« Je considère
qu’il ne s’agit que d’une occasion de propagande, dans laquelle Israël va s’exposer comme un Etat qui a une culture, des poètes, et en cachant qu’en ce moment même il est en train d’accomplir de
terribles crimes contre l’humanité. Le président Shimon Pérès lui-même, responsable du massacre à Kfar Kana (Liban) il y a dix ans, y participera. Pour moi il aurait été impossible d’aller lire
mes textes à Paris ». Aaron Shabtai, Poète israélien.
Tahar Ben Jelloun, dit « écrivain », n’a donc pas boycotté le Salon du Livre de Paris. Il est même allé jusqu’à
traiter les autres de « stupides » et parlé de « criminalité intellectuelle » etc.
Je me demande d’ailleurs qui a pu souffler le mot « stupide » à tous ces soi-disant intellectuels « arabes », majoritairement
maghrébins. De Tahar Ben Jelloun, à Boualem Sansal,
sans oublier les autres,
le même refrain revient indécemment. Et que dire des « potes » à Pierre Assouline, Abdelwahab Meddeb et Malek Chebez ou Chebel ! Je pense aussi à Soheib Bencheikh pour compléter ce formidable « Israel Big Band », pourquoi pas
finalement, il nous trouvera à coup sûr un verset du Coran qui interdit le boycott d’Israël !
Ils ont choisi la « carotte », et l’empire les trouve « bons, modérés et sages », ou comme le dit le regretté Edward Saïd « Les seuls " bons " Arabes sont ceux
qui viennent à la télévision dénigrer sans aucune réserve la société et la culture arabes modernes. Je garde le souvenir de la platitude de leurs phrases, car, n’ayant rien à dire de positif sur
eux-mêmes, leur peuple ou leur langue, ils ne font que régurgiter les formules américaines fatiguées qui saturent déjà les ondes et les pages. Nous n’avons pas la démocratie, disent-ils, nous
n’avons pas assez contesté l’Islam, nous devons faire davantage pour chasser le spectre du nationalisme arabe et le credo de l’unité arabe ; ce sont des âneries idéologiques discréditées ; la
seule vérité, c’est que ce nous et nos instructeurs américains disons sur les Arabes et l’Islam (de vagues clichés orientalistes recyclés, tels ceux que répète un inlassable médiocre comme
Bernard Lewis) ; le reste n’est pas réaliste, pas pragmatique ; "nous" devons rejoindre la modernité, et la modernité c’est l’Occident, la mondialisation, le libre marché, la démocratie -quelque
sens qu’on puisse donner à ces mots (si j’avais le temps, j’écrirais un essai stylistique sur la prose de gens comme Ajami, Gerges, Makiya, Talhami, Fandy, et all., universitaires dont la langue
même sue la servilité, l’inauthenticité, la rigidité désespérément mimétique du masque qu’on a jeté sur leur visage) ».
Le poète arabe Muzaffar Al-Nawab, bête noire des régimes arabes, ne ménage ni chefs d’Etat ni intellectuels arabes quand il leur lance dans son célèbre poème « Jerusalem is Arab Nationalism’s Bride », mon préféré,
« Combien nous sommes sales, mais nous persévérons quand même ».
Croire qu’une telle initiative était « innocente » relève de la vraie « stupidité » intellectuelle cette fois-ci, vouloir le
faire croire aux autres relève de la criminalité intellectuelle. Célébrer l’existence d’un Etat criminel, c’est être criminel soi-même.
Etant arabe, je n’irai pas jusqu’à m’ingérer dans la liberté des écrivains étrangers d’avoir soutenu ou boycotté
ce salon sans succès il faut le dire quand même, par contre le comportement de tout « intellectuel » arabe, honnête ou malhonnête soit-il, m’intéresse inévitablement, partant de l’adage
« Dieu protège moi des miens (ou amis), mes ennemis, je m’en occupe ».
Certains « intellectuels » arabes ont assez sévi comme ça. Et comme par hasard, ils sont toujours les mêmes à se bousculer pour
saboter tout engagement militant en faveur de la Palestine ou des causes arabes en général. Mais détrompez-vous, quand la Palestine est à l’honneur quelque part, et c’est malheureusement rare,
ils sont les premiers à venir prétendre soutenir son combat pour la libération. Quand le label « Palestine » ou « arabe » est gagnant, ils sont les premiers à y associer leurs
noms. La dernière Foire internationale de livre de Riyad du 27 février a vu défiler bien des tartuffes. On ne va jamais à Riyad sans « but lucratif » devrais-je le rappeler. Et pour
Paris alors ?
Les vrais intellectuels comme Ilan
Pappé ,
John Berger
ou Aaron Shabtaï
etc., ont brillé par leur prise de position remarquable et à saluer. L’historien Ilan Pappé, sous pression et intimidation sionistes,
a d’ailleurs quitté Israël pour s’installer en Angleterre.
C’est dire combien cet intellectuel juif s’entête à être honnête dans un monde de malhonnêtes.
Quant à Tahar Ben Jelloun, dit « marocain », « français » ou « franco-marocain » selon les vents qui soufflent, j’aimerais lui dire, Cher Monsieur au lieu de se livrer à du « sarcasme intestin » et traiter Tariq Ramadan
d’« ancien conseiller de Tony Blair »
, balayez d’abord devant votre porte, si votre ex-« bonne » marocaine «Fatna » ne le fait plus pour vous. Cher Monsieur, je n’aime absolument pas me vanter de quoi que ce soit,
mais là permettez moi de me vanter de n’avoir jamais lu un seul de vos « livres » ; gaspiller mon argent, ah non ! Si vous continuez à fréquenter le café Hafa à Tanger, je le boycotte à tout
jamais.
Une petite question enfin pour vous Cher Monsieur Tahar Ben Jelloun «Prix
Goncourt » ou « Kangourou » comme je l’appelais enfant, ça faisait marrer mon père qui lui aussi n’avait jamais touché à un seul de vos « livres »…, bref,
confondez-vous « boycott » et « boycotte » ? Dans le titre, le sous-titre et le développement de votre texte vous avez écrit « le boycotte »
huit fois, erreur de frappe ? C’est trop quand même. Texte écrit à la hâte ? Je suis d’accord !
Ilan Pappé dans sa lettre de boycottage pensait que les agressions génocidaires
récentes d’Israël contre la bande de Gaza devaient amener ces « intellectuels » réticents à se joindre à leurs collègues écrivains et artistes progressistes, Palestiniens et Arabes. Et
ben NON ! Judas n’est pas le premier ou le dernier lâche et traître cher Ilan Pappé.
Rosie Pinhas-Delpuech, traductrice et directrice de la collection "Lettres hébraïques" chez Actes Sud, apparemment irritée par le boycottage, avait déclaré « Les gens qui boycottent ne savent pas ce qu’ils boycottent. » !!! Tiens, tiens, et les gens qui ne boycottent pas savent-ils au moins ce qu’ils ne
boycottent pas ?!
Enfin, un petit mot sur Paris la Cité, Paris la Culture,
Paris le Livre, Paris le Foyer... Paris ressemble de plus en plus à une rose qui se fane jour après jour entre les mains des néocons et des sionistes. Quelqu’un pourrait-il arrêter cette
hémorragie ?
Une nouvelle
« génération de la liberté » peut-être !
Commentaires