fiction : leurs 'prédictions' se sont en grande partie réalisées."

Voici, à titre d'exemple, un extrait d'article du journaliste libanais Ghassan Tueni : "Si nous ne savions pas que le Protocole des Sages de Sion avait été fabriqué par les services de renseignement russes au 19ème siècle (…), nous dirions que les événements actuels correspondent très exactement au projet juif mondial, vu la grande similitude qui existe entre [les événements actuels] et ce qui est attribué, à tort, [aux Juifs]. [Je fais allusion] au complot visant à contrôler le monde et à en piller les richesses, aux actions [des Juifs] partout dans le monde et au statut financier, politique et militaire [des Juifs à travers le monde]. Cela s'ajoute à leurs efforts pour détruire tout ce que les autres considèrent comme sacré."(9)

 

Comme mentionné plus haut, il existe quelques notables exceptions, dont des personnalités renommées, qui ont ouvertement dénoncé Le Protocole comme étant un faux. On compte parmi elles le philosophe syrien Dr Sadeq Jalal al-Azm, le conseiller du président Moubarak Oussama El-Baz et le Dr Abdel Wahhab Al-Massiri, une référence en Egypte en matière d'histoire juive et l'auteur d'une encyclopédie du judaïsme en langue arabe.

Commentaire n° 16 posté par YOB le 01/04/2008 à 23h46

Les Juifs ont tué Jésus

L'ancienne accusation chrétienne selon laquelle les Juifs auraient tué Jésus s'est banalisée dans le discours arabe antisémite. Un exemple : le conseiller d'Arafat, Bassam Abou Sharif, fait allusion, dans le quotidien saoudien Al-Sharq Al-Awsat, basé à Londres, à la statue de la Vierge Marie endommagée par les tirs israéliens au cours du siège de l'Eglise de la Nativité à Bethlehem, dans les termes suivants : "Le triste sourire de la Vierge Marie qui sert de bouclier à son fils le Messie n'a pas empêché les soldats de l'occupation israélienne de pointer leurs armes sur l'ange palestinien [Jésus] et d'assassiner le sourire [de la Vierge] (…) afin d'éliminer ce qu'ils n'ont pas réussi à tuer en 2000 ans. A Bethlehem, un nouveau crime a été commis. Ce fut, bien sûr, une tentative ratée pour éradiquer la paix, l'amour et la tolérance, à l'instar de leurs ancêtres qui ont essayé d’assassiner le message prophétique en enfonçant des clous et des pieux en fer dans le corps du Messie et la Croix de bois." (10)

Il est particulièrement ironique de constater que la propagande arabe anti-juive qualifie les Juifs de meurtriers du Christ, car selon le Coran, Jésus n'a pas été crucifié et n'est pas mort sur la croix. Cette croyance chrétienne est considérée par l'islam comme blasphématoire. (11)

Commentaire n° 17 posté par YOB le 01/04/2008 à 23h47

Négationnisme et équation entre sionisme et nazisme

Les écrits anti-sionistes arabes actuels tendent généralement à faire l'équation entre sionisme et nazisme. Ils insistent sur une prétendue similitude entre les idéologies des deux mouvements, notamment sur une composante raciste commune : tout comme les nazis croyaient en la supériorité de la race aryenne, les sionistes croiraient en l'existence d'un "peuple élu", le peuple juif. En outre, ces deux idéologies sont prêtes à une expansion militaire au moyen des armes, affirment-ils.

Un autre argument est que les sionistes auraient collaboré avec les nazis à l'annihilation du peuple juif : puisque les sionistes considéraient la Palestine comme la seule destination appropriée à l'immigration du peuple juif, ils ne se sont pas donné la peine d'investir dans une aide strictement humanitaire pour sauver des Juifs. De telles déclarations ont servi de thème à la thèse de doctorat (1982) du haut responsable de l'Autorité palestinienne et secrétaire général du comité exécutif de l'OLP, M. Mahmoud Abbas, connu aussi sous le nom d'Abou Mazen, à l'Institut des études orientales de Moscou. La version arabe de la thèse a été publiée en 1984. (12)

 

L'équation entre sionisme et nazisme s'applique aussi à la situation actuelle au Moyen-Orient. Les actions d'Israël et des sionistes contre les Palestiniens sont comparées aux crimes nazis contre les Juifs ; on peut parfois lire qu'elles sont pires encore.

Les implications politiques de ces déclarations sont claires : s'il n'y a pas eu d'Holocauste, les Allemands ne devraient pas se sentir coupables à l'égard des Juifs. Mais s'il n'y a pas eu d'Holocauste, les Allemands, et le reste du monde occidental, sont coupables de ce qu'ils ont fait subir aux Palestiniens au nom des Juifs. Et si les Juifs font aux Palestiniens ce que les nazis ont fait aux Juifs, les Allemands n'ont pas à avoir honte. Tel est le lien qui relie l'antisémitisme du Moyen-Orient à l'antisémitisme occidental, créant un axe stratégique de l'antisémitisme.

Commentaire n° 18 posté par YOB le 01/04/2008 à 23h48

La diabolisation du Juif

La conséquence "logique" de ce qui a été dit plus haut est la diabolisation des Juifs, individuellement et collectivement. Malgré les informations accumulées sur l'identité des auteurs des attentats du 11 septembre 2001, fonctionnaires, journalistes et dirigeants religieux dans l'ensemble du monde arabe et musulman ont continué d'affirmer que les auteurs des attentats n'étaient pas arabes ou musulmans. La croyance selon laquelle des éléments américains ou juifs/israéliens ont perpétré ces attaques est devenue un mythe communément accepté dans le monde arabe. Selon certaines versions de ce fantasme grotesque, ce serait même le président George W. Bush et le Secrétaire d'Etat Colin Powell qui auraient commandité les attentats. (13)

Commentaire n° 19 posté par YOB le 01/04/2008 à 23h49

Que faire ?

