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« Et voilà pourquoi Israël et ses acolytes, les tortionnaires américains et européens, attendent que les Palestiniens "déchiffrent avec leurs plaies" les mots SOUMISSION et CAPITULATION que la machine grave dans leur chair en lettres de sang » Aline de Diéguez
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« Quand je désespère, je me souviens qu'à travers toute l'histoire, les chemins de la vérité et de l'amour ont toujours triomphé. Il y a eu des tyrans et des meurtriers, et parfois ils ont semblé invincibles, mais à la fin, ils sont toujours tombés. Pensez toujours à cela.» Gandhi
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 « They call all resistance "terrorism"» Edward W. Saïd
pal31.jpg« Face à l'expansion guerrière d'un empire, il n'y a que deux logiques possibles : celle de la soumission et celle du combat. L'existence même du joug de l'OTAN frappe la civilisation européenne de déshérence (…) Platon explique dans la République qu'une génération vaincue engendre nécessairement deux générations d'aveugles, mais que la troisième se réveille non moins nécessairement» Manuel de Diéguez
 
65602261-1.jpg« Alors quittez notre Terre / Nos rivages, notre mer/ Notre blé, notre sel, notre blessure » Mahmoud Darwish
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boyvstank-1.jpg«
On peut couper les roses, mais on ne peut empêcher le printemps d’arriver » Pablo Neruda
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image001-copie-1.gifpalgrandp_re-1.jpg« La mémoire dans le contexte humiliant que vit le monde arabo-musulman en particulier est l’arme la plus efficace pour consolider le passé, comprendre le présent et construire le futur. » Mahdi ELMANDJRA
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Big Brother Is Watching Us  

Grand Frère Nous Regarde



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« Prévenir la trahison, débusquer le faux ami, le jaloux parent, le traître avant qu'il inocule son venin est une opération aussi complexe que de nettoyer l'anus d'une hyène. » Ahmadou Kourouma 
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Lundi 16 juin 2008

« Nous avons amené la torture, les bombes à fragmentation, l'uranium appauvri, d'innombrables assassinats commis au hasard, la misère, la dégradation et la mort au peuple irakien, et on appelle ça apporter la liberté et la démocratie au Proche-Orient. »…« Combien de personnes faut-il tuer avant de mériter d'être décrit comme un massacreur et un criminel de guerre? Cent mille? »  Harold Pinter

  Non, Bush ne regrette rien…

    Times on line a publié le 11 juin dernier, des extraits d’un entretien avec Georges W Bush : « President Bush regrets his legacy as man who wanted war », ce qui laisse entendre un Bush regrettant son legs ou réputation de va-t-en-guerre.

    En fait le verbe «regrets »[1] (regrette)[2] employé abusivement n’est qu’un trompe-l’œil. Bush, son Altesse Picrochole II, au lieu de regretter ses crimes et gestion catastrophique des affaires nationales et internationales, ne fait que justifier l’injustifiable avec la même rhétorique qui pue toujours l’égocentrisme « America is a force for good. America is a force for liberty. America is a force to fight disease. We've got the largest HIV/Aids initiative in the history of the world. We've got a malaria initiative that's saving babies.” (L'Amérique est une force du bien. Une force de la liberté. Une force qui se bat contre la maladie. Nous sommes derrière la plus grande initiative de lutte contre le sida de l'Histoire. Nous sommes engagés dans un combat contre la malaria qui sauve des bébés.).[3]

    Comment regretter alors ces milliers de victimes civiles iraquiennes, afghanes et autres, qui n’existent même pas dans les médias occidentaux ?[4]
    Comment regretter ce premier Reich américain et sa funeste « guerre préventive » ?[5]
    Comment regretter Guantanamo ou les 17 prisons secrètes qui l’ont déjà remplacée ?[6]
    Comment regretter le coût de l’occupation de l’Iraq estimé par Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie en 2001, à 3 000 milliards $ pour les USA et à 3 000 milliards $ pour le reste du monde ?[7]
    Comment regretter cette bête, blanchie, armée et lâchée impunément en Palestine ?[8]
    Comment regretter Katrina « la plus grande opération de spoliation de tous les temps. » selon le photographe américain Stanley Greene ?[9]
    Comment regretter… ? Comment regretter… ?

