« Nous avons amené la torture, les bombes à fragmentation, l'uranium appauvri, d'innombrables assassinats commis au hasard, la misère, la dégradation et la mort au peuple irakien, et on appelle ça apporter la liberté et la démocratie au Proche-Orient. »…« Combien de personnes faut-il tuer avant de mériter d'être décrit comme un massacreur et un criminel de guerre? Cent mille? » Harold Pinter
Non, Bush ne regrette rien…
Times on line a publié le 11 juin dernier, des extraits d’un entretien avec Georges W Bush : « President Bush regrets his legacy as man who wanted war », ce qui laisse entendre un Bush regrettant son legs ou réputation de va-t-en-guerre.
En fait le verbe «regrets »[1] (regrette)[2] employé abusivement n’est qu’un trompe-l’œil. Bush, son Altesse Picrochole II, au lieu de regretter ses crimes et gestion catastrophique des affaires nationales et internationales, ne fait que justifier l’injustifiable avec la même rhétorique qui pue toujours l’égocentrisme « America is a force for good. America is a force for liberty. America is a force to fight disease. We've got the largest HIV/Aids initiative in the history of the world. We've got a malaria initiative that's saving babies.” (L'Amérique est une force du bien. Une force de la liberté. Une force qui se bat contre la maladie. Nous sommes derrière la plus grande initiative de lutte contre le sida de l'Histoire. Nous sommes engagés dans un combat contre la malaria qui sauve des bébés.).[3]
Comment regretter alors ces milliers de victimes civiles
iraquiennes, afghanes et autres, qui n’existent même pas dans les médias occidentaux ?[4]
Comment regretter ce premier Reich américain et sa funeste « guerre préventive » ?[5]
Comment regretter Guantanamo ou les 17 prisons secrètes qui l’ont déjà remplacée ?[6]
Comment regretter le coût de l’occupation de l’Iraq estimé par Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie en 2001, à 3 000 milliards $ pour les USA et à 3 000 milliards $ pour le reste du
monde ?[7]
Comment regretter cette bête, blanchie, armée et lâchée impunément en Palestine ?[8]
Comment regretter Katrina
« la plus grande opération de spoliation de tous les temps. » selon le photographe américain Stanley Greene ?[9]
Comment regretter… ? Comment regretter… ?
Regretter les huit ans de crimes et de massacres à la tête d’un empire fondamentalement va-t-en-guerre, est politiquement absurde. Le legs apocalyptique de Bush est précisément le fonds de commerce que John McCain (son clone) devrait instrumentaliser pour garantir aux républicains et aux ziocons un autre mandat à la tête de l’Amérique, de l’Europe et des colonies américaines en Afrique, au Moyen Orient et en Asie.
Des extraits du livre-brûlot de l’ex porte-parole de la Maison-Blanche, Scott McClellan, publiés sur le site Politico.com, nous dévoilent les « principes » ou les inepties de la Maison-Blanche. « Ne jamais s'expliquer, ne jamais s'excuser, ne jamais battre en retraite. Malheureusement, cette stratégie avait aussi des répercussions moins justifiables: ne jamais prendre le temps de réfléchir, ne jamais réexaminer les décisions prises, ne jamais faire de compromis - surtout quand il s'agissait de l'Irak » écrit Scott McClellan.
Father and Son …
Le pape Benoît XVI a donc réservé à son « grand fan », le président américain Georges W Bush, un accueil exceptionnel « particulièrement chaleureux et totalement inédit en rupture avec le protocole immuable et compassé du Saint-Siège » et l’a aussi et surtout remercié pour son « engagement dans la défense des valeurs morales fondamentales ». Même un américain n’oserait pas vomir une telle insanité.
Bush n’est donc pas allé à la rencontre du Pape pour recevoir le « sacrement du pardon » en confessant ses « péchés » au « tribunal de la pénitence » (l’« art » des fidèles ordinaires), non, il est allé rencontrer un allié avec qui il partage les mêmes « valeurs morales ». Un des rares alliés sur qui compte l’empire puisque les autres ne sont que des vassaux.[10]
Pour la petite histoire, cette rencontre me rappelle une scène du « Parrain III » de Francis Ford Coppola ; quand Michael Corleone, le mafieux, va à la rencontre du « Cardinal Lamberto ». La seule différence entre cette fiction et notre réalité, c’est que le religieux en question était un « réformateur bon et sage» contrairement à Benoît XVI, et Michael Corleone était rongé par le remords contrairement à Bush. Francis Ford Coppola termine son chef-d’œuvre comme il l’a commencé, en faisant chuter l’homme et les oranges. La loi de la pesanteur l’emporte toujours.[11]
En attendant, Bush et ses maîtres ziocons croient avoir trouvé la bonne méthode pour s’auto-absoudre ; ils emploient la « théorie » du Professeur Choron du Hara-Kiri « faites l'amour sur du formica: un coup d'éponge, et c'est propre » !
[1]
To regret: to be sorry or sad about… © Oxford
Dictionary.
[2]
Regretter : Éprouver de la tristesse, du mécontentement en évoquant (ce qu’on a fait ou ce qu’on n’a pas fait). Regretter ses
erreurs passées… © Hachette Livre
[3]
Version Parti Démocrate, la même rhétorique devient de la bouche de l’ex secrétaire d’Etat aux affaires étrangères
Madeleine Albright « we are the indispensable nation (…) we stand tall and hence see further than other nations » (nous sommes la nation indispensable (…) nous sommes haut et voyons
donc plus loin que les autres). Cité par Mehdi Elmendjra : Humiliation à l’ère du méga impérialisme. 1ère édition. Imprimerie Najah Eljadida. Casablanca 2003.
[4]
Lire Pr. C.E. Chitour : « Irak An VI : La seconde mort des
Irakiens dans les médias occidentaux »
[5]
Lire le texte du philosophe Manuel de Diéguez « La guerre préventive, un crime de guerre et un crime contre
l'humanité »
[6]
Lire le texte du philosophe Manuel de Diéguez « EUROPE, DEBOUT !
L'HUMILIATION ET LA HONTE. La planète changée en déversoir et en dépotoir des centres de torture de l'empire
américain. »
[7]
Lire Joseph Stiglitz: « The $3 trillion war in Iraq » et Joseph Stiglitz and Linda Bilmes:
«The three trillion dollar war »
[8]
Lire Aline de Diéguez « La
Bête »
[9]
Lire STANLEY GREENE : « Le racisme aux Etats-Unis est un monstre
tapi »
[10]
Lire les textes du philosophe Manuel de Diéguez : « L'Europe quémande sa souveraineté à son maître » ; « Conseils et directives du Département d'Etat américain, du Pentagone et de la CIA à leurs agents d'influence en France. »
[11]
Lire « L'empire
américain s'est déjà effondré ... » . Le philosophe Manuel de Diéguez
interviewé par l'Ambassade d'Iran.
© Crédit photos
George W. Bush et le lapin de Pâques dans les jardins de la Maison-Blanche by Saul LOEB/ AFP
Le pape et son hôte se promènent dans les jardins du Vatican le 13 juin 2008. AFP
chahidllive@yahoo.fr










































« La bêtise a deux manières d'être : elle se tait ou elle parle. La bêtise muette est supportable. »
Ce mercredi 15 novembre 2006, le soldat officier
technicien James Barker de la horde sauvage de 1ère classe de
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