La question que l'on se pose finalement est : que faut-il faire ? La première étape consiste à comprendre le danger représenté par l'antisémitisme arabe. Il a infiltré les esprits de part et d'autre du monde arabe et créé une atmosphère dans laquelle les Juifs, individuellement ou collectivement, ne sont pas considérés comme tout à fait humains. Cela représente en soi un obstacle à la paix : les accords de paix avec Israël signés par l'Egypte et la Jordanie n'ont toujours pas conduit à la normalisation des relations avec Israël.

C'est pourquoi lutter contre l'antisémitisme arabe n'est pas seulement lutter contre le mensonge et les préjugés ; c'est essentiellement lutter pour l'amélioration des relations entre Juifs et Arabes.

En pratique, il faudrait opérer une veille médiatique des manifestations de l'antisémitisme arabe et permettre aux médias occidentaux, ainsi qu'aux façonneurs d'opinion, d'en connaître le résultat. Les publications antisémites devraient être traduites dans les langues européennes, dans l'espoir que la révélation publique de ces propos suscite des protestations au niveau international, des pressions diplomatiques à l'égard des institutions et des gouvernements arabes coupables d'antisémitisme.  

Certains ne manqueront pas d'opposer qu'une telle veille médiatique attirera l'attention sur l'opinion d'une minorité de fanatiques religieux qui seraient autrement passés inaperçus. Cette opinion ignore le fait qu'une grande partie de cette littérature de la haine est publiée dans les principaux journaux et magazines des pays concernés – subventionnés pour beaucoup par les gouvernements – et sur des chaînes télévisées très populaires. Feindre d'ignorer l'antisémitisme arabe ne fera qu'encourager les éléments extrémistes du monde arabe à se développer sans surveillance et à accroître leur influence politique néfaste.

De récentes expériences ont montré que les gouvernements et intellectuels arabes ne sont pas indifférents aux protestations et aux pressions extérieures. Les articles d'Oussama Al-Baz, de décembre dernier, où il dénonce l'antisémitisme, ont été accueillis comme un important pas en avant. Tout aussi importante est la nouvelle (rapportée par le quotidien saoudien Al-Watan du 14 mars 2003) selon laquelle l'Institut d'études islamiques de l'université a recommandé aux prédicateurs musulmans de ne pas comparer les Juifs à des singes et des porcs. Aucune de ces mesures n'aurait sans doute été prise sans les récentes protestations et critiques émises par le Congrès américain et les médias occidentaux. (14)

Pour toutes ces raisons, je pense qu'il convient de persévérer dans la tâche fastidieuse qui consiste à surveiller et exposer le terrible produit de l'antisémitisme arabe.

* "Qu'est-ce que l'antisémitisme arabe ?", paru dans Antisémitisme international, revue annuelle du centre international Vidal Sassoon [Jérusalem, 2003], pp. 23-29 – sur la base d'une conférence donnée a l'Université hébraïque de Jérusalem le 20 février 2003.

Commentaire n° 20 posté par YOB le 01/04/2008 à 23h51
Salam Chahid,

Merci pour ces très pertinentes info.

je me félicite de n'avoir jamais lu cet illustre Tahar Ben jelloun, d'ailleurs j'ai jamais été tenté de le faire. Aussi je me tiendrais à mettre en garde autour de moi de cette traîtrise, sauf si on veut se pencher soit même  sur cette médiocrité.

L'image est très réaliste de la rose fanée, quand paris se trouve prise en otage par l'infâme.

Les autorités françaises persistent à sombrer dans la complicité ; autrefois elles ont fourni la bombe atomique aux bandes d'assasins sionsites. en 2008 le salon du livre accueillent les boûchers sionistes. Quelle continuité !!! quelle grande partie de droits de l homme !!!
Commentaire n° 21 posté par sami le 01/04/2008 à 23h56
Quand les criminels viennent parler de paix.

"Je considère qu’il ne s’agit que d’une occasion de propagande, dans laquelle Israël va s’exposer comme un Etat qui a une culture, des poètes, et en cachant qu’en ce moment même il est en train d’accomplir de terribles crimes contre l’humanité. Le président Shimon Pérès lui-même, responsable du massacre à Kfar Kana (Liban) il y a dix ans, y participera. Pour moi il aurait été impossible d’aller lire mes textes à Paris "   Aaron Shabtai, Poète israélien[1].

Commentaire n° 22 posté par sami le 02/04/2008 à 00h07


les gens qui ne boycottent pas savent-ils au moins ce qu’ils ne boycottent pas ?!


bain ils ne bycottent pas le plus grand danger à la paix dans le monde, d'après la majorité des européens:
http://old.rtbf.be/rtbf_2000/bin/view_something.cgi?type=article&id=0146110_article&menu=0031460_menulist&pub=RTBF.SAT%2FSAT.FR.la_taille.HOME


Commentaire n° 23 posté par sami le 02/04/2008 à 00h15

Salam cher Sami

Le comportement ignoble, lâche et traître de certains « intellectuels » maghrébins confirme après tout la théorie d’Ibn Khaldûn

"المغلوب مولع أبدا بالإقتداء بالغالب في شعاره و زيه و نحلته و سائر أحواله و عوائده"

« Le vaincu s’identifie à son vainqueur dans son comportement, ses traditions, ses valeurs et sa culture ». Ibn Khaldûn parle de nations, civilisations, cultures etc.