    Regretter les huit ans de crimes et de massacres à la tête d’un empire fondamentalement va-t-en-guerre, est politiquement absurde. Le legs apocalyptique de Bush est précisément le fonds de commerce que John McCain (son clone) devrait instrumentaliser pour garantir aux républicains et aux ziocons un autre mandat à la tête de l’Amérique, de l’Europe et des colonies américaines en Afrique, au Moyen Orient et en Asie.

    Des extraits du livre-brûlot de l’ex porte-parole de la Maison-Blanche, Scott McClellan, publiés sur le site Politico.com, nous dévoilent les « principes » ou les inepties de la Maison-Blanche. « Ne jamais s'expliquer, ne jamais s'excuser, ne jamais battre en retraite. Malheureusement, cette stratégie avait aussi des répercussions moins justifiables: ne jamais prendre le temps de réfléchir, ne jamais réexaminer les décisions prises, ne jamais faire de compromis - surtout quand il s'agissait de l'Irak » écrit Scott McClellan.

Father and Son …

    Le pape Benoît XVI a donc réservé à son « grand fan »,  le président américain Georges W Bush, un accueil  exceptionnel « particulièrement chaleureux et totalement inédit en rupture avec le protocole immuable et compassé du Saint-Siège » et l’a aussi et surtout remercié pour son « engagement dans la défense des valeurs morales fondamentales ». Même un américain n’oserait pas vomir une telle insanité.

    Bush n’est donc pas allé à la rencontre du Pape pour recevoir le « sacrement du pardon » en confessant ses « péchés » au « tribunal de la pénitence » (l’« art » des fidèles ordinaires), non, il est allé rencontrer un allié avec qui il partage les mêmes « valeurs morales ». Un des rares alliés sur qui compte l’empire puisque les autres ne sont que des vassaux.[10]

    Pour la petite histoire, cette rencontre me rappelle une scène du « Parrain III » de Francis Ford Coppola ; quand Michael Corleone, le mafieux, va à la rencontre du « Cardinal Lamberto ». La seule différence entre cette fiction et notre réalité, c’est que le religieux en question était un « réformateur bon et sage» contrairement à Benoît XVI, et Michael Corleone était rongé par le remords contrairement à Bush. Francis Ford Coppola termine son chef-d’œuvre comme il l’a commencé, en faisant chuter l’homme et les oranges. La loi de la pesanteur l’emporte toujours.[11]

    En attendant, Bush et ses maîtres ziocons croient avoir trouvé la bonne méthode pour s’auto-absoudre ; ils  emploient la « théorie » du Professeur Choron du Hara-Kiri « faites l'amour sur du formica: un coup d'éponge, et c'est propre » !


[1] To regret: to be sorry or sad about… © Oxford Dictionary.
[2] Regretter : Éprouver de la tristesse, du mécontentement en évoquant (ce qu’on a fait ou ce qu’on n’a pas fait). Regretter ses erreurs passées… © Hachette Livre
[3] Version Parti Démocrate, la même rhétorique devient de la bouche de l’ex secrétaire d’Etat aux affaires étrangères Madeleine Albright « we are the indispensable nation (…) we stand tall and hence see further than other nations » (nous sommes la nation indispensable (…) nous sommes haut et voyons donc plus loin que les autres). Cité par Mehdi Elmendjra : Humiliation à l’ère du méga impérialisme. 1ère édition. Imprimerie Najah Eljadida. Casablanca 2003. 
[4] Lire Pr. C.E. Chitour : « Irak An VI : La seconde mort des Irakiens dans les médias occidentaux » 
[5] Lire le texte du philosophe Manuel de Diéguez « La guerre préventive, un crime de guerre et un crime contre l'humanité »  
[6] Lire le texte du philosophe Manuel de Diéguez « EUROPE, DEBOUT ! L'HUMILIATION ET LA HONTE. La planète changée en déversoir et en dépotoir des centres de torture de l'empire américain. »
[7] Lire Joseph Stiglitz: « The $3 trillion war in Iraq » et Joseph Stiglitz and Linda Bilmes: «The three trillion dollar war »
[8] Lire Aline de Diéguez « La Bête »
[9] Lire STANLEY GREENE : « Le racisme aux Etats-Unis est un monstre tapi »
[10] Lire les textes du philosophe Manuel de Diéguez : « L'Europe quémande sa souveraineté à son maître »  ;  « Conseils et directives du Département d'Etat américain, du Pentagone et de la CIA  à leurs agents d'influence en France. » 
[11] Lire « L'empire américain s'est déjà effondré ... » . Le philosophe  Manuel de Diéguez interviewé par l'Ambassade d'Iran.
© Crédit photos
George W. Bush et le lapin de Pâques dans les jardins de la Maison-Blanche by Saul LOEB/ AFP
Le pape et son hôte se promènent dans les jardins du Vatican le 13 juin 2008. AFP

par Chahid publié dans : Irak
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Dimanche 1 juin 2008