 

Ce sont des « intellectuels » vaincus qui écrivent pour un lectorat vaincu. Leur médiocrité ils l’appellent « modernité », « progressisme » etc.
bien à toi
Commentaire n° 24 posté par Chahid le 02/04/2008 à 01h48

@Jean

Libre à toi de célébrer Israël, Elvis Presley ou Krishna, mais libre à moi aussi de célébrer la Palestine, les intellectuels honnêtes comme Ilan Pappé etc.  

Si tu n’apprécies pas mes posts, libre à toi aussi d’aller consulter les autres milliards de pages sur Internet !
Commentaire n° 25 posté par Chahid le 02/04/2008 à 02h08
Cher Chahid, bonjour,
Comment peut-on être aujourd’hui, en Israël, un poète ou un écrivain honnêtes et sup-porter – au sens de porter sur ses épaules – la politique et les exactions de cet Etat ? Peut-on encore les appeler des poètes et d’écrivains ? C’est pourquoi les vrais poètes et les vrais écrivains israéliens ne l’ont pas accepté.

 Comment un poète ou un écrivain honnêtes peuvent-ils supporter – au sens d’endurer – le spectacle repoussant que leur Etat offre au monde entier ? Les vrais ne l’ont pas accepté et s'en sont désolidarisé.

Comment des citoyens normaux de cet Etat peuvent-ils s’accommoder d’une telle politique et la soutenir ? Et ils ne peuvent même pas dire qu’ils ne savaient pas. Quelques-uns ne l’acceptent pas et ils sont l’honneur de cet Etat. On retrouve Hanna Arendt et la banalité du Mal . C’est pourquoi les citoyens normaux du reste du monde expriment leur refus de cautionner ça et leur dégoût .

 La photo de la classe présentée sur la gauche et dont on voit le mur délabré, avec les jolies fillettes en collerette de dentelle qui toisent crânement le Kapo qui les menace de son arme , voilà la réalité que portent sur leurs épaules les plumitifs qui se disent « écrivains » ou « poètes » et qui acceptent cette inhumanité.
Commentaire n° 26 posté par Aline-Mariali le 02/04/2008 à 06h58

Bonsoir chère Mme Aline

Tout écrivain ou poète israélien honnête est condamné à quitter cette terre ou demander la nationalité palestinienne, les conditions intimidantes dans lesquelles ils travaillent les poussent de plus en plus à préférer l’exile. Le cas d’Ilan Pappé est d’ailleurs révélateur. On sentait qu’il allait jeter l’éponge et quitter ce guêpier fait pour les criminels de tous bords.

Comment peut-on être poète ou écrivain d’un gouvernement qui ordonne à des snippers d’abattre des écolières et des enfants de moins de 10 ans ? Mêmes les nazis ne l’ont pas fait ! C’est nulle part ailleurs qu’en Israël.

Bien à vous

Commentaire n° 27 posté par Chahid le 02/04/2008 à 18h58
chahib tu vis ds quelle ville en france?
pourquoi tu ne réponds pas à mon e-mail, t'as peur des méchants néocons?
courage, on veut juste discuter avec toi un peu de la palestine d'elvis et de krichna!
j'ai des amis qui veulent te rencontrer, nous sommes tous des pacifistes!
Commentaire n° 28 posté par jean le 03/04/2008 à 00h06
@sami

dur d'etre islamofasciste avoue le!
ta barbe t'empeche de voir un peu loin, mais rase la rase la tu verras c'est mieux
jean
Commentaire n° 29 posté par jean le 03/04/2008 à 00h16

Quand l’islamologue Tariq Ramadan (qui a dans ce blog une poignée de supporters tapageurs dont certains ont avoué leur antisémitisme) explique dans Le Monde que "le boycottage ne signifie pas nier l’existence d’Israël", pour fustiger quelques paragraphes plus loin "les soixante années de colonisation", c’est bien la présence de l’Etat juif qu’il conteste. L’Iran ne se gêne d’ailleurs pas pour dire clairement qu’Israël doit disparaître de la carte. Si la critique de la politique de l’Etat hébreu est  normale (personne ne s’en prive), le refus de rencontrer ses écrivains revient à dénier leur existence et leur légitimité d’israélien.

Interrogé récemment par Le Figaro, Pérès remarquait: "L’un des problèmes des arabes est qu’alors que l’Occident étudie l’Orient et ses livres, l’inverse n’est pas vrai. La connaissance occidentale de l’Orient est beaucoup plus riche (…)". Le monde arabe traduit un peu plus de 300 livres par an, soit un cinquième du nombre d’ouvrages traduits par la Grèce. C’est cet enfermement intellectuel, cautionné par les pays arabo-musulmans quand ils boycottent le Salon du Livre ayant Israël comme invité d’honneur, qu’il faut tenter de briser, avec l’aide des nombreux musulmans éclairés. Ils ne se font pas assez entendre dans cette affaire.

 

Ivan Rioufol
Commentaire n° 30 posté par XxxxxFTxx le 03/04/2008 à 00h38

@Jean

C’est quoi ces histoires d’e-mail et de rencontre ?! Je ne te connais même pas !

Je te signale que nous sommes sur un blog, les sites de rencontres ou chat c’est autre chose. Tu vas sur google et tu tapes « je suis seul, je cherche des amis » et bonne chance !
Commentaire n° 31 posté par Chahid le 03/04/2008 à 07h32
moi, du benjelloun j'en ai lu; errare hum...
Qu'a-t-il retenu de Genet dont il aime à vanter "leur" grande amitié.?
Je pense que Ben jelloun est un complaisant, il a toujours eu beaucoup de succès car il a toujours écrit ce que les autres, ocidentaux et orientaux, ont voulu lire de ce soi-disant orient....
Ben jelloun n'a innové dans aucuns domaines, c'est l'écrivain public, l'écrivain des esprits plats.

Sans méchanceté aucune, mais en toute honneteté....
Commentaire n° 32 posté par Orea le 03/04/2008 à 16h25

Bonsoir Chahid

 

On ne peut qu’éprouver un profond sentiment de honte devant la lâcheté de ces écrivains, arabes ou pas, incapables de marquer leur solidarité avec les intellectuels juifs luttant contre l’extrémisme sioniste, dans le geste symbolique du refus de se rendre au Salon du Livre. Préférant joindre leur voix à celle d’authentiques fanatiques, soutenant toutes les dérives sanguinaires du pouvoir militaire israélien, qui s’est déchaîné pendant de longues semaines, la veille même de l’ouverture d ce Salon, dans le camp de concentration de Gaza.

 

Car, l’enjeu de cette manifestation était de soutenir nos courageux frères juifs antisionistes, tels que l’historien Ilan Pappe, le poète Aaron Shabti, le musicien de jazz Gilad Atzmon, la cinéaste Keren Yedaya,  le chef d’orchestre David Barenboïm, l'homme de théâtre Harold Pinter (Arthur Miller aussi, avant sa récente disparition), et tant d’autres, qui luttent pour la défense de la dignité humaine et la paix, pour le respect de la Nation Palestinienne.

 

Comme le fait si justement remarquer Aline, comment peuvent-ils se revendiquer artistes, poètes, écrivains ? Une trahison, tout simplement. Il est vrai que des “philosophes”, n’hésitent pas à soutenir les guerres coloniales et les mouvements islamophobes ou racistes… Trahissant, à la fois, la “philosophie”, l’enseignement, et leur conscience.

 

Ces intellectuels seront oubliés par l’Histoire, car la veulerie, la lâcheté, la trahison, sont incompatibles avec le talent. Leur vénalité leur donne, provisoirement, succès et confort du fait que les médias de la propagande publient leurs œuvres et en assurent la promotion. Car, ils savent qu’ils ne seraient jamais publiés s’ils ne vendaient pas leur âme et conscience.

 

La belle citation d’Edward Saïd résume, parfaitement, les tenants et aboutissants de cette “collaboration”… Oui. La Honte.

 

Un mot sur un commentaire (N° 30) citant Yvan Rioufol qui, lui-même, cite Shimon Peres. Il m’a amusé. Rioufol est l’archétype de l’islamophobe et du raciste anti-arabe de service dans les médias (en particulier dans le groupe Dassault), et le commentaire est à la hauteur de son racisme, de son ignorance et de sa “bêtise crasse”. Citant l’argument raciste classique de "l’enfermement intellectuel" arabe, soi-disant que les occidentaux liraient les livres du monde arabe, alors que les arabes ne traduiraient que 300 ouvrages par an.

 

Devant tant d’imbécillité devant la réédition du cliché usé de “l’enfermement intellectuel”, on reste estomaqué :

i)   Il devrait savoir que les arabes, intellectuels ou pas, maîtrisent souvent plusieurs langues. Ils ont donc un accès direct aux livres occidentaux, sans nécessairement passer par une traduction. Contrairement à la majorité des occidentaux, en ce qui concerne l’arabe et même d’autres langues européennes différente de leur langue maternelle.

ii)  Il devrait savoir que tous les intellectuels arabes connaissent littérature, histoire, géographie, sociologie et philosophie occidentale. Alors que le contraire n’est pas vrai. Lorsqu’ils prétendent s’intéresser à l’Orient, les occidentaux ne lisent que ce que “la censure” ne laisse arriver sur le marché : les ouvrages de propagande à la Bernard Lewis…

ii)  Il devrait savoir que les intellectuels arabes sont parfaitement informés de ce qui se passe dans le reste du monde. Ne serait-ce que du fait des les liens familiaux, pas une famille arabe qui n’ait un représentant de sa famille sur un des cinq continents. Alors que le contraire n’est pas vrai. Parmi une multitude d’exemples, je peux citer un village Berbère dans les montagnes de l’Atlas dont chaque famille à un fils vivant actuellement à Los Angeles, en Californie…

 

C’est vrai que côtoyer des intellectuels sponsorisés par les médias officiels, à Paris, devient de plus en plus pénible, surtout lorsqu’on revient de séjours à l’étranger (hors circuits touristiques), tellement le mixage de l’ignorance et de l’arrogance est irrespirable…

 

Bien à toi

 

 

Commentaire n° 33 posté par Georges Stanechy le 03/04/2008 à 19h06
@Jean:

pour t'aider un peu Tape sur google:
Un débile sioniste
écervelé
fan de criminels, terroristes, barbares sionistes
qui vient faire la leçon aux honnêtes personnes qu'il ne connait même pas

cherche un moyen pour se donner de l'importance

Quel courage !!!!
Commentaire n° 34 posté par sami le 03/04/2008 à 21h02
Bonjour Chahid

J'espère que tu as pu faire ce que tu voulais ces derniers jours; je regrette de ne plus avoir tes commentaires sur mon blog, si pertinents.  Je regarde en ce moment Paradise Now. Tu as dû voir ce film..

Que penses-tu de mes derniers posts ?