    Saint Augustin raconte qu’Alexandre le Grand ayant capturé un pirate lui demanda comment il osait « molester la mer ». Celui-ci lui répondit : « Et toi, comment oses-tu molester le monde entier ? Comme je n’ai qu’un petit navire, on m’appelle voleur ; et toi, qui possèdes une vaste flotte, on t’appelle empereur. ».

        Tout commence en 1868 quand la Constitution japonaise invita les japonais à chercher la connaissance dans le monde entier afin, disent ses rédacteurs, de renforcer les fondements du pouvoir impérial. Un « patriotisme » qui va donner naissance en 1950 au premier vrai système d’intelligence économique[1]. Le Japon est donc considéré comme une référence en matière d’intelligence économique, étant le premier à avoir compris l’importance de l’information et l’avoir organisée comme élément premier de sa compétitivité[2]. Tout japonais, qu’il soit ingénieur, étudiant, artiste, moine ou même vagabond avait et a aujourd’hui encore le devoir de collecter toute information jugée importante et bénéfique pour l’économie et la sécurité nationale du Japon. Mais est-ce faire de tout japonais un « espion » ?

    En tout cas, à en croire certains « experts », il ne faut pas confondre « intelligence économique »[3] et « espionnage ».  Réduire cette « discipline » à une version privée et sulfureuse de l’espionnage, serait alors pour Christophe Blanc, Eric Delbecque et Thomas Olivier, un simple « fantasme »[4]. Simples citoyens du monde, nous devons donc comprendre « intelligence économique » comme « savoir et comprendre pour agir ».

    Comment « savoir » ? « Comprendre » quoi ? Et « agir » comment ? »… sont des questions qui ne devraient pas effleurer notre petit cerveau d’habitude enclin à être fasciné trop rapidement par les « définitions » de nos soi-disant « experts ». À ce qu’il parait, le diable ne se cache pas seulement dans les détails comme on dit, mais aussi et surtout dans les « méthodes » et les manières de réaliser des principes et théories aux apparences « civilisées » et « civilisatrices ». Et là je ne parle pas de la collecte de l’information dite « ouverte »[5], c'est-à-dire en allant surfer sur Internet ou en participant à un colloque etc., non, je parle plutôt de l’information dite « fermée » venant des fameux « partenaires » de l’entreprise.
    Comment peut-on se contenter d’une telle définition « casher » ou « halal » de l’« intelligence économique » au moment même où l’administration américaine, instrument d’un empire puissant et hégémonique, encourage toute coopération intense entre ses services de renseignement[6] et ses entreprises ?

    Les « experts »[7] qui défendent cette définition, savent très bien que la CIA se propose aujourd’hui d’entreprendre toute action d’espionnage industriel et s’engage déjà dans une mission d’étude et d’analyse des grands courants économiques et des avancés technologiques, tout en ayant une dite mission de lutte contre « l’intelligence ennemie » etc.  Christian Harbulot parle même de « transferts de méthodologie » et de coopération entre le monde militaire et le monde civil. Même officiellement, tout le monde sait que l’ « intelligence économique » est la chasse gardée d’anciens membres des services de renseignement et des services de police etc. Alain Juillet par exemple nommé le 31 décembre 2003 haut responsable chargé de l’intelligence économique au SGDN[8], a été en 2002 directeur du renseignement à la DGSE[9].

    Et si on revient à Internet comme source importante pour l’information dite « ouverte », on ne peut que constater avec stupéfaction combien le moteur de recherche Google est au service des entreprises américaines par sa technique dite « Google Bombing »[10] et comment il n’hésite pas à utiliser la technique de déréférencement[11] pour nuire à des entreprises concurrentes comme BMW[12]. Le monopole que les américains ont sur Internet, cet outil indispensable pour toute compétitivité commerciale, est une question vitale que ces mêmes « experts » européens ne semblent pas vouloir soulever. 

    Toutefois, comme par hasard, l’« intelligence économique » et l’« intelligence ennemie » deviennent « pur espionnage » quand il s’agit de la Chine. Ainsi à en croire tous ces experts[13], américains, japonais et européens agissent selon une certaine « éthique », alors que la Chine, la Russie et bientôt les autres pays qui risquent de menacer la mainmise occidentale sur l’économie mondiale, se comportent tout le temps en « voyous » et « pirates » d’informations.  Vous avez tout compris, la « guerre économique » est aussi une guerre de mots. L’échec attendu et voulu pour les négociations du cycle de Doha engagées au sein de l'OMC[14], est l’avant-goût de cette mentalité, toujours impérialiste, toujours arrogante et aujourd’hui « chicaneuse » et « pleurnicheuse », qui s’empare de l’Occident actuellement.

    S’accaparer de l’information, c’est s’accaparer du marché. Les économistes connaissent bien cette règle et les américains l’ont très bien appliquée en Iraq. Ils ont veillé dès le premier jour de l’occupation à neutraliser le marché iraquien et instaurer le black-out au niveau des informations qui entrent et sortent du pays. Les attentats soi-disant d’Al-Qaida contre des organisations comme les Nations Unies ou des ambassades des pays concurrents… ont contraint le monde du renseignement et de l’« intelligence économique » à déserter le pays, laissant l’administration Bush, ses sbires et ses entreprises seuls vrais maîtres du marché iraquien très prometteur.
    Que savons-nous aujourd’hui de ces fameux grands contrats dits de « reconstruction de l’Iraq » ? 
    Qui empêchera les quatre plus grandes firmes pétrolières anglo-étasuniennes de s’emparer du pétrole iraquien loin de toute concurrence dite « loyale »?
    Pouvez-vous imaginer la part gigantesque décrochée par les entreprises américaines dans le marché iraquien ?
    Savons-nous quelle part du gâteau les entreprises des pays européens vassaux[15], ont reçue de leur maître américain ?
    Et que dire des entreprises des pays concurrents ? Des entreprises chinoises, russes et iraniennes ?

    « Professionnaliser et « débarbouzer » l’intelligence économique » disent certains, oui mais là, il faut aussi la démilitariser et la rendre moins « criminelle », car souvent la même « intelligence économique » se termine dans le chaos et le crime contre l’humanité.


[1] Au sein de ce qui fut à l’époque le MITI (Ministry of International  Trade and Industry) et la JETRO (Japan External Trade Organization).
[2] Voir Jacques Fontanel et Liliane Bensahel : « Intelligence économique et sécurité militaire ». Arès. N° 54, vol. XXI, fasc 2, janvier 2005.
[3] Jean François Bernardin, en 2003 Président de l’Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d’Industrie (ACFCI), nous propose la définition suivante « l’ensemble des processus qui permet au décideur d’avoir une bonne compréhension du terrain sur lequel il opère à partir des données utiles disponibles pour prendre des décisions stratégiques. Autrement dit : savoir et comprendre pour agir ». Voir Carayon B « Intelligence économique, compétitivité et cohésion sociale » Rapport au Premier ministre. Juin 2003.
[4] Christophe Blanc, Eric Delbecque et Thomas Olivier : « Intelligence économique : quand l’information devient stratégique ». Hermès. N° 44, 2006.
[5] Il y a quatre types d’informations dites « ouvertes », à savoir : la mémoire, les informations des médias, les informations des firmes et les foires et expositions.
[6] En plus de la CIA (Central Intelligence Agency), on trouve d’autres organismes d’espionnage au sein de la Defence Technical Information Center, de la National Industry Security Information etc. 
[7] Voir Jacques Fontanel et Liliane Bensahel op cit.
[8] Secrétariat général de la défense nationale
[9] Direction générale de la sécurité extérieure,
[10] Technique de référencement qui vise à influencer et booster le classement d’une page dans les résultats de Google.
[11] Voir sur ce sujet M. Ajalbert : « Le déréférencement de Google ». Regards sur l’intelligence économique. N° 19, mars-avril 2007.
[12] Le constructeur automobile BMW  a été délibérément déréférencé pendant un mois par le moteur de recherche Google après la création en août 2006 d’une page web pour ses modèles…
[13] L’article de Damien Bruté et Hong Jian Wen « la guerre de l’information en République populaire de Chine », Risques et management international, n° 4 septembre 2005, n’est pas sans faire, même d’une façon indirecte, dans la propagande antichinoise.
[14] Lire « Le cycle de Doha a besoin d’une nouvelle orientation. Échec des négociations commerciales vis-à-vis des préoccupations des pays en développement. »
[15] Lire le dernier texte du philosophe Manuel de Diéguez « Conseils et directives du Département d'Etat américain, du Pentagone et de la CIA  à leurs agents d'influence en France. »
© Crédit photos: Container ship. Seattle, Washington. Don Mason/Corbis.
Porte-avions américain USS Kitty Hawk by Mass Communication Specialist 3rd Class Kyle D. Gahlau. U.S. Navy photo.