Je suis triste de voir la France occupée par des gens comme Sarkozy. Partout, je rencontre des gens pensant la même chose

Yob, des Juifs ont tué un Juif, Jésus. Le passé c'est le passé. C'est le présent qui compte, on n'a pas à faire porter par les parents le poids du péché des pères. Quant au Protocole des Sages de Sion, bien qu'on me l'ait procuré, je n'ai jamais eu le temps de le lire. Que vous occupiez tous les hauts postes politiques, bancaires, médicaux, médiatiques, etc, c'est une réalité indiscutable. Que vous ayez des moeurs immoraux, certainement pas plus que d'autres, mais la moralité dont Israël se prévaut est infondée. Tous les jours on le voit se conduire de manière totalement immorale, partout dans le monde, ses agents conseillent en matière d'assassinats, d'élevation de murs entre les hommes, etc. Et il se trouve effectivement au centre de tous les conflits, c'est une réalité incontournable.

Le peuple juif doit se désolidariser de toutes les exactions commises par les descendants des victimes de la Shoah. C'est un impératif moral.
Commentaire n° 35 posté par eva journaliste-resistante a l'intolerable le 03/04/2008 à 21h55

Bonsoir Orea

Avant l’invasion de l’Iraq, je me souviens d’un débat sur la question, avec comme invités entre autres, Tahar Ben Jelloun et Richard Perle dit « prince des ténèbres » et c’en est un.

Le genre de débats montés comme ces combats de boxe poids lourd, organisés par le célèbre et cynique promoteur Don King. Tout est joué d’avance. On fait venir des « lièvres » pour permettre au grand « sage » de faire passer son message comme il faut etc.  Tahar Ben Jelloun qui ne maîtrise absolument rien sur les questions du Moyen Orient s’est alors laissé ridiculiser par les autres invités néocons et pro-sionistes… Voilà ce que ma modeste mémoire retient finalement sur Tahar Ben Jelloun !

Bien à toi

Commentaire n° 36 posté par Chahid le 03/04/2008 à 22h41

Bonsoir cher Georges.

Justement, « publication » et « promotion » sont les deux mots ou procédés « magiques » qui asservissent la pensée et l’ambition de certains « intellectuels » arabes généralement, ou maghrébins plus spécialement, car il faut le dire, ce sont les maghrébins les plus touchés et concernés par cette épidémie qui pue la servitude et l’arrivisme.

Le cliché à la « Yvan Rioufol » que tu as si lucidement vidé de sa bêtise, on le retrouve chez bien des « intellectuels » maghrébins…

L’école du Maghreb si imprégnée par les « valeurs » de l’ancien vainqueur ou colonisateur, est une école répugnante, archaïque et stérile, qui ne cesse de produire des béni oui-oui sans identité ni volonté de renouer avec leurs racines.

 Nombre d’«intellectuels» maghrébins sont en fait des généraux manqués ! Les généraux tirent sur l’identité arabo-islamique du Maghreb avec des balles réelles, et les « intellectuels » avec des plumes achetées en occident.

Au Maghreb, les maisons d’édition doivent s’appeler « La caserne », c’est plus significatif je crois.

Bien à toi

Commentaire n° 37 posté par Chahid le 03/04/2008 à 23h39

Bonsoir Eva

A vrai dire je suis à peine en train de revenir dans le monde des blogs, j’ai été contraint d’interrompre le blogging pour des raisons de planning. Maintenant, je vous retrouve tous, et retrouve cette communauté magnifique qu’est la communauté des blogueurs qui pensent et nagent à contre-courant.

Le film « Paradise Now » est truffé d’erreurs je crois, sinon il ne serait pas arrivé jusqu’en France !

Bien à toi
Commentaire n° 38 posté par Chahid le 04/04/2008 à 00h04

Infos : un très bon post sur le blog de notre ami Georges Stanechy.
Une analyse pertinente sur l’OTAN : Géopolitique de la Paranoïa (2)... http://stanechy.over-blog.com/article-18367233.html

Commentaire n° 39 posté par Chahid le 04/04/2008 à 01h09
je ne connaissais pas ce texte de Said, peut-être pourrais-je le faire connaître à ceux qui ne l'ont pas lu....

http://www.monde-diplomatique.fr/2000/09/SAID/14217
Commentaire n° 40 posté par Orea le 05/04/2008 à 17h12

Orea,

Je crois que tout lecteur pro-palestinien devrait commencer son chemin vers la littérature occidentale ou la culture occidentale en général en lisant Edward Saïd et plus spécialement son livre Culture et impérialisme.

Edward Saïd dévoile au lecteur les hauts et les bas de la culture occidentale. Complicité consciente ou inconsciente de certains auteurs avec l’impérialisme, mais aussi l’honnêteté et l’humanisme des autres auteurs occidentaux.

Le lecteur est déçu par des Sartre, des Simone de Beauvoir, des Camus etc. le lecteur est aussi déçu par le mépris de tout ce qui est arabe et musulman dans certaines pages de la culture occidentale. Une maladie ou obsession occidentale qui traverse le temps et l’espace. L’occident est hanté par l’arabe et le musulman, l’occident est malade des arabes et de l’Islam.

Philosophes, écrivains, artistes etc. n’arrivent pas à exorciser leur peur des arabes et de l’Islam. Ça leur gâche une bonne partie de leur clairvoyance. Car dès qu’il s’agit d’arabes et de musulmans, l’intelligentsia occidentale devient hystérique, voire imbécile.
Commentaire n° 41 posté par Chahid le 05/04/2008 à 21h12

 

Bonsoir Chahid


Tu évoques les maisons d’édition au Maghreb, dont je voudrais dire un mot. Propos que je pourrais, d’ailleurs, élargir aux pays de l’Afrique subsaharienne, dits “francophones”.