par Chahid publié dans : Irak
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Vendredi 26 janvier 2007

JEL

« La bêtise a deux manières d'être : elle se tait ou elle parle. La bêtise muette est supportable. » Balzac 

   JEL ou « Just enough to lose » (Juste assez pour perdre) est le surnom donné à la « nouvelle »[1] stratégie de Bush par les experts et hauts gradés américains. Jamais les américains n’ont été aussi sceptiques et pessimistes.  

   Bush et son entourage en voulant court-circuiter les conclusions du rapport de la commission parlementaire Baker-Hamilton, se sont empressés de déclarer que le président avait déjà  « une nouvelle stratégie de victoire en Irak ». Et ce n’est qu’après que l’administration Bush a commencé à travailler sur cette solution «magique». Bush a donc décidé la « ré-américanisation » de la guerre en Irak[2] mais juste le temps qu’il faudra pour léguer le bourbier irakien à son successeur. L'envoi de 21.500 soldats américains supplémentaires n’a aucun objectif  à moyen ou à long terme. Le général John Abizaid le précise d’ailleurs : « On peut ajouter 20.000 Américains demain et obtenir un résultat temporaire. Mais quand vous regardez les effectifs disponibles, nous ne sommes pas en mesure de remplir cet engagement sur la durée». Dans un échange qui a eu lieu au sein du Comité des Relations Etrangères du Sénat le 16 janvier 2007 entre Condoleezza Rice et le Sénateur Chuck Hagel, ce dernier a déclaré : « Je pense que ce dont a parlé le président la nuit dernière c'est d'une participation américaine élargie, d'une escalade en Irak et au Moyen-Orient (…) C'est tout d'abord, à mon avis, moralement mal. C'est une erreur tactique, stratégique, militaire. Nous ne gagnerons pas une guerre d'usure au Moyen-Orient (…) je pense que ce discours donné la nuit dernière par ce président représente la gaffe la plus dangereuse de politique étrangère dans ce pays depuis le Vietnam, si elle est appliquée. J'y résisterai (interrompu par des applaudissements.) ».

   C’est l’histoire entre Johnson et McNamara qui est en train de se répéter. Dès novembre 1967 Robert McNamara alors secrétaire à la défense avait présenté une note secrète au président Johnson lui annonçant : « nous sommes sur la mauvaise route, il faut que ça change, réduisons nos activités au Vietnam, on doit réduire les pertes etc. ». Les pertes américaines étaient alors de 25.000 hommes, moins de la moitié du nombre final 58.000 hommes. Mais Johnson a refusé et tout le monde connaît la suite. 33.000 morts de plus juste parce qu’on ne change pas la nature humaine[3] comme le dit McNamara dans sa leçon 11[4].

   Michael Moore très ironique s’est adressé à Georges Bush : « Ecoute, je peux être franc ? Envoyer 20 000 soldats de plus, ça ne va pas suffire. (...) Le seul moyen de battre un pays de 27 millions d'habitants comme l'Irak, c'est d'envoyer 28 millions de soldats. (...) Les 27 premiers millions d'Américains tuent un Irakien chacun (...) et le dernier million reconstruit le pays. » ! Mais Bush peut prendre Michael Moore cette fois-ci au sérieux et croire qu’il s’agit là d’une réelle « nouvelle stratégie ». Il dira alors a son vice président de la torture : « Why not Dick!».
[1] Cette stratégie n’a vraiment rien de nouveau puisque passer de 132 000 à 153 500 hommes a déjà été expérimenté en décembre 2005. Le contingent américain avait atteint alors 160 000 hommes et la violence n’avait fait qu’augmenter !

[2]Expression de Richard Haass, Président du Conseil des relations extérieures.

[3]Lesson 11: « You can’t change human nature ».

[4] Voir le très intéressant documentaire The Fog of War (Brume de guerre) sur les années McNamara.


par Chahid publié dans : Irak
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Lundi 20 novembre 2006

   Ce mercredi 15 novembre 2006, le soldat officier technicien James Barker de la horde sauvage de 1ère classe de la 101e division aéroportée [1], vient de plaider coupable du viol et du  meurtre de la fillette irakienne Abir Qassim al-Janabi et d’accepter de témoigner contre ses co-accusés pour éviter la peine de mort.

    Les faits remontent à la nuit du 11 au 12 mars à Mahmoudiyah, à 30 km au sud de Bagdad.: ces soldats avaient alors organisé une petite fête, bu de l’alcool…, ils se sont rappelés d’une fillette qu’ils avaient repérée lors d’une première visite, ils ont alors décidé de se déguiser et d’aller faire la fête chez elle. Sur place, emportés par une hystérie collective, ils violent la fillette de 14 ans, lui tirent deux ou trois coups de fusil dans la tête[2], brûlent son corps pour masquer leur crime et achèvent le reste de la famille. Ils sont ensuite retournés à leur poste de contrôle pour continuer leur fête et « faire griller des ailes de poulet » selon l’enquêteur militaire l’agent spécial Benjamin Bierce.

   Le  médecin militaire irakien qui était le premier à pénétrer dans la maison de la famille Kassim al-Janabi, décrit une scène d’horreur: « J’étais le premier à arriver sur les lieux, l’adolescente gisait nue, les jambes écartées, à demi brûlée, une balle dans la tête, sous son oeil droit, un impact de balle à côté de l'oeil gauche et la moitié supérieure du corps brûlée. Sa soeur, âgée de cinq ans, se trouvait dans une autre pièce, une balle lui avait fait exploser la nuque. Le père et la mère étaient criblés de balles dans le ventre et la poitrine ... J’ai été malade pendant des semaines après ce spectacle ». 

    Comme d’habitude, ce quadruple meurtre a été au début attribué à des milices irakiennes, et ce n’est qu’au 20 juin que la vérité a éclaté à l’occasion d’un soi-disant « débriefing sur le stress au combat ».

   Au début juillet, la branche irakienne d’Al-Qaïda a mis en ligne une vidéo montrant les corps mutilés de deux soldats américains enlevés en juin, affirmant vouloir « venger » la petite Abir Qassim al-Janabi. Voilà ce qui explique un peu les racines du mal en Irak et ailleurs. L’horreur engendre l’horreur.


[1] composée des autres accusés : soldats Jesse Spielman, Bryan Howard, le sergent Paul Cortez ainsi que Steve Green, âgé de 21 ans, exclu de l'armée pour des raisons psychologiques. 
[2] Un fusil d’assaut AK-47 !
par Chahid publié dans : Irak
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Samedi 11 novembre 2006

 

 

 

   Quand j’ai lu dernièrement que certains néo-conservateurs aussi convaincus que Richard Perle et Kenneth Adelman n’hésitaient plus à critiquer ouvertement leur empereur Bush à cause de sa mauvaise gestion du dossier irakien alors que ce même Richard Perle était parmi les plus virulents incitateurs à cette malheureuse invasion, j’ai compris que c’était le début de la fin du « fauconnisme »[1] et de Bush lui-même. Une chute qui s’annonce spectaculaire.

   Mais comment présager une telle chute ? 

   Les amis, les vassaux et les lécheurs des empereurs sont les premiers à flairer la fissure et donc les premiers à vouloir quitter le bateau et sauver leur peau ! Leur comportement, ignoble du point de vue « éthique » certes, nous informe alors que le bateau est en train de couler.

   La victoire des démocrates dans les dernières élections et le limogeage de Donald Ramsfeld nous annoncent aussi que le bateau est à moitié submergé. Plus que quelques mois et le monde entier assistera à l’une des plus spectaculaires chutes de l’histoire de la politique américaine.

   Mais avant, il faut laisser défiler le culte du sacrifice et admirer comment on sacrifie les petits boucs émissaires pour amortir ou retarder une chute fatale. Enfin comme le dit en quelque sorte le philosophe Manuel de Diéguez : « si les élites n'offrent pas l'exemple, tout s'effondre, parce que le poisson pourrit par la tête ».[2] La morale de l’histoire c’est que ces boucs émissaires ne sont pas innocents et n’ont rien d’un Jésus ! Les sacrifier, les jeter dans la poubelle etc serait une très sage idée.