J’ai été frappé (et le suis toujours) de voir que ces sociétés d’édition sont, pour la quasi-totalité, soutenues ou sponsorisées par des “centres culturels”, dépendant d’ambassades étrangères. Leur survie commerciale et financière dépend, pour une large part de ces subventions “étrangères”. Pas seulement françaises : British Council par les britanniques, Goethe Institute par les allemands, etc.


Les pays, dans lesquels ces “centres culturels” sont implantés et très actifs, semblent leur avoir délégué ou sous-traité leur politique culturelle. Est-ce dû à un manque de moyens ou à un manque de volonté politique, ou aux deux à la fois ?...


Je trouve que l’effet est ravageur, car sans indépendance ces sociétés d’édition sont obligées de suivre la ligne éditoriale qui leur est dictée (j’en ai testé personnellement quelques unes …). Bien évidemment, ces centres culturels soutiennent, dans le financement de traductions et d’édition d’auteurs locaux, le modèle occidental. Fondé, actuellement, sur l’individualisme et le consumérisme.


Mais, surtout, tout ce qui contribuera à dévaloriser, de façon plus ou moins “soft” : l’Islam, l’histoire du monde arabe, africain, et le modèle culturel dans son ensemble. Notamment les valeurs familiales, si importantes et si riches (que nous avons perdues en Europe) : respect des anciens, de l’autorité parentale, etc.


Prime est donnée à tout ce qui noircira, occultera, ce patrimoine inestimable. D’où la faveur de ces auteurs qui véhiculent un discours misérabiliste sur leur pays et ses traditions. Auteurs pour lesquels seront organisés des circuits de conférence, à la suite du succès qu’ils obtiennent sur les marchés occidentaux….


Ce soutien dans la dévalorisation culturelle des pays arabes, musulmans ou africains est catastrophique, y compris pour le lecteur lambda européen qui pense que ce sont des pays maudits où les femmes sont réduites à la misère, battues par leur mari, leurs frère ou leurs cousins, du matin au soir, et excisées toute les quinzaines… Je caricature à peine !...


Certains de ces “centres culturels” ne s’arrêtent pas là, et entretiennent une activité de déstabilisation politique en soutenant des “dissidents” (souvent des naïfs ou des crapules attirés par les promesses d’eldorado). A tel point que récemment, la Russie a dû fermer le British Council de Saint-Pétersbourg. Un des plus grands du monde. C’était devenu une centre d’agitation et d’organisation de manifestations pour TV occidentales.


Ils représentent une des courroies de transmission essentielles de "l’impérialisme culturel", pour reprendre le titre de l’ouvrage d’Edward Saïd que tu cites. Auteur fondamental, j’ajouterai, et insuffisamment connu dans le monde francophone, pour comprendre les relations de domination culturelle entretenues par l’Occident.


Il ne peut y avoir de véritable indépendance, s’il n’y pas une reprise en main de sa culture et de ses traditions. Leur vitalité est le socle de la modernité, qui ne doit pas être entendue comme un “copié-collé” d’un modèle étranger et dominateur. Il est regrettable de constater que les gouvernements des pays concernés, ne soient pas davantage vigilants sur les effets pervers de ces “centres culturels”, et motivés dans la mise en place d’une authentique politique culturelle, y compris via le mécénat. Car, ce n’est pas l’argent qui manque…


Bien à toi

Commentaire n° 42 posté par Georges Stanechy le 05/04/2008 à 23h39
chahib pourquoi tu t'en prends à moi?
tu ne peux rien écrire sans etre violent et énervé? c'est ça ton islam? violence et insultes contre les lecteurs!
jean
Commentaire n° 43 posté par jean le 05/04/2008 à 23h58
edward said, ce n'est pas ce richissime arabe qui a vécu loin de la misère qu'il prétend dénoncer en choisissant de vivre en amérique?
Commentaire n° 44 posté par eva journaliste-resistante a l'intolerable le 06/04/2008 à 00h07

Identifier les Musulmans modérés

par Daniel Pipes

Bonne nouvelle: la notion selon laquelle «l'Islam militant est le problème et l'Islam modéré est la solution» est de mieux en mieux acceptée. Mauvaise nouvelle: la confusion grandit sur la question de savoir qui est vraiment un Musulman modéré. Cela indique que l'aspect idéologique de la guerre contre la terreur progresse, mais de manière limitée. La bonne nouvelle: les Musulmans anti-islamistes commencent à trouver leur voix depuis les attentats du 11 septembre. On trouve parmi eux des universitaires distingués tels qu'Azar Nafisi (Johns Hopkins), Ahmed al-Rahim (anciennement à Harvard), Kemal Silay (Indiana), et Bassam Tibi (Göttingen). Des personnalités islamiques de premier plan telles qu'Ahmed Subhy Mansour et Muhammad Hisham Kabbani s'expriment maintenant franchement et ouvertement. Des organisations sont créées. L'American Islamic Forum for Democracy, dirigé par Zuhdi Jasser, a entamé ses activités à Phoenix, en Arizona. La Free Muslim Coalition Against Terrorism semble être authentiquement anti-islamiste, malgré les doutes que m'inspira d'abord son fondateur, Kamal Nawash. Au niveau international, une importante pétition, publiée il y a un mois par un groupe d'Arabes libéraux, demande la création d'un traité condamnant l'incitation religieuse à la violence, désigne nommément certains de ceux qu'elle appelle les «cheikhs de la mort» (comme Yusuf Al-Qaradawi, de la télévision satellitaire Al-Jazira) et exige qu'ils soient jugés par un tribunal international. Plus de 2500 intellectuels musulmans de 23 pays ont signé cette pétition.
Commentaire n° 45 posté par théo le 06/04/2008 à 00h09

Avec le temps, des Musulmans commencent à trouver les mots pour condamner les liens islamistes avec le terrorisme. L'exemple le plus frappant est peut-être l'article d'Abdel Rahman al-Rashed, un journaliste saoudien de Londres, qui déclare: «S'il est certain que tous les Musulmans ne sont pas des terroristes, il est certain également que presque tous les terroristes sont des Musulmans. (…) Nous ne saurions défendre notre honneur sans admettre d'abord le douloureux fait que le terrorisme est devenu une entreprise islamique, un monopole presque exclusif, exécuté par des hommes et des femmes musulmans.» D'autres analystes suivent l'exemple de M. al-Rashed. Ainsi, Osama El-Ghazali Harb écrit en Égypte que «les intellectuels et les leaders d'opinion musulmans et arabes doivent faire face et s'opposer à toutes les tentatives visant à excuser les actes barbares de ces groupes [terroristes] soi-disant motivés par les souffrances des Musulmans». En Virginie, Anouar Boukhars soutient que «le terrorisme est un problème musulman, et le refus de le reconnaître est vraiment préoccupant».

La mauvaise nouvelle: de nombreux faux modérés se pavanent parmi les vrais et peuvent être difficiles à identifier, même pour quelqu'un comme moi, qui consacre beaucoup d'attention à la question. Le Conseil des relations américano-islamiques (Council on American-Islamic Relations, CAIR) continue de profiter d'un large soutien et l'Islamic Society of North America parvient encore parfois à duper le gouvernement américain. La toute nouvelle Progressive Muslim Union est portée aux nues par des journalistes crédules pour sa prétendue modération en dépit du fait que nombre de ses dirigeants (Salam Al-Marayati, Sarah Eltantawi, Hussein Ibish, Ali Abunimah) sont des extrémistes bien connus.

Commentaire n° 46 posté par théo le 06/04/2008 à 00h10

Heureusement, les autorités ont maintenu Tariq Ramadan et Yusuf Islam hors des États-Unis, mais Khaled Abou El Fadl passa entre les mailles et, ce qui est plus grave, bénéficia d'une nomination présidentielle.

Même les manifestations anti-terroristes ne sont pas toujours ce qu'elles paraissent être. Le 21 novembre, plusieurs milliers de manifestants, dont des Musulmans, descendirent dans les rues de Cologne, en Allemagne, pour se proclamer «ensemble pour la paix et contre la terreur». Les participants scandèrent «Non à la terreur» et des politiciens firent des déclarations lénifiantes. Mais la manifestation de Cologne, organisée peu après le meurtre, le 2 novembre, de Theo van Gogh, constituait en fait une ruse défensive. Ses organisateurs, les membres du Diyanet Isleri Türk-Islam Birligi islamiste, s'en servirent comme d'un rideau de fumée pour se dérober aux pressions exigeant des changements concrets. Les discours prononcés lors de la manifestation ne contenaient ni mea culpa, ni appel à l'introspection, mais de simples excuses du djihad et des slogans creux et éculés tels que «l'Islam est la paix».

Cette situation complexe et déroutante suscite plusieurs conclusions:

Les islamistes se rendent compte qu'il est urgent de mettre en avant des Musulmans modérés et apprennent à feindre la modération. Avec le temps, ils amélioreront sans cesse leur camouflage.

Discerner le vrai du faux devient une priorité essentielle. S'il est évident qu'Oussama Ben Laden est islamiste et Irshad Manji anti-islamiste, de très nombreux Musulmans se situent dans la zone grise intermédiaire. Un débat toujours sans issue fait rage depuis des années en Turquie autour de la question de savoir si l'actuel premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, est un islamiste ou pas.

La tâche qui consiste à identifier les modérés authentiques ne peut pas être menée à bien sur la base de conjectures et de sentiments intuitifs, comme le prouve la persistance du gouvernement américain à soutenir des islamistes en leur fournissant une légitimité, une formation et (peut-être même) de l'argent. Moi aussi, j'ai commis des erreurs. Il faut consacrer à ce problème des recherches sérieuses et prolongées.
Commentaire n° 47 posté par théo le 06/04/2008 à 00h11
"Qui suis-je ?",semble se demander Daniel Barenboim
(2000 Photo : Barythandabzug)
L’angoisse de sa physionomie donne la réponse :
Un juif qui se hait lui-même et déteste son peuple.
 
Il faut assurément de tout pour faire un peuple. Les Juifs sont, à bien des égards, payés pour le savoir. Reste que si la diversité d’origines, de rites, de parcours et de cultures constitua, de tout temps, une richesse pour notre peuple, certains comportements outranciers et provocateurs sont la peste noire de notre identité.
 
Il y a des Juifs religieux – avec le large spectre de nuances que le terme évoque. Il y a des Juifs qui ne le sont pas mais qui possèdent une conscience appuyée de leur identité, le plus souvent marquée par un attachement indéfectible à Israël. Il y en a qui, sans franchement s’identifier à la cause d’Israël, ne renient pas une identité juive à laquelle ils savent devoir quelque chose et ne pas pouvoir échapper. Il y en a qui se cherchent. Il y en a qui s’en fichent. Et il y a ceux qui – eu égard à des causes qui feraient peut-être les joies de la psychanalyse – ont de sérieux comptes à régler avec leur peuple et avec son histoire.

Daniel Barenboïm est de ceux-là.

Une précision : l’auteur de ces lignes est mélomane depuis l’âge de 10 ans. Ayant écumé les salles de concert durant sa jeunesse et plutôt mordu de piano, il n’a rien contre la musique. Tant s’en faut. Il pense cependant que l’art, même à son sommet, ne permet pas de piétiner le sang, la sueur et les larmes, surtout quand on n’a jamais sué qu’au clavier et au pupitre.

Alors, que Daniel Barenboïm se croie investi d’un destin rédempteur et pastoral en dirigeant un orchestre israélo-palestinien dans une ville qui, à elle seule, est emblématique de la fureur assassine de ceux qui veulent éradiquer Israël, constitue déjà une pantalonnade dramatiquement provocatrice. Mais si c’était le pire…

Ce grand paladin de la paix n’en est pas à sa première.

Vous vous souvenez probablement qu’en 2001, lors de sa tournée en Israël avec un orchestre allemand dont il était le chef attitré, il avait provoqué le scandale en jouant Wagner à la fin d’un concert, alors que les autorités israéliennes lui avaient très officiellement signifié que la chose était hors de question.

En 2004, dans un discours adressé à la Knesset, lorsqu’il reçut le Prix Wolf, il délivra aux députés une violente diatribe sur l’« occupation » par Israël de la rive orientale du Jourdain.

Mais on n’avait encore rien vu, ni entendu.

Jugez-en.
Commentaire n° 48 posté par maarf le 06/04/2008 à 00h22
Le 26 janvier dernier, le jour même où les Nations Unies célébraient le soixantième anniversaire de la libération d’Auschwitz, Daniel Barenboïm donnait, à New York, une conférence à la mémoire de son regretté ami Edward Saïd, professeur à l’université de Columbia et membre du Conseil national Palestinien. Un « homme de paix » qui, à longueur d’articles justifiait les hécatombes causées en Israël par les fanatiques palestiniens. Ce jour-là, dans son intervention, Barenboïm vilipenda l’État d’Israël l’accusant de favoriser, par son attitude, l’antisémitisme dans le monde. Il déplora les attentats palestiniens mais leur trouva des justifications et - cerise sur le gâteau -, alla jusqu’à comparer les idées de Théodore Herzl à celles de… Richard Wagner. Barenboïm savait qu’il jouait à domicile puisque Columbia est depuis longtemps devenue une officine académique de propagande anti-israélienne.

Le plus stupéfiant est que, pour Barenboïm, la comparaison avec Wagner n’aurait pas dû avoir une connotation aussi diabolique, puisque le 16 septembre 1983 – un soir de Yom Kippour ! – ce grand œcuméniste avait dirigé le compositeur préféré d’Adolf Hitler, à Berlin ! Alors chers lecteurs, vous croyiez avoir tout vu avec les lettres de soutien fraternel que Yehudi Menuhin adressait au négationniste Roger Garaudy ?

Quant à la dernière provocation de Barenboïm, la voici.

Il se trouve que l’ouvrage que Daniel Barenboïm a cosigné avec Edward Saïd vient d’être traduit en hébreu et publié en Israël, par les soins d’une maison d’édition affiliée à la Histadrout [le syndicat national]. L’ouvrage est, en lui-même, d’une facture assez médiocre, si l’on en juge par les critiques parues dans la presse américaine.

Bien évidemment, Barenboïm était en Israël pour le lancement de l’ouvrage. Lors d’une séance de dédicace, une journaliste de Galeï Tsahal, la radio de l’armée d’Israël, l’approcha pour recueillir quelques mots de lui à son micro. Notre ambassadeur de la paix, après l’avoir snobée, plusieurs fois, lui signifia sans ménagement qu’il refusait de lui adresser la parole.
 
Motif : l’effrontée portait l’uniforme ! Barenboïm soutint qu’il était inconcevable de se présenter à un événement en l’honneur d’Edward Saïd en arborant l’uniforme de Tsahal ! Joignant le geste à la profession de foi, il tenta même de lui arracher ses épaulettes, en lui beuglant des imprécations.

Barenboïm était parfaitement cohérent avec sa paranoïa. Du reste, la ministre de l’Education, Limor Livnat, l’a fort justement qualifié d’antisémite. La question est la suivante : l’État d’Israël est-il cohérent avec l’histoire juive, dont il se veut une consécration, en tolérant chez lui des poisons de cette sorte ?

N’y a-t-il pas des cas où la « Loi du retour » pourrait prendre un sens différent de celui qu’on lui connaît ?
 
Schlomoh Brodowicz
Commentaire n° 49 posté par maarf le 06/04/2008 à 00h24

Les traîtres

29 Janvier 2008 - David Bentata

Recherchons le sens du mot traître sur le dictionnaire : ‘le traître est celui qui ne respecte pas ses engagements de loyauté’, en général envers le pays dont il détient la citoyenneté. Dans le sens le plus grave, ‘traître’ est celui qui passe à l’ennemi, le sert contre les intérêts de son pays.
 
Dans le langage juridique, le traître est celui qui établit une liaison avec un ennemi déclaré à son pays et lui fournit des renseignements, documents qui l’aident dans son combat. Son but consiste à affaiblir son pays pour donner à l’ennemi une chance de victoire. Peut être qualifié de traître celui qui divulgue des secrets d’état même à des pays amis.
 
Nous pouvons citer quelques traîtres qui ont été sanctionnés pour leur action : Zéev Avni, Alexandre Yulin, Israël Bar, Marcus Klingberg, Audi Adiv, Mordecaï Vaanunu… Ils ont subi des peines sévères et payé leur dette à la société.
 
Nous devons examiner un autre aspect possible de ‘trahison’ qui ne comporte pas de transmission de documents ou de secrets d’Etat. Dans la guerre psychologique qui se mène au travers des médias, une autre forme de trahison est née.
Commentaire n° 50 posté par AMOS le 06/04/2008 à 00h34